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Lutter contre la malnutrition en Amérique centrale

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Quand on parle de malnutrition, ce n’est pas un problème qu’on associe généralement à l’Amérique latine. Et pourtant, la malnutrition infantile chronique est un problème aussi répandu dans une partie importante de l’Amérique centrale — notamment en El Salvador, au Guatemala, au Honduras et au Nicaragua — qu’en Afrique ou en Asie du Sud.

Malnutrition

Surveiller la croissance de façon régulière : un impératif pour prévenir la malnutrition. (Crédit photo : Lucy Bassett, Camalotales, Honduras)

Au Guatemala, la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique ; en El Salvador, au Honduras et au Nicaragua, c’est le cas d’un enfant sur trois. Et dans ces quatre pays, aucun progrès n’a été fait en plus de dix ans pour résorber le problème.

« En Amérique centrale, la malnutrition contribue directement à un surcroît de pauvreté et, sur le long terme, elle peut avoir sur la croissance économique d’un pays un effet négatif allant jusqu’à 3 % du PIB annuel », a déclaré à ce sujet Evangeline Javier, directrice du Secteur développement humain pour la région Amérique latine et Caraïbes à la Banque mondiale.

À l’échelle de l’Amérique centrale, c’est chez les enfants des communautés autochtones pauvres des zones rurales qu’on relève les pires retards de croissance (signalés par une taille insuffisante pour l’âge, un indicateur de malnutrition chronique). Si la malnutrition s’installe avant qu’un enfant n’atteigne l’âge de 2 ans, comme c’est souvent le cas, les conséquences sont irréversibles.

C’est pour attirer l’attention sur la malnutrition en tant que problème de développement dans cette région que la Banque a organisé, du 27 au 30 novembre à Tegucigalpa (Honduras), un atelier sur le thème « Lutter contre la malnutrition chronique en Amérique centrale », aidée en cela par le ministèrebritannique du Développement international (DFID) et le Programme de partenariat Banque/Pays-Bas (BNPP).

Comme l’a expliqué Laura Rawlings, responsable du dossier développement humain au sein de l’Unité de gestion de la Banque pour les pays d’Amérique centrale : « Dans le passé, il n’y a pas eu assez d’échanges de connaissances entre les pays d’Amérique centrale, en dépit du fait qu’ils rencontrent les mêmes problèmes. Cet atelier leur a permis d’apprendre au contact les uns des autres et d’élaborer des stratégies pour améliorer leurs propres programmes, en particulier ceux de niveau communautaire axés sur la prévention de la malnutrition chez les enfants de moins de 2 ans. »

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Informations connexes

Replacer la nutrition au cœur du développement : Une stratégie d’intervention à grande échelle (fichier PDF)

Sites en anglais:
El Salvador
Honduras
Guatemala
Nicaragua
Région Amérique latine et Caraïbes

Parmi les 150 participants à l’atelier figuraient des professionnels des six pays d’Amérique centrale et de plusieurs pays de la région andine, ainsi que des chercheurs, des leaders d’opinion, des responsables gouvernementaux et des représentants d’organisations internationales. Outre la Banque mondiale, celles-ci incluaient le Programme alimentaire mondial, l’Organisation panaméricaine de la Santé, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance et l’Agence des États-Unis pour le développement international.

En ouverture de l’atelier, la Première dame du Honduras, Xiomara Castro de Zelaya, a qualifié une bonne nutrition de « clé de voûte pour la survie, la santé et le développement des générations actuelles et futures », ajoutant : « Des femmes bien nourries courent moins de risques en cours de grossesse et durant l’accouchement. Des enfants bien nourris réussissent mieux à l’école, seront en meilleure santé une fois devenus adultes, et seront à même de donner un meilleur départ dans la vie à leurs propres enfants. » Abordant le problème sous l’angle inverse, la Première dame du Guatemala, Wendy de Berger, a quant à elle présenté la malnutrition comme « le manque d’opportunités ».

Malnutrition in Central America

Grâce aux programmes de nutrition menés au plan communautaire, les mères se familiarisent aux pratiques d’hygiène, de soins et d’alimentation (Crédit photo : Lucy Bassett, Camalotales, Honduras).

Les discussions de Tegucigalpa se sont appuyées sur un certain nombre de travaux de recherche de la Banque, dont le rapport intitulé Replacer la nutrition au cœur du développement : Une stratégie d’intervention à grande échelle, et une nouvelle étude effectuée à l’échelon régional, Key Issues in Central America Health Reforms: Diagnosis and Strategic Implications (Questions clés pour les réformes de la santé en Amérique centrale : Diagnostic et implications stratégiques). Cette étude voit dans « le haut degré de prévalence de la malnutrition et sa persistance » l’un des enjeux majeurs pour la région en matière de santé. Cela vaut tout particulièrement pour les quatre pays comptant à eux seuls 96 % des cas de malnutrition infantile chronique en Amérique centrale, à savoir El Salvador, le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua.

Ce qui ressort de ces recherches, c’est que la cause majeure de malnutrition dans la région n’est pas le manque de nourriture mais une conjugaison de facteurs comme la santé déficiente des mères, l’utilisation de pratiques inadaptées pour les soins et l’alimentation des enfants, et le manque d’accès à l’eau salubre et aux services d’assainissement. Pour Christine Lao Peña, économiste senior spécialiste du développement humain pour la région Amérique latine et Caraïbes à la Banque mondiale, les politiques de nutrition doivent donc nécessairement être de portée nationale et multisectorielle.

Malnutrition in Central America

Un facteur essentiel pour prévenir la malnutrition chronique est le recours exclusif à l’allaitement au sein du nourrisson durant les six premiers mois de son existence. (Photographe non identifié, Nicaragua)

« Elles doivent conjuguer des stratégies à court terme comme l’effort de promotion de la nutrition et des stratégies de grande envergure et à long terme consistant notamment à modifier les comportements des ménages et des individus, et à améliorer les niveaux d’éducation des femmes et leur rang dans la société », a-t-elle souligné.

Un des objectifs centraux de l’atelier de Tegucigalpa était de dresser un bilan des programmes de nutrition infantile entrepris au niveau des communautés. « Ces programmes sont en cours d’établissement ou d’élargissement dans beaucoup de pays d’Amérique centrale, et ils se sont révélés être à la fois efficaces et d’un coût abordable », a noté à ce sujet Mme Rawlings.

La Banque appuie actuellement des projets communautaires en El Salvador et au Honduras, deux pays qui ont retenu ce type de projets comme modèle pour leur stratégie de nutrition nationale. Elle a par ailleurs approuvé pour le Guatemala un projet destiné à élargir les approches suivies en matière de nutrition au plan communautaire, notamment en lançant un effort intensif de consultations en matière d’éducation nutritionnelle à l’intention des mères, effort qui visera en priorité les populations des régions autochtones défavorisées.

Malnutrition in Central America

Parmi les participants à l’atelier de Tegucigalpa figuraient (de g. à d.) Evangeline Javier, directrice du Secteur développement humain pour la région LAC à la Banque, Wendy de Berger, Première dame du Guatemala, Xiomara Castro de Zelaya, Première dame du Honduras, Jenny Meza, ministre de la Santé du Honduras, et Adrian Fozzard, chef-pays de la Banque pour le Honduras. (Crédit photo : María Amalia San Martin)

D’une manière générale, l’atelier a permis de dégager cinq axes prioritaires pour la lutte contre la malnutrition en Amérique centrale :

1.  Prévention, en particulier par un effort de surveillance régulière de la croissance des enfants, conjugué à des systèmes d’alerte rapide pour référer les cas à haut risque aux meilleurs spécialistes.
2. 
Concentration des efforts sur les femmes enceintes et les enfants jusqu’à l’âge de 2 ans, en donnant la priorité aux communautés autochtones pauvres des zones rurales où se concentre la malnutrition.
3. 
Éducation des parents, pour leur inculquer les principes d’hygiène, l’importance du contrôle de la taille et du poids de leurs enfants, ainsi que les pratiques appropriées en matière de soins et d’alimentation, notamment le recours exclusif à l’allaitement au sein du nourrisson durant les six premiers mois de son existence.
4. 
Action à l’échelon national, au niveau des programmes et au sein des communautés pour faire en sorte que la lutte contre la malnutrition soit une priorité pour le pays dans son ensemble, étayée par un programme d’action plurisectoriel approprié et des interventions efficaces en matière de nutrition dans les communautés à risque.
5. 
Suivi et évaluation des programmes de nutrition.

 

 




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