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Les leaders des Caraïbes ont foi en l’avenir de leur région

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27 Juin 2007 - Des airs de hip-hop et de reggae qui retentissent d’une rive à l’autre du Potomac, des stars qui se succèdent sur scène (Shaggy, Jimmy Cliff, Wyclef Jean), des centaines de fans agitant des drapeaux jamaïcains, des responsables politiques qui, contre toute attente, se laissent emporter par la musique (la Secrétaire d’État des États-Unis Condoleezza Rice, le président haïtien René Préval, le premier ministre jamaïcain Portia Simpson-Miller)…

Du 19 au 21 juin, les Caraïbes ont occupé le devant de la scène à Washington, et pas seulement lors du concert gratuit organisé au Kennedy Center.

Pour la toute première fois, une conférence à réuni dans la capitale américaine les chefs de gouvernement de 15 nations des Caraïbes, des représentants d’institutions internationales, des décideurs, des universitaires et des représentants du secteur privé et de la société civile des Caraïbes et des États-Unis. Cette conférence avait pour objectif de débattre de la croissance et du développement de la Communauté des Caraïbes et d’approfondir les relations entre les États-Unis et la CARICOM.

Cette réunion historique (Conference on the Caribbean: A 20/20 Vision), qui s’est tenue sur trois jours et s’est ouverte à la Banque mondiale, a porté sur des questions fondamentales comme le commerce, les investissements, le tourisme, la criminalité et la violence et les infrastructures physiques et sociales.

Graeme Wheeler, Managing Director, World Bank

Graeme Wheeler, Directeur de la Banque Mondiale, présentant
son allocution à la séance d'ouverture

« Mes collègues et moi-même sommes venus à Washington pour exprimer notre confiance dans l’avenir des Caraïbes et appeler les États-Unis à bâtir avec la région un partenariat pour le progrès », a déclaré Owen Arthur, Premier Ministre de la Barbade, dans l’allocution qu’il a prononcée lors de la cérémonie d’ouverture.

Le Secrétaire américain au commerce, Carlos Gutierrez, a salué le Marché et l’Économie uniques de la CARICOM, stratégie qui contribue, selon lui, à renforcer les liens entre les États membres et à mieux préparer la région aux grands défis qui découlent de la mondialisation.

« Vous connaissez mieux que moi les problèmes particuliers auxquels se heurtent vos nations du fait de leur situation géographique. Les États-Unis sont déterminés à poursuivre le dialogue, et nous sommes convaincus que l’évolution de l’économie mondiale ouvre des perspectives pour nous tous », a déclaré M. Gutierrez.

Graeme Wheeler, Directeur général de la Banque mondiale, s’exprimant au nom de la Banque, a rappelé que la prospérité des Caraïbes passait par une plus grande intégration. « Le destin de vos pays n’est pas une question de taille, c’est le régionalisme qui en est la clé », a-t-il déclaré.

Audience at the Opening Session

Près de 750 personnes ont assisté à la séance d'ouverture. 

Les séances de travail ont été présidées par des membres de la communauté caraïbe. La conférence s’est articulée autour de trois manifestations parallèles : le Forum des experts, accueilli par la Banque mondiale, le Forum du secteur privé, organisé à la Banque interaméricaine de développement (BID), et le Forum de la diaspora caraïbe, tenu à l’Organisation des États américains (OAE). La conférence a réuni plus de 1000 participants, et plus de 750 personnes ont assisté à la séance d’ouverture.

Lors de la dernière séance plénière, chaque forum a présenté ses conclusions et recommandations :

• Le Forum de la diaspora a recommandé de mettre à profit les technologies de l’information et de la communication pour encourager les échanges entre les membres de la diaspora caraïbe installés aux États-Unis et faciliter l’établissement de relations entre les jeunes des Caraïbes et les jeunes de la diaspora.

• Le Forum du secteur privé a invité les pays membres de la CARICOM à engager des négociations en vue de l’élaboration d’un accord global de partenariat économique avec les États-Unis et à créer des co-entreprises dans des domaines tels que l’énergie et les technologies.

• Le Forum des experts a rappelé l’importance des mesures internationales visant à lutter contre les trafics de drogues et d’armes, qui compromettent la croissance et le développement social des Caraïbes et font que la région est victime de sa situation géographique et sert aux narcotrafiquants de zone de transbordement de drogues.

Les chefs de gouvernement des États membres de la CARICOM se sont entretenus avec le président George Bush, la Secrétaire d’État Condoleezza Rice, les membres du Black Caucus du Congrès des États-Unis et la Commission des finances et du budget du Congrès américain. Les discussions ont porté sur le commerce, le trafic de drogues, le trafic des petites armes, la situation des personnes expulsées et le recrutement par les États-Unis et d’autres pays membres de l’OCDE de professionnels de santé originaires des Caraïbes.
 
La conférence, qui s’est tenue au cours du Mois du patrimoine caraïbo-américain, comportait une forte composante culturelle. Le Premier Ministre de Belize, Said Musa a déclaré à ce propos : « notre arme secrète, c’est le dynamisme culturel et l’imagination créatrice des populations des Caraïbes ».

Outre le concert gratuit du Kennedy Center, la conférence a également été marquée par l’inauguration officielle, par le président haïtien René Préval, d’une exposition d’art des Caraïbes accueillie au siège de l’Organisation des États américains.

Caroline Anstey, directrice des opérations de la Banque mondiale pour les Caraïbes, est revenue sur la déclaration faite un peu plus tôt par Ralph Gonsalves, Premier Ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, qui avait souligné que les pays de la CARICOM n’étaient pas venus à Washington pour quémander, mais pour affirmer, en tant que partenaires, leur volonté de prendre leur destin en main et de « manœuvrer, eux-mêmes, leur bateau ».

Denzil Douglas, Premier Ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, a estimé que les retombées de la réunion se feraient sentir bien au-delà de la salle de conférence. « La ville de Washington ne sera peut-être plus jamais la même après cette conférence » a-t-il déclaré.

Les institutions internationales « souhaitent œuvrer à vos côtés en faveur du développement des Caraïbes, non pas à bord d’un bateau conçu par la Banque mondiale, la BID ou l’OAE, mais à bord d’un bateau construit par les pays des Caraïbes eux-mêmes », a dit Mme Anstey.

Le président Jagdeo du Guyana s’est félicité de l’initiative engagée par l’administration américaine en vue de la mise en place d’un mécanisme permettant d’assurer le suivi de bon nombre des questions abordées au cours de la conférence. Il a cependant souligné que le succès de la conférence des Caraïbes serait en partie à la mesure du rythme auquel les initiatives proposées seraient mises en œuvre, se faisant ainsi le porte-parole de bon nombre de ses collègues de la CARICOM.

À l’issue de la conférence, les participants ont pu apprécier la musique pleine d’énergie du Skiffle Bunch, un steel band de 25 personnes venu tout spécialement de Trinidad et Tobago (et dont le plus jeune membre est âgé de sept ans).