Le 29 mars 2007— La vente de miel est la source principale de revenus de 8 000 petits apiculteurs de la péninsule du Yucatan. Malgré l’importance du miel et la forte demande mondiale, ces apiculteurs ne savent comment augmenter la production et améliorer la qualité du produit sans affecter la flore fragile et diversifiée du sud-est du Mexique.
Ces petits producteurs sont les principaux bénéficiaires du couloir biologique méso-américain du Mexique (CBM – Mexique) qui soutient la conception et la mise en place d’initiatives durables pour utiliser les nombreuses ressources naturelles dans les Etats du Yucatan, du Chiapas et de Quintana Roo. L’objectif du projet est d’améliorer les niveaux de revenus et d’offrir une meilleure qualité de vie aux communautés locales (nombre d’entre elles étant indigènes), tout en protégeant une région dont la biodiversité est l’une des plus riches du Mexique et du monde.
L’objectif du projet est d’améliorer les niveaux de revenus et d’offrir une meilleure qualité de vie aux communautés locales (nombre d’entre elles étant indigènes), tout en protégeant une région dont la biodiversité est l’une des plus riches du Mexique et du monde.
En 2007, le projet CBM est entré dans sa septième et avant-dernière année d’exécution. Une des activités, étayant la dernière étape du projet, est la conception d’une carte présentant des informations biologiques, géographiques et culturelles sur la flore permettant la production de miel dans la péninsule du Yucatan. Cette carte offre une assistance technique aux petits apiculteurs souhaitant se développer sur le marché international.
Le projet profite également à la municipalité isolée de Solosuchiapa dans l’Etat du Chiapas, qui cherchait de l’aide pour créer un plan municipal de développement durable. Ce plan (le premier du genre pour la municipalité) est un véritable guide de l’utilisation durable des abondantes ressources forestières pour garantir la préservation à long terme de la principale source de revenus de la communauté. La durabilité est extrêmement importante pour Solosuchiapa, municipalité comptant une grande population Zoque dont les 7 000 habitants ont une moyenne d’âge de 17 ans.
Créer le lien entre préservation et développement
Le comité national de biodiversité, une agence décentralisée du gouvernement mexicain en charge des initiatives sur la biodiversité, a recommandé l’exemple fixé par le CBM en déléguant la plus grande responsabilité possible aux communautés locales quant à la préservation des ressources naturelles et à la biodiversité. Ainsi, les organisations sociales, les municipalités et les propriétaires communaux peuvent participer à l’identification et l’exécution d’initiatives sans passer par des systèmes bureaucratiques centralisés et inefficaces.
L’objectif de construction d’un pont entre la préservation et le développement est pratiquement à notre portée.
Selon l’agence, « les participants locaux et les hommes politiques établissent le cadre de la protection de la biodiversité et la gestion des meilleures pratiques en matière de ressources naturelles. L’objectif de construction d’un pont entre la préservation et le développement est pratiquement à notre portée. »
Le fonds pour l’environnement mondial (FEM), géré par la Banque mondiale, a octroyé 14,8 millions de dollars au projet CBM. Le projet établit cinq couloirs biologiques dans les Etats du Chiapas, de Campeche, de Quintana Roo et du Yucatan – une grande zone de forêts, de jungle et de marécages abritant le plus grand nombre d’espèces du Mexique. Par exemple, malgré le fait qu’elles ne représentent que 1 % du territoire national, les forêts tempérées des montagnes du Chiapas abritent 10 % de la diversité de la flore mexicaine.
Approximativement 900 plantes et 200 espèces animales ont été répertoriées dans un seul hectare de forêt tropicale dans la péninsule du Yucatan. Plus de 320 oiseaux, 120 mammifères et 70 reptiles ont été identifiés dans la région. En parallèle, le sud-est du Mexique atteint l’un des niveaux de pauvreté les plus élevés du pays.
Le couloir biologique méso-américain a débuté en tant qu’initiative d’échelle régionale visant à unifier les écosystèmes d’Amérique du Nord et du Sud par le biais de l’isthme d’Amérique centrale. Le projet inclut le Mexique, le Guatemala, le Belize, le Salvador, l’Honduras, le Costa Rica, le Panama et le Nicaragua (lieu d’établissement du siège).
Une menace sur les forêts mexicaines
Près de 320 millions d’hectares entre 1990 et 2005, le Mexique représente l’un des cas les plus graves de déforestation au monde.
Selon l’atlas du développement mondial de la Banque mondiale, jusqu’à 49 % de la surface du Mexique est recouverte de forêts. Toutefois, avec une perte de près de 320 millions d’hectares entre 1990 et 2005, le Mexique représente l’un des cas les plus graves de déforestation au monde.
Le projet CBM relève de l’une des quatre composantes de la stratégie actuelle CAS (Country Assistance Strategy) de la Banque mondiale pour le Mexique : la composante durabilité environnementale, qui tend à améliorer l’utilisation par le pays de ses ressources naturelles.
La Banque mondiale soutient le Mexique avec des subventions et des prêts s’élevant à 120 millions de dollars qui financent six projets relatifs à la préservation et l’utilisation durable des ressources naturelles. Le secteur de l’environnement est ainsi extrêmement important dans la relation entre la Banque mondiale et le Mexique.
Auteur : Mireya Olivas, Centre d'information du public, Mexique.