Nom: République d'Haïti Population: 10 millions Capitale: Port-au-Prince Autres grandes villes: Cape Haïtien, Gonaïves, Carrefour, Jacmel Superficie: 10.714 miles carrés Monnaie: Gourde RNB par habitant: 670 $ US Principaux produits d'exportation: vêtements, industrie légère, huiles végétales, cacao, mangues, café Langue: créole, français Religion: christianisme, 55 % de catholiques romains Espérance de vie: 60 ans (hommes), 63 ans (femmes) Indicateurs de développement de la Banque mondiale
Le tremblement de terre d'une magnitude de 7.0 qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010 a profondément exacerbé les défis actuels et créé des besoins massifs en reconstruction pour un pays considéré comme étant le pays le plus pauvre de l'hémisphère occidental. En dépit de l'énormité de la tâche, deux ans plus tard, la reconstruction prend de l'élan avec des changements tangibles sur le terrain.
Le tremblement de terre a été une tragédie nationale dévastatrice. Plus de 230 000 personnes ont perdu la vie, 300 000 ont été blessées et 1.5 million ont été déplacées. Il a ravagé les villes, détruisant ainsi des quartiers entiers, en emportant des routes, détruisant des bâtiments publics et endommageant des entreprises. La catastrophe a frappé Port-au-Prince, centre névralgique des structures politiques, économiques et administratives, où l'on estime que 65 pour cent du PIB et 85 pour cent des recettes du gouvernement sont générés.
L'Evaluation des besoins post-catastrophe (PNDA) menée par la Banque mondiale en association avec d'autres bailleurs de fonds et sous la direction du gouvernement haïtien, a estimé les dommages et pertes à environ 8 milliards de dollars, soit 120 pour cent du PIB, et les besoins en reconstruction à 11,5 milliards de dollars. Au mois de mars 2010, les bailleurs de fonds ont promis une somme de 9 milliards pour appuyer le Plan d'action pour le relèvement et le développement national d'Haïti. Ce plan vise à profiter de cette occasion de reconstruction pour stimuler le développement durable avec pour objectifs : l'amélioration des infrastructures, la décentralisation de l'activité économique, la réduction de la vulnérabilité, et le développement de l'agriculture, de l'industrie et du tourisme. Jusqu'au mois de septembre 2011, la communauté internationale a délivré plus de la moitié de la somme promise pour les 24 premiers mois : 1 milliard de dollars en soulagement de la dette et 2.5 milliards de dollars (représentant une partie des 4.7 milliards de dollars initialement approuvés) en financement de certains projets et programmes.
Au mois d'octobre 2010, une épidémie de choléra est venue aggraver la situation. A ce jour, près de 500 000 cas ont été diagnostiqués avec 7 000 décès. Bien que le nombre de cas continue d'augmenter, des progrès énormes ont été réalisés dans la réduction de l'intensité de l'épidémie, les taux de transmission tout en réduisant les taux de mortalité.
Deux ans après le séisme, la réaction est passée du redressement à la reconstruction. Bien que la reconstruction soit un processus complexe qui prend plusieurs années, en Haïti, des signes de progrès tangibles sont apparents. (Cela a pris 4-6 années pour une reconstruction de base dans les cas d'Aceh après le Tsunami de 2004 et de la Nouvelle Orléans après l'Ouragan Katrina).
• Les programmes de camps et d'abris temporaires tirent à leur fin pour faire place aux programmes de réparation et de reconstructions des quartiers, mettant l'occupation des camps à 520 000 personnes et réduisant ainsi le nombre initial estimé à 1.5 million.
• Près de la moitié des 11 millions de mètres cubes de débris ont été enlevés pour rendre à nouveau les routes de Port-au-Prince plus praticables.
• Les écoles ont rouvert leurs portes pour accueillir 700 000 enfants exonérés de frais de scolarité et 2 millions d'enfants reçoivent un repas quotidien chaud dans le cadre d'un programme national des cantines scolaires.
Situation politique
Au mois de mai 2011, bien que long et plein de controverses, le processus d'élection présidentielle a donné jour à la nomination d'un président membre de l'opposition, enregistrant ainsi une passation de pouvoir pacifique, première dans l'histoire d'Haïti. Il a fallu cinq mois de plus pour le président Michel Martelly pour obtenir l'accord parlementaire quant à la nomination d'un premier ministre et d'un gouvernement. Avec le nouveau gouvernement mis en place depuis octobre 2011, il est à espérer que la réaction rapide et décisive nécessaire pour faire avancer la reconstruction rapidement prendra forme.
Haïti demeure le pays le plus pauvre des Amériques et un des plus pauvres pays du monde (PIB 673 dollars EU par habitant), avec un besoin considérable en services de base. Comme indiqué par le Coefficient de Gini de 0.59, Haïti est un pays à grande inégalité de revenus. Plus de la moitié de sa population, qui est de 10 millions d'habitants, dispose d'un revenu quotidien de moins de 1 dollar, alors que 78 pour cent vivent avec moins de 2 dollars par jour. Quant aux indicateurs sociaux, le pays traine derrière, se classant 148e sur 172 pays selon l'Indice de développement humain de 2010. D'autre part, Haïti a été constamment victime de chocs exogènes et politiques. En 2008, une hausse des prix des denrées alimentaires et de l'essence a déclenché des manifestations qui ont ouvert la voie à la chute du gouvernement en place. Durant la même année, Haïti était ravagée par des tempêtes tropicales et des ouragans menant à des pertes estimées à 900 millions de dollars (soit 15% du PIB). Malgré ceci, Haïti a connu une croissance modeste mais stable durant les années 2000, avec une croissance réelle moyenne de 2.2% durant la période 2004-2009.
L'économie haïtienne reprend du souffle. Après une contraction de 5.4% en 2009/10, le PIB est passé à 6.1% en 2010/11. Les projections estiment une hausse de 7% pour 2011/12, grâce à l'agriculture, le textile et la construction. La situation macroéconomique est en train de prendre de l'élan avec des recettes fiscales nationales qui s'élèvent à 13% du PIB en 2011, grâce a une augmentation des importations et aux efforts de redressement. Cependant, une augmentation des dépenses d'investissements sera essentielle afin de propulser la reconstruction.
Afin d'aider Haïti à se relever des conséquences du séisme du 12 janvier, le Groupe de la Banque mondiale a promis 479 millions de dollars pour les deux premières années. Cette somme a été versée sous forme de nouveaux financements, décaissements, soutien au secteur privé et soulagement de la dette nationale.
Le 1er décembre 2011, la Banque mondiale a approuvé sa Stratégie intérimaire 2012 pour Haïti qui s'élève à 255 millions de dollars EU en subventions accordées par l'Association internationale de développement (IDA) dans le cadre de son Mécanisme de riposte à la crise. Cette stratégie aura, pour l'année à venir, les objectifs suivants: a) réduction de la vulnérabilité et augmentation de la résilience ; b) reconstruction durable du logement et de l'électricité ; c) renforcement du capital humain à travers un système éducatif solide ; ainsi qu'une gouvernance comme thème transversal.
La Banque mondiale a également approuvé la seconde phase du projet Education pour Tous (70 millions de dollars), le projet de Gestion des risques de catastrophes et de reconstruction (60 millions de dollars), et la seconde phase du projet de Renforcements des services publics agricoles (50 millions de dollars, y compris 10 millions de dollars contribués par le Programme mondial sur l'agriculture et la sécurité alimentaire).
Actuellement, le portefeuille de la Banque mondiale comporte 17 projets actifs pour un total de 495 millions de dollars. Depuis le tremblement de terre, IDA a décaissé 8 millions par mois en moyenne.
Appui au secteur privé
Depuis le tremblement de terre, la Société financière internationale (SFI) s'est engagée dans 5 opérations d'investissements. A ce jour, le portefeuille de la SFI s'élève à 45 millions de dollars - y compris 15 millions de dollars provenant d'autres sources - dans les secteurs suivants: finance, énergie, mines, industrie de l'habillement, ainsi que le secteur hôtelier. Une somme de 9.7 millions de dollars représentant les engagements de services consultatifs de plusieurs donateurs est destinée au financement des activités visant l'amélioration du climat d'investissement, l'accès au financement et aux compétences, ainsi que le partenariat public-privé. Jusqu'à présent, un reliquat de 2.7 millions de dollars demeure non-décaissé. Par le biais de ses services consultatifs, la SFI a restructuré le plus large investissement étranger direct depuis le tremblement de terre. Cet investissement est de 100 millions de dollars par Viettle dans la compagnie haïtienne TELECO, pour optimiser le système de télécommunications. Les investissements de la SFI adjoints à ses services consultatifs viennent en appui à la création de 5 000 nouveaux emplois, ainsi que la protection de 5 000 emplois existants.
Le Fonds pour la reconstruction d'Haïti (FRH) est la ressource principale pour combler les lacunes stratégiques de financement et arriver à un redressement équilibré. C'est la plus grande source de financement non programmé représentant 18% du total des financements pour la reconstruction octroyés jusqu'à ce jour. Les contributions au FRH s'élèvent à 370 millions de dollars, dont 335 millions de dollars ont déjà été reçus. Depuis son établissement, au mois de juin 2010, le FRH a financé 17 projets au son de 274 millions de dollars. De nouvelles contributions provenant de donateurs de Finlande, France, Norvège, Etats-Unis, et versées vers fin 2011 indiquent un intérêt renouvelé dans le financement de la reconstruction à travers le FRH.
La Banque mondiale joue quatre rôles dans le FRH : i) agent fiduciaire (CFPMI); ii) secrétariat (LCRRF) ; entité partenaire (LCCHT) ; et iv) donateur (2 millions de dollars contribués à travers le fonds d'édification de l'Etat et de la consolidation de la paix). La Banque mondiale est une entité partenaire dans le projet d'appui à la politique de développement d'urgence (25 millions de dollars, totalement décaissés au mois d'aout 2010), le projet de réhabilitation des quartiers et de reconstruction des logements (65 millions de dollars, mis en vigueur en mai 2011) et l'opération ciblant un appui au budget (15 millions, sous préparation).
Les résultats des activités récentes de la Banque mondiale en Haïti comprennent:
• Evaluation de l'état structurel de 400.000 bâtiments à Port-au-Prince ; développement de codes de construction pour les bâtiments publics, les écoles et les hôpitaux; formation d'un groupe d'ingénieurs cadre qui à leur tour forment d'autres sur les meilleures techniques de construction et dissémination de l'information dans les quartiers pour encourager une structure architecturale résiliente aux catastrophes naturelles. • Développement d'un instrument de gestion des risques de multi-catastrophes (inondations, glissement de terrains, ouragans et tremblement de terre) avec des détails pour chaque quartier. Le gouvernement et les bailleurs de fonds peuvent utiliser cet outil pour investir dans la direction qui bénéficiera à la population et la protégera. • Appui significatif au secteur de l'éducation. Depuis le tremblement de terre, la Banque mondiale a financé les frais de scolarité de 210 000 enfants et assuré les repas de cantines scolaires pour 70 000 enfants chaque jour. L'accès est augmenté et la qualité est améliorée pour les trois années à venir. • Etablissement d'une première décharge de gestion de débris respectant les mesures de protection de l'environnement et de la société en Haïti, avec une capacité suffisante pour traiter les débris et décombres provenant de Port-au-Prince après le tremblement de terre. • Mise en vigueur du programme de réhabilitation des quartiers et de reconstruction d'un montant de 95 millions de dollars, dont le but est de couvrir les réparations ou la reconstruction des habitations, de réhabiliter les quartiers et de donner accès à des services de base. Ce programme bénéficiera à 300 000 personnes et aidera les familles à quitter les camps en mettant a leur disposition des subventions pour location. • Lutte contre le choléra à travers un projet de réponse d'urgence d'un montant de 15 millions de dollars qui a accompli les buts suivants : dissémination d'instructions en santé et en hygiène dans 500 localités, formation de plus de 3 000 agents de santé et d'hygiène et de personnel médical, préparation de six plans départementaux pour la gestion du choléra et appui à 83 centres de traitement du choléra et des unités de réhydratation orale dotées de personnel et/ou matériel. • Création de 1700 emplois par le biais de programmes de l'IDA (argent pour travail, triage des débris, déblayage des canaux, etc.) et 5000 emplois nouveaux grâce aux nouveaux investissements de la SFI. Les activités de la SFI ont également protégé 5000 emplois déjà existants. • Capacité à se protéger contre et à se préparer à répondre aux catastrophes naturelles. Une préparation significative pour l'ouragan Tomas en octobre 2010 et pour la saison d'ouragans a pu limiter les décès en comparaison aux années précédentes. • Achèvement de six projets du système d'eau potable bénéficiant 37000 habitants en milieu rural.