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SELON UN RAPPORT DE LA BANQUE MONDIALE, LES RÉFORMES STRUCTURELLES SONT LA CLÉ DES FUTURES CRÉATIONS D’EMPLOIS AU MOYEN-ORIENT ET EN AFRIQUE DU NORD

Available in: Ø§Ù„عربية, English
News Release No:2005/429/MNA

Personne à contacter:
Sereen Juma
(202) 473-7199
sjuma@worldbank.org

WASHINGTON, le 17 avril 2005 — La région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) connaît une phase d’expansion économique alimentée en grande partie par l’essor de ses recettes pétrolières, mais cette croissance reste insuffisante pour lui permettre de faire face au problème des créations d’emplois et à l’énorme défi qu’il représente pour son développement, selon un rapport publié aujourd’hui par la Banque mondiale. 

Premier d’une série de rapports annuels destinés à suivre les grandes tendances de l’économie de la région, Évolution et perspectives économiques du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord pour 2005 situe à près de 100 millions le nombre d’emplois nouveaux qui devront être créés sur les 20 prochaines années pour pouvoir absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail et les chômeurs actuels.

Ces deux dernières années, la croissance économique de la région s’est établie en moyenne à 5,6 %, contre 3,6 % durant les années 90. Ce taux de croissance exceptionnel est le fruit de facteurs externes — flambée des prix du pétrole et hausse ultérieure de la production pétrolière — qui ont donné un sérieux coup de pouce à la consommation et aux investissements du secteur public. Cet essor s’est en outre concentré dans les pays producteurs de pétrole, qui sont pour l’essentiel à la base de l’accélération de la croissance de la région. Mais le rapport souligne qu’en valeur par habitant, cette progression de la croissance continue d’être inférieure à celle des autres régions du monde. 

« La forte croissance que la région MENA a connue ces deux dernières années ne change pas ses données économiques fondamentales », déclare Mustapha Nabli, économiste en chef de la Banque mondiale pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord. « On parle encore d’une région dont les niveaux d’activité du secteur privé et de création d’emplois sont faibles, dont l’intégration à l’économie mondiale est limitée et qui est très tributaire de marchés pétroliers instables. Ce qui s’est passé pour l’essentiel ces deux dernières années, c’est un choc positif sur les termes de l’échange. »

Réformes structurelles : essentielles pour une croissance à long terme

Pour les pays de la région, fait valoir le rapport, relever le défi des créations d’emplois suppose un réalignement sur trois fronts : une plus grande ouverture de leurs économies, le passage d’un modèle où le secteur public est prépondérant à celui d’économies tirées par le secteur privé, et la diversification de ces économies jusqu’ici dominées par le pétrole. 

Le rapport révèle cependant que la région a dans l’ensemble pris du retard sur le reste du monde pour l’adoption de réformes structurelles, comme en témoigne son classement sur le plan de l’avancement des réformes dans les domaines du commerce, du cadre d’activité des entreprises et de la gouvernance. Il exhorte les pays MENA à profiter du climat économique favorable pour entreprendre un énergique programme de réformes.

« Les impératifs qui pèsent sur cette région sont énormes, quant aux niveaux de croissance et de création d’emplois à atteindre sur les 20 années qui viennent », fait observer Jennifer Keller, principal auteur du rapport. « Il est donc essentiel pour nous de comprendre si MENA procède aux réalignements économiques voulus pour faire face à ces défis. »

Selon le rapport, la région a énormément progressé sur le plan des réformes commerciales, motivée en partie par les accords commerciaux conclus dans un cadre régional et bilatéral. Deux tiers des pays MENA sont classés dans la moitié supérieure de l’ensemble des pays du monde sur le plan de la réduction des tarifs douaniers et du démantèlement des barrières non tarifaires au commerce. Les progrès ont été particulièrement marqués dans un petit nombre de pays, dont l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Jordanie et le Liban.

En revanche, MENA est la région du monde qui a fait le moins de progrès pour l’amélioration du cadre d’activité des entreprises. Ses pays se situent en moyenne dans le tiers inférieur du classement mondial pour la mise en œuvre d’une série de réformes du secteur financier et de la réglementation applicable aux entreprises. Le rythme des réformes dans des domaines politiquement sensibles, comme le cadre judiciaire propre à améliorer l’exécution des contrats, a été particulièrement limité.

Le rapport fait également état d’une absence de progrès sur le front du renforcement de la gouvernance, évalué sur la base du double critère de la qualité de l’administration publique et de la responsabilisation du secteur public. Bien que la région puisse se prévaloir de quelques succès sur le plan de l’amélioration de la qualité de l’administration publique, ses progrès sur le front de la responsabilisation du secteur public sont parmi les plus faibles qui soient.

« On ne peut pas parler de réformes de "seconde génération" dans la région MENA sans aborder le dossier de la gouvernance », note Christiaan Poortman, vice-président de la Banque mondiale pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord. « Les réformes d’ordre économique et réglementaire que les pays MENA ont aujourd’hui du mal à faire avancer sont précisément les types de réformes qui nécessitent l’appui et l’implication d’acteurs clés, tels que le secteur privé, les organisations syndicales et les autres segments de la société civile. »

La reconstruction de l’Iraq procure des dividendes aux pays de la région

Le rapport indique qu’en dehors du choc pétrolier, le conflit en Iraq ainsi que le processus de reconstruction et de réintégration de ce pays représente le principal choc économique que la région ait subi ces trois à quatre dernières années. D’un point de vue régional, les incidences économiques initiales du conflit ont été limitées, en grande partie du fait que l’Iraq était, à bien des égards, isolé du reste de la région sur le plan économique. En revanche, s’agissant de la reconstruction de l’Iraq, de nombreux pays de la région devraient pouvoir bientôt tirer largement profit de l’activité commerciale et des affaires qu’implique l’effort de reconstruction. À l’évidence, la situation devra s’améliorer sur le plan de la sécurité pour ouvrir la voie à des progrès plus marqués sur le front de la reconstruction.

Pour l’avenir, l’évolution des facteurs externes continuera, selon le rapport, à déterminer le profil de croissance de la région sur le court terme. Le léger relâchement des prix du pétrole, en partie compensé par la situation de la croissance en Europe, laisse croire à une poursuite de la croissance, en particulier dans les économies diversifiées riches en main-d’œuvre. Dans l’ensemble, la croissance régionale devrait s’établir en moyenne à 4,9 % en 2005, pour tomber à 4,3 % en 2006.