Télécharger (PDF) Au cours des 30 dernières années, le Maroc s’est investi dans un programme de développement humain et de libéralisation politique. Depuis les années 1970, le Produit Intérieur Brut per capita a quadruplé, passant ainsi de 550 $ à 2770 $. L’espérance de vie moyenne est passée de 55 ans en 1970, à 72,5 ans en 2007. Au cours de cette même période, le taux de fécondité a très sensiblement diminué, passant de 6,3 à 2,3, tandis que le taux de mortalité infantile a considérablement diminué, de 115 à 38 (pour 100 000 naissances réussies). Les améliorations substantielles réalisées dans le domaine de l’éducation au cours des 30 dernières années se sont traduites par une augmentation du taux de scolarisation, de 47 à 93.5 % en 2007. L’accès à l’eau potable s’est généralisé de manière particulièrement rapide, l’accès à l’eau potable étant quasiment universel dans les zones urbaines où 83 % des foyers sont raccordés à un réseau fiable tandis que le reste s’approvisionne auprès de stations de pompage et de vendeurs.
Le Maroc a réalisé d’importants progrès économique depuis 2001, caractérisés par un taux de croissance moyen d’environ 5 %, une diversification progressive de l’économie, et une gestion macro-économique robuste. Ces progrès lui ont permis de réduire le taux de pauvreté de 15.3 % en 2000/2001 à 9% en 2006/2007. Le Maroc bénéficie d’une société civile et d’un secteur privé dynamique, et d’un Gouvernement doté d’aptitudes et d’une vision claire. Celui-ci est déterminé à réaliser une plus grande intégration, en particulier avec l’Europe où le Maroc jouit d’un statut d’Association Avancée avec l’Union Européenne. La confiance des investisseurs s’est substantiellement accrue à la suite des réformes du climat des investissements financées par la Banque en partenariat avec d’autres organisations. Plus particulièrement, les Investissements Directs à l’Etranger (IDE) ont augmenté, atteignant 4.5 milliards $, soit 6% du PIB en 2007 (la crise financière mondiale a eu un impact sur cet élément, étant toutefois précisé que les IDE sont sensés diminuer de 20 % en 2008). Le taux de chômage est en baisse constante et est maintenant au plus bas depuis 30 ans, bien qu’il demeure élevé (environ 9%). Ces éléments, associé à un capital humain et physique doté d’un certain potentiel ainsi qu’à une situation géographique stratégique à l’embouchure de la Méditerranée, place le Maroc sur la scène internationale dans une situation propice à la réalisation d’une plus forte croissance et d’un meilleur développement, ainsi qu’à l’obtention de plus grands avantages tirés de l’intégration et de la mondialisation. En dépit des progrès réalisés, le Maroc doit toujours faire face à des défis de très grande envergure, qui tiennent notamment à sa vulnérabilité aux chocs (naturels et économiques) ; à l’utilisation d’indicateurs sociaux de mesure du niveau de revenus du pays inadaptés ; à un niveau élevé de chômage, plus particulièrement parmi les jeunes ; et à la pression croissante sur les ressources naturelles, plus particulièrement l’eau, laquelle est exacerbée par le changement climatique. Des segments importants de la population demeurent marginalisés sur le plan social et économique, et en dépit de la réduction considérable de la pauvreté, une large part de la population reste économiquement vulnérable. Les indicateurs de santé – plus particulièrement ceux relatifs aux femmes et aux enfants – sont très en deçà de ce qu’ils devraient être, avec une incidence particulièrement élevée sur le taux de mortalité maternelle (227 pour 100,000 naissances en 2003) et la malnutrition infantile (qui touche environ un enfant sur cinq). La vitesse à laquelle l’éducation primaire s’est généralisée ne s’est pas doublée de progrès similaires en termes d’achèvement de cycles d’éducation : si l’accès à l’éducation primaire est quasiment universel, seulement deux-tiers des enfants âgés de 6 à 11 ans achèvent le cycle d’éducation primaire. Si le Maroc est très réformateur dans le domaine du développement du secteur privé, le rythme des changements structurels de l’économie reste lent et le secteur privé n’est pas encore complètement convaincu de la crédibilité des réformes, de l’efficacité des politique et de ce qu’elle sont en pratique, mises en œuvre de manière équitable. Le regroupement des résultats atteints en matière de développement requiert une croissance plus rapide et durable, laquelle dépend d’une amélioration de la compétitivité. Jusqu`à présent, le Maroc a poursuivi une stratégie d’ouverture sélective du marché en concluant des accords bilatéraux qui lui ont permis de saisir certaines opportunités offertes par les marchés mondiaux. Mais son mécanisme de fonctionnement commercial reste fondé sur un « parti pris » protectionniste qui procède du régime de taux de change fixe. Pour tirer plus d’avantages de la mondialisation, le Maroc devra déployer de plus grands efforts de réforme du régime commercial et ouvrir ses secteurs de services de prédilection à la concurrence. L’agriculture marocaine reste l’une des moins productives de la région, employant environ la moitié de la force de travail alors qu’elle ne contribue qu’à 16 % du PIB. Le défi consiste à améliorer la chaîne des valeurs de la production agricole et réformer le secteur en éliminant le système de subventions qui s’avère inefficace et en cessant de protéger la production céréalière. Finalement, le rôle des secteurs secondaire et tertiaire devra s’accroître afin de créer les emplois tant recherchés. Cela appelle à une plus grande sophistication, à identifier les niches de production dont la compétitivité peut être améliorée et à transformer l’économie pour en faire davantage une économie de la connaissance. La prospérité pour tous constitue une politique majeure qu’il faut impérativement mettre en œuvre et qui appelle à la poursuite d’une stratégie de croissance tendant à la fois à réduire la pauvreté et à garantir une plus grande équité. La réduction du chômage est la clé de la résorption du gouffre qui sépare les plus prospères des plus pauvres et plus défavorisés du pays. Les taux de croissance actuels sont insuffisants pour satisfaire la demande d’emploi croissante générée par la transition démographique du Maroc, le rôle moindre de l’agriculture dans le domaine de l’emploi, et les changements sociaux qui ont amené les femmes à jouer un rôle plus actif sur le marché du travail. Si les efforts du gouvernement vers la mise en place de systèmes de protection sociale se sont intensifiés au cours des dernières années, l’inefficacité des mécanismes de redistribution, la volatilité des prix de l’alimentation et de l’énergie et les catastrophes naturelles continuent à menacer la subsistance des personnes pauvres et vulnérables. Le Maroc doit également faire face à une dotation plutôt faible en ressources naturelles, dont la subsistance est par ailleurs menacée par les conséquences néfastes du changement climatique. A cet égard, la rareté de l’eau constitue la question la plus urgente - le Maroc doit déjà faire face à des ressources insuffisantes en eau pour satisfaire les besoins actuels, et le changement climatique va générer des contraintes supplémentaires. Ce problème est exacerbé par une mauvaise utilisation dans l’agriculture et par la faiblesse des institutions intervenant dans le secteur de l’eau. Le pays est très fortement dépendant des importations d’énergie (97%) et ne reçoit pas les investissements propres à maximiser le vaste potentiel offert par les sources d’énergie solaire et éolienne. Le programme du gouvernement Le Gouvernement a clairement défini une ligne de conduite pour atteindre ses objectifs de développement et s’est lancé dans un vaste programme de réformes économique et social de grande envergure. Ce programme vise à poursuivre et à améliorer les bonnes performances de taux de croissance en déployant des efforts plus soutenus afin d’améliorer la gouvernance, d’améliorer le climat des affaires et d’assurer une meilleure identification des priorités et une meilleure mise en œuvre des efforts de réformes. Lorsqu’il a accédé au trône en 1999, le Roi Mohammed VI a défini une stratégie de croissance rapide, d’éradication de la pauvreté et d’amélioration des conditions de vie. Depuis, les gouvernements qui se sont succédés ont articulé cette stratégie en identifiant les contraintes sectorielles et structurelles sur la base d’analyses pertinentes, développant ainsi une série de stratégies sectorielles et allouant les fonds publics aux priorités stratégiques. Un programme ambitieux de réformes politiques, sociales et économique dont on commence à percevoir les effets a ainsi vu le jour. Certains des programmes de réformes sectorielles les plus importants sont détaillés ci-dessous : L’Administration Publique. En 2002, le Maroc a lancé un programme de réforme de l’administration. Les objectifs clé de ce programme sont les suivants (a) améliorer l’efficacité du Gouvernement dans la gestion des ressources budgétaires, à travers une plus grande transparence, une plus grande responsabilité, et l’évaluation des performances ; (b) améliorer l’efficacité du Gouvernement dans la gestion des ressources humaines, en préparant un nouveau système de gestion du dotation en personnel et des rémunérations tenant compte des résultats et en rationalisant la gestion actuelle des ressources humaines ; et (c) la consolidation et le contrôle de l’évolution du système des paies des fonctionnaires. La Protection Sociale. Le Gouvernement est déterminé à réformer le système de subventions dans le cadre d’une réforme générale du système de protection sociale. Cette réforme aurait pour objectif de répondre aux problèmes des familles pauvres et vulnérables, lesquelles seraient les plus affectées par les chocs, y compris par l’inflation. Le Gouvernement conduit une action fondée sur trois piliers pour répondre à ces problèmes. Le premier pilier consiste à améliorer la gestion et l’allocation des subventions. Le second pilier vise à renforcer les programmes de réduction de la pauvreté et de développement humain afin de les rendre plus équitables, plus efficaces, et d’en améliorer l’impact. Le troisième pilier consiste à piloter des projets prometteurs dont la pratique internationale a démontré l’impact, tels que le programme de transferts conditionnels en espèces dans le secteur de l’éducation et la mise en place d’un système d’assurance médicale gratuite pour les plus pauvres. L’Education. Le Maroc a toujours attaché une importance particulière à l’éducation et à la formation, considérés comme des éléments clé du développement économique et social. En Juin 2008, le Plan d’Urgence 2009-2012 a été préparé. Le Plan met plus précisément en place les 4 stratégies suivantes : (a) Mettre en œuvre l’éducation obligatoire pour tous les enfants jusqu’à l’âge de 15 ans. (b) stimuler l’ingéniosité et l’excellence au cours du dernier cycle d’études secondaires et dans l’enseignement supérieur. L’objectif est de proposer à la jeunesse marocaine une éducation supérieure obligatoire adaptée et des opportunités de formation, améliorant ainsi ses capacités dans les domaines des sciences et des technologies. (c) Répondre aux problèmes institutionnels qui entravent le système ; et (d) mobiliser et mettre en œuvre les moyens d’en assurer la réussite (financements, partenariats, communication et mobilisation sociale, secteur privé). La Santé. Les objectifs du Plan d’Action pour la Santé sont : (1) la réduction de l’intensité des problèmes de santé majeurs ; (2) l’amélioration de l’accès aux services de santé et (3) la réforme de l’organisation du secteur de la santé. La stratégie de mise en œuvre de ce plan repose sur quatre piliers : (a) le repositionnement stratégique des différents intéressés ; (b) le développement d’un pack santé pour en garantir l’accès facile, la qualité adéquate et une répartition conforme aux besoins; (c) la planification et la mise en œuvre de plan nationaux pour la prévention et le contrôle des maladies, et (d) le renforcement de la couverture santé. La réduction de la pauvreté et de la vulnérabilité est au cœur du programme du pays, comme en atteste le lancement par le Roi de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) en mai 2005. Ce programme cible les quartiers urbains et les communes rurales, s’appuie sur des investissements publics multisectoriels générateurs de revenus et comprend également une composante visant les populations les plus vulnérables. Il s’appuie sur la participation de tous les intervenants et la planification, et donne un rôle plus central aux gouvernements locaux élus et aux ONG. L’Agriculture. En 2008, le Maroc a lancé son Plan Maroc Vert (PMV), une stratégie visant à faire de l’agriculture un moteur de la croissance équitable et de la réduction de la pauvreté. Le PMV repose sur deux piliers. Le Pilier I traite du recours généralisé à l’irrigation et l’agriculture commerciale ; le Pilier II traite du sous-secteur prédominant, alimenté par la pluie. Les deux piliers (sous-secteurs) fonctionnent dans un cadre déterminé par la structure des institutions, des mesures incitatives, et le cadre légal et réglementaire dont dépend le climat des investissements – auxquels se réfère le PMV comme étant les axes transversaux. L’Energie. En mars 2009, le gouvernement a lancé une nouvelle stratégie de l’Energie qui comprend les éléments clé suivants : (1) la diversification et l’optimisation de la part des énergies en recourant à des énergies fiables et compétitives, afin de réduire la part du pétrole à 40% en 2030 ; (2) le développement du potentiel national d’énergies renouvelables, afin d’augmenter la contribution des énergies renouvelables ; (3) faire des améliorations de l’efficacité énergétique une priorité nationale ; (4) développer les ressources énergétiques non exploitées en intensifiant les activités d’exploration d’hydrocarbure et en développant les sources de pétrole conventionnelles et non conventionnelles ; et (5) réaliser l’intégration dans le marché régional de l’énergie, à travers une coopération et un commerce soutenus avec les autres pays du Maghreb et les pays de l’Union Européenne. Le Développement Industriel. En février 2009, le gouvernement a adopté une Stratégie Industrielle d’Urgence afin de stimuler la productivité des activités industrielles qui ont perdu leur compétitivité et leurs parts d’exportation au cours des dernières années. Depuis 2000, leur contribution au PIB a diminué de presque 3%. La SIU, vue comme « le Manuel National pour l’Emergence Industrielle »constitue une feuille de route pour le développement de l’industrie sur la période 2009-2015. Le coût sur le budget de la SIU est estimé à environ 1.5 milliards $. A travers le SIU, le gouvernement entend créer quelques 200 000 emplois et attirer chaque année environ 6 milliards d’investissements. Les déchets solides. Le Programme National et Municipal pour la Gestion des Déchets Solides, qui s’étale sur une période de 15 années et comprend 3 phases, a été lancé en 2008. Il s’est notamment assigné pour objectifs d’élaborer des critères de collecte et d’élimination dans les zones urbaines, des objectifs quantitatifs quant à la couverture géographique de la collecte (90% en 2012), l’introduction de décharges contrôlées (100% des zones urbaines équipées en 2021), et la fermeture et la réhabilitation de 300 décharges ouvertes existantes ainsi que la promotion de la réduction des déchets solides, de leur élimination et de leur recyclage. Développement économiques récents L’impact de la crise mondiale actuelle sur l’économie marocaine est mitigé. D’un côté, grâce à la poursuite de politiques macro-économiques cohérentes et à la mise en œuvre de réformes structurelles durables, la posture macro-économique du Maroc reste stable, les finances publiques sont fortes, le secteur financier est stable, et l’économie est plus résistant aux chocs. Ainsi, les taux de croissance sont relativement bons (3.7% au cours du premier quadrimestre 2009), l’inflation s’est résorbée, passant de 3.9% à 2.2% l’année dernière, le chômage diminue (de 9.6 à 9%), et les finances publiques sont soutenues, avec des excédents budgétaires en 2008 et au cours du 1er semestre 2009, et une dette publique en baisse (45 % du PIB à la fin du mois de juin 2009). Selon les estimations, la croissance devrait atteindre 4.5 % au second quadrimestre 2009, grâce à de bonnes récoltes et au renforcement de la demande nationale. Toutefois, la crise mondiale a fait apparaître des failles dans la structure des exportations, qui manquent en diversité et en compétitivité, et dans le système de subventions, coûteux, non ciblé et inefficace. Le déclin marqué qui a récemment frappé les exportations (28% de moins que sur la même période en 2008) est responsable de la de la dégradation de la balance commerciale. Exacerbée par la baisse du tourisme (de 14.4 %) et des transferts de revenus des travailleurs (12.5%), la balance commerciale actuelle s’est transformée en un déficit inquiétant (5.4% du PIB) après avoir atteint un résultat positif entre 2001 et 2006. Toutefois, le positionnement extérieur reste gérable compte tenu des réserves en devises étrangères. L’amélioration du potentiel de croissance et le renforcement du positionnement extérieur sont tributaires d’une stratégie équilibrée tournée vers les exportations, tandis que la réforme du système de subventions améliorerait l’équité et consoliderait les finances publiques. Les projections pour 2009 restent globalement optimistes grâce aux signes récents de reprise de la demande extérieure (principalement en produits textiles et à base de phosphate) et à la production croissante du secteur agricole. Globalement, le taux de croissance devrait atteindre environ 4.5-5% en moyenne sur l’année entière. L’inflation devrait se maintenir à un niveau faible d’environ 2.5%, tandis que le taux de chômage devrait se stabiliser à 9 %. Le déficit actuel de la balance devrait augmenter pour atteindre 6 % du PIB étant donné que l’afflux de capitaux, le tourisme et les transferts de revenus des travailleurs continuent à diminuer modérément. Le déficit budgétaire devrait culminer à 3% du PIB compte tenu du fait que la réduction des subventions ne couvrira pas les pertes de revenues anticipées et l’augmentation des investissements (jusqu’à 25 %) tels que prévue dans la Loi de Finances 2009. Selon les estimations, la dette publique devrait ainsi de nouveau atteindre 47 % du PIB, soit le niveau atteint à la fin de l’année 2008. Le Gouvernement a mis en œuvre plusieurs mesures afin d’aider les entreprises touchées par la crise à faire face au déclin de la demande extérieure. Ces mesures incluent : (1) l’octroi de garanties à hauteur de 65 % des prêts de fonds de roulement ; (2) le financement du coût de campagnes publicitaires et d’études de marché jusqu’à 80 % ; (3) l’extension des risques couverts par les assurances pour les exportations ; (4) la facilitation de l’adoption de nouveaux échéanciers pour les dettes à long terme ; (5) la simplification des réglementations des importations concernées par le système d’admission temporaire ; (6) la dispense de formations et la fourniture de logistique en partenariat avec des associations d’entreprises ; et (7) la simplification des réglementations relatives au paiement de la sécurité sociale par les employeurs éligibles (appliquées aux entreprises qui ont accusé 20% de pertes mais qui ont gardé leurs employés). A ce jour, les résultats du programme de soutien aux entreprises sont mitigés. Le gouvernement a identifié quelques 1098 entreprises fortement touchées par la crise mondiale, dont 906 dans le secteur du textile et de l’habillement, 115 dans les industries du cuir et 65 dans le secteur de la mécanique. Toutefois, seulement 632 entreprises ont demandé des subventions et seulement 525 d’entre elles y étaient complètement éligibles. Il est possible que le faible taux de prise en charge soit lié au fait que seules les entreprises du secteur formel qui sont en règle avec la réglementation de la sécurité sociale aient été considérées éligibles tandis que de nombreuses entreprises fonctionnent de manière informelle. L’économie a également été stimulée avec la baisse des taux d’intérêts. Au cours des neuf mois allant d’Octobre 2008 à Juillet 2009, les exigences relatives aux réserves des banques ont été réduites par étape de 15 à 10 %. La Banque Centrale a toutefois maintenu sa politique de taux inchangée afin de contenir les pressions inflationnistes. Dans ce contexte, l’octroi de crédit au secteur privé a continué à augmenter au cours de la première moitié de l’exercice 2009 (jusqu’à 15 % en glissement annuel), principalement en matière de crédit à la consommation (jusqu’à 24 %), d’équipement (jusqu’à 23.8%), et dans l’immobilier (19.4 %). Les projections pour 2010 sont relativement bonnes. La Loi de Finances pour 2010 en cours de préparation anticipe une croissance modérée de 3.2 %, principalement soutenue par le secteur non-agricole (jusqu’à 4.1 %) tandis que la production agricole diminuerait après avoir atteint un niveau exceptionnel en 2008. L’inflation devrait rester sous contrôle, à environ 2.5 %, et le taux de chômage devrait rester en deçà de 10 %. La posture fiscale devrait rester stable, avec des déficits fiscaux maintenus en deçà du critère de 3 % du PIB, et une dette en constante baisse, grâce aux réformes fiscales et du système de subventions en cours, et grâce à un texte de loi sur les salaires mieux contrôlés. Ces chiffres sont susceptibles de s’améliorer légèrement en fonction du retour à la croissance lent mais constant des partenaires commerciaux du Maroc, particulièrement en Europe, ce qui permettrait un retour à une croissance modérée des exportations, des transferts de revenus des travailleurs, du tourisme et possiblement des IDE.  Le partenariat de la Banque mondiale La Banque Mondiale dispose d’un engagement important au Maroc, lequel couvre l’ensemble des activités propres à permettre à un pays à revenus moyens de réaliser de bonnes performances – Financement, AAA, et un large portefeuille de fonds d’investissement. Le principe fondamental qui sous-tend le partenariat de la Banque avec le Maroc réside dans son alignement sur la vision du pays. Le Maroc est un PRI (Pays à Revenu Intermédiaire) sophistiqué ayant une compréhension claire des défis à relever, un processus de réforme en cours dans la plupart des secteurs et une série de stratégies avant-gardistes déjà élaborées. Le partenariat s’est solidifié au cours des dernières années, sur la base d’une appréciation de la flexibilité et de la réactivité prise en compte dans le programme de la Banque, laquelle lui a permis d’adapter son soutien à un environnement de réforme évoluant rapidement. Cette approche a généré une augmentation du nombre et une diversification des requêtes des demandes d’opérations à forte valeur ajoutée en termes de réforme. La Nouvelle Stratégie de Partenariat Pays (CPS) pour les exercices fiscaux 10-13 est actuellement en cours de développement en vue d’une livraison en décembre 2009. Le partenariat exposé en détails dans le CPS a évolué entre le Gouvernement et la Banque au fil des deux cycles du CAS et repose sur des principes et des règles d’engagement clairs qui ont ainsi émergé. La Banque et le Gouvernement ont adopté trois piliers : (1) croissance, emploi et compétitivité ; (2) services aux citoyens ; et (3) durabilité du développement dans un climat évolutif. L’accent est mis sur la poursuite de la flexibilité et le programme aura pour objectif de soutenir le potentiel de changement et de création d’impact à long-terme. Le Gouvernement s’est montré nettement plus favorable aux Prêts de Politique de Développement (PPD). Les domaines spécifiques dans lesquels le Gouvernement a récemment demandé l’assistance de la Banque incluent la réforme du secteur financier, les transports urbains, la réforme du système judiciaire, les échanges et le commerce, l’adaptation au changement climatique et la limitation de ses effets, et le soutien à la stratégie agricole « Plan Vert ». Ces demandes sont liées à l’engagement déjà important de la Banque dans des domaines comme la réforme de l’administration publique, les transports, l’énergie, la gestion des déchets solides, l’eau et l’assainissement. Le programme de la Banque reste centré sur le soutien apporté via l’octroi de PPD dans le cadre de programmes de réformes à moyen terme par divers phases de prêts par la BIRD. La Banque a déjà octroyé des PPD dans un certain nombre de secteurs tels que l’administration publique, le traitement des déchets solides et la production d’énergie, pour lesquels son soutien continu est requis. Par ailleurs, plusieurs PPD sont en cours de préparation relativement à des secteurs dans lesquels le Gouvernement a plus récemment invité la Banque à devenir son partenaire – le secteur financier, les transports urbains et l’éducation. Une troisième catégorie de PPD concerne les secteurs dans lesquels la Banque a précédemment apporté son soutien (l’eau, l’habitat) et dans lesquels l’engagement de la Banque dans le cadre de PPD doit être confirmé. Enfin, nous avons initié un dialogue constructif dans des secteurs tels que les échanges et le commerce, le développement des compétences et l’emploi, la santé et le développement agricole, dans lesquels nous attendons des demandes officielles de soutien PPD. Financement par l’octroi de PPD au Maroc Un nouveau Prêt de Politique de Développement affecté au Secteur des déchets solides des municipalités d’un montant de 132,7 millions de $ a été approuvé le 19 mars. Il s’agit du premier Prêt de Politique de Développement approuvé par la Banque Mondiale pour le secteur des déchets solides. Le projet va reposer sur des partenariats entre le gouvernement central et les municipalités sur la base d’un mécanisme de mesures incitatives clairement défini en fonction des performances et des résultats. Le programme est conçu pour améliorer la transparence, la compétitivité et la responsabilité pour une participation durable et productive du secteur privé. Le prêt « single-tranche » III pour la Réforme de l’Administration Publique (PARL III) a été approuvé par le Conseil d’Administration en mai 2008. Il est cofinancé par l’Union Européenne et la BAfD et consolide les réalisations précédentes en termes de modernisation de la gestion budgétaire, de la gestion des ressources humaines et du contrôle du système de paies, tout en introduisant une nouvelle composante sur l’ « e-gouvernement ». Les prévisions quant à la livraison d’un PARL IV pour l’exercice fiscal 2010 sont prometteuses. Le PPD Programmatique Energie soutient la réforme dans un secteur identifié comme une priorité par le gouvernement. Le Ministre de l’Energie a lancé un plan national des mesures prioritaires afin de mettre en place des actions pour répondre aux risques liés à l’approvisionnement : (1) diversifier la répartition des énergies pour assurer la sécurité énergétique ; (2) assurer l’accès universel à l’énergie à des prix compétitifs; et (3) promouvoir le développement durable tout en réalisant l’intégration aux marchés régionaux et international de l’énergie. La Banque avait déjà un rôle actif dans le dialogue sur la politique énergétique et via le soutien apporté au Maroc dans la mise en œuvre des réformes du secteur énergétique à travers l’octroi de PPD Programmatique Energie . Le PPD 1 Programmatique Energie a représenté un investissement de 100 millions de $ au début de l’année 2008. D’importantes études sont en cours et la possibilité d’octroyer un second PPD au soutien de ce secteur en 2010 est en cours de discussion. Le PPD pour le Secteur Habitat consistait en une opération à deux axes représentant un investissement de 150 millions de $. Le PPD soutenait un programme de réformes dont les objectifs étaient les suivants : (1) renforcer le cadre institutionnel, réglementaire et fiscal pour permettre le bon fonctionnement du marché de l’habitat et l’émergence de solutions apportées par le marché aux contraintes et aux besoins du secteur de l’habitat du pays ; et (2) augmenter l’accès des foyers à bas revenus et très défavorisés à des habitations plus abordables et de meilleure qualité. L’ICR du PPD Secteur Habitat a été terminé en décembre 2008, arrivant à la conclusion que le programme, soutenu par le PPD, a un impact extrêmement positif sur le fonctionnement du secteur de l’habitat au Maroc. Le PPD Eau: La Banque a un engagement de longue date dans le secteur de l’eau au Maroc, avec six projets d’investissements réalisés à ce jour. En 2007, le gouvernement a demandé le soutien de la Banque dans le cadre du PPD Eau pour soutenir des réformes ayant trait à l’amélioration de la gouvernance du secteur, de la gestion intégrée des ressources hydriques, de l’efficacité de l’irrigation, et des services d’approvisionnement et de traitement de l’eau. Si le calendrier des réformes a progressé grâce au soutien du PPD, la transition de l’investissement au PPD s’est avérée difficile. Plutôt que de poursuivre la préparation du DPL 2 Eau, le gouvernement a préféré demander à la Banque un prêt d’investissement pour soutenir la prochaine phase de réformes. Au 1er Septembre 2009, le portefeuille de la Banque au Maroc se compose de 7 opérations d’investissement et d’un PPD en gestion des déchets solides, représentant un engagement net total de 566,47 millions de $. Les dépenses ont à ce jour atteint 166,4 millions de $, avec le déblocage du PPD (132,7 millions de $) dans les semaines à venir. Le ratio des dépenses sur l’exercice fiscal 2009 a atteint 21,4 %, c'est-à -dire un chiffre légèrement plus élevé que la moyenne de la Banque. On compte seulement un projet « problématique » pour le Développement Agricole, lequel est en cours de restructuration. Le portefeuille d’investissement actuel de la Banque inclut l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) soutenu par un prêt bancaire SWAP de 100 millions de $ approuvé en décembre 2006. Des progrès considérables ont été réalisés dans la mise en œuvre du programme, mais de nombreuses failles demeurent : les méthodes de participation ne se sont pas encore imposées sur le terrain, davantage de projets d’infrastructures que de projets générateurs de revenus ont pris forme, les programmes de renforcement des capacités sont limités, et le mécanisme de S&E ne fonctionne pas complètement. Le second transfert de fonds de 20 millions $, prévu pour le 31 mars 2008, n’a pas encore été effectué. Le projet est maintenant en le statut « problématique » et l’évaluation de mi-parcours aura pour but de suivre et d’accompagner attentivement le défi lié à la mise en œuvre du programme. Un flux important de prêt à l’investissement pour l’exercice fiscal 2010. Le Projet d’Irrigation d’Oum Er Rbia (70 millions de $), en cours de préparation pour être livré pour l’exercice fiscal 2010, va diriger la mise en œuvre du Plan National pour la Conservation de l’Eau d’Irrigation tout en ayant pour objectif d’améliorer la qualité l’irrigation, d’assister dans la gestion des ressources hydriques de plus en plus rares, et le contrôle de l’extraction de l’eau des nappes. Le gouvernement a demandé un financement supplémentaire de 85 millions $ pour le programme des Routes Rurales qui sera livré dans les mois à venir. Le Projet d’Assainissement d’Oum Er Rbia (40 millions de $) aura pour objectif d’améliorer les services d’assainissement le contrôle par la municipalité de la pollution dans les centres urbains du bassin du fleuve d’Oum Er Rbia. Enfin, le Projet d’alimentation en eau des zones urbaines et rurales (150 millions de $) va soutenir les efforts déployés par le gouvernement pour augmenter l’accès à l’eau potable dans les zones rurales et renforcer les capacités d’approvisionnent en eau afin de satisfaire la demande croissante dans les milieux ruraux et urbains. SFI : Entre les exercices fiscaux 2005 et 2009, la SFI a réalisé un chiffre d’affaires total grâce à ses investissements et ses activités de conseil dans le pays, atteignant des niveaux records en termes de dotations, établissant des partenariats importants avec le gouvernement et regagnant ainsi confiance du marché marocain. Au cours de l’exercice 2008, les activités d’investissement de la SFI ont sensiblement augmenté avec plus de 240 millions $ investis (contre 23 millions en 2007 et 4 millions en 2006). Les dotations ont été réparties sur six projets issus d’une grande variété de secteurs : banques d’affaires, institutions de microcrédit, services publics locaux de traitement des eaux usées, fonds d’investissement pour les PME et le développement de la construction d’habitations à loyers modérés. En ce qui concerne ses activités de conseil, la SFI a établi des partenariats clé avec des organismes gouvernementaux tels que le ministère de la Justice en matière de médiation commerciale ; le Centre Régional d’Investissement de Casablanca, en matière de simplification du climat des affaires ; et avec la Banque Centrale sur le projet de bureau du crédit. Ces projets visent à renforcer l’environnement des affaires dans le secteur privé marocain. Pour les exercices 2009/2010, la SFI envisage de réaliser plusieurs investissements dans des secteurs clés tels que l’assurance, le microcrédit, l’industrie portuaire, l’électricité, les transports urbains et le secteur de la production. La SFI a par ailleurs engagé des discussions avec les grandes banques marocaines pour promouvoir les investissements sud-sud en Afrique Sub-saharienne. MIGA: Elle n’a pas une présence notable au Maroc et n’a pas reçu de demande de couverture d’investissement entrant au cours de l’exercice 2009. Tous les montants sont en équivalents de dollars US. Septembre 2009 Pour plus d’informations, veuillez contacter: Najat Yamouri, nyamouri@worldbank.org
 |