
Septembre 2011 : L’Asie du Sud a connu une longue période de croissance économique alerte, à 6 % par an en moyenne sur les vingt dernières années. Cette croissance s’est accompagnée d’un recul de la pauvreté et d’une amélioration considérable du développement humain. Cependant, la pauvreté reste répandue dans de nombreuses régions, et l’Asie du Sud compte la plus forte concentration de pauvres au monde : plus d’un milliard de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour. Le rythme de progression du PIB réel de l’Asie du Sud s’est accéléré pour atteindre, selon les estimations, 8,7 % sur l’exercice 2010-11, contre 7,0 % sur 2009-10, sous l’effet d’une très vive croissance en Inde, qui entre pour 80 % dans le PIB de la région. Ces taux soutenus s’expliquent par une demande intérieure robuste, des mesures de relance macroéconomiques et un regain de confiance des investisseurs et des consommateurs. L’aide de la Banque mondiale Le Groupe de la Banque mondiale est un partenaire clé du développement en Asie du Sud. Au 30 juin 2011, son portefeuille comptait 210 projets et ses engagements en cours s’élevaient à 38,1 milliards de dollars. Au cours de l’exercice 2011, la Banque a revu sa stratégie pour l’Asie du Sud. Cette stratégie repose sur trois piliers : une croissance inclusive et créant des emplois de qualité, une réponse à l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des carburants et la promotion de la coopération régionale. Elle fournit également une feuille de route afin d’accélérer la croissance et d’encourager le développement humain, et donne des informations pour l’exploitation des atouts spécifiques à chaque pays. Pour l’exercice 2011, la Banque mondiale a approuvé 44 projets dans la région. Faire face à la crise financière et à l’envolée des prix alimentaires Si l’Asie du Sud a mieux surmonté la crise financière que la plupart des régions, elle avait en revanche été très directement touchée par la dégradation des échanges résultant des phases précédentes d’envolée des prix des denrées alimentaires et des carburants. Elle pâtira donc particulièrement de la nouvelle flambée de ces prix. L’inflation est déjà élevée dans la région et les pays disposent d’un espace budgétaire limité pour y faire face. Ce sont les cours mondiaux des céréales qui ont enregistré la hausse la plus vive. De 2005 à 2008, le cours international du blé a été multiplié par plus de deux et celui du riz et du maïs a été multiplié par trois. En juin 2009, le prix du blé et du maïs restait nettement plus élevé que pendant les quatre années précédentes (de 55 et 87 % respectivement), tandis que celui du riz avait grosso modo doublé. La crise économique a été particulièrement grave au Pakistan, où les ménages sont très vulnérables aux chocs sur le revenu et où seule une infime proportion de pauvres bénéficie d’une aide sociale. La Banque a engagé 200 millions de dollars pour renforcer le programme national de protection sociale (Benazir Income Support Program) dans ce pays. Démarginaliser les plus démunis L’absence d’électricité reste l’un des obstacles les plus critiques à une croissance rapide et soutenue de l’Asie du Sud. Au cours de l’exercice 2010, la Banque a accordé un financement de 130 millions de dollars au Bangladesh pour l’aider à élargir l’accès à l’électricité via l’installation de panneaux solaires à prix abordable dans les habitations rurales. Ce prêt est venu compléter un projet existant, qui, depuis 2003, a permis de raccorder 600 000 consommateurs au réseau d’électricité, étendu le réseau de distribution de quelque 8 500 kilomètres et équipé quelque 320 000 foyers de panneaux solaires. Sur l’exercice 2011, la Banque mondiale a approuvé un prêt de l’Association internationale de développement (IDA) au Bangladesh dans le but de désenclaver les habitants du sud-ouest du pays et d’améliorer leurs opportunités. D’un montant de 1,2 milliard de dollars, ce prêt doit financer la construction d’un pont sur le fleuve Padma, troisième plus large fleuve au monde. Ce pont, long de 6,1 km, permettra à près de 30 millions d’habitants du sud-ouest du pays de rejoindre le reste du territoire, ce qui leur facilitera l’accès aux marchés et services et accélérera en outre la croissance de l’ensemble du pays. En Inde, près de la moitié des ménages (44 %) ne sont pas desservis par le réseau d’électricité. La Banque a accordé un prêt de 1 milliard de dollars à Powergrid, la compagnie nationale de transport d’électricité, pour l’aider à élargir son réseau et à répondre à l’accroissement de la demande des usagers, notamment dans l’ouest, le nord et le sud du pays. La Banque a également approuvé un prêt de 330 millions de dollars pour renforcer le système de transport et de distribution d’électricité dans l’État de Haryana, ainsi qu’un prêt de 430 millions de dollars pour financer le Projet de transport urbain de Mumbai 2A, qui vise à améliorer le réseau ferroviaire suburbain dans la région métropolitaine de Mumbai, l’un des plus grands centres urbains de la planète (18 millions d’habitants en 2010). Favoriser une croissance inclusive et créer des emplois de qualité Le principal atout de l’Asie du Sud est sa population. Cette région compte une population jeune et affiche le plus faible taux d’activité des femmes. Avec le dividende démographique, davantage de travailleurs vont à l’avenir entrer sur le marché du travail. Ainsi, au cours des dix prochaines années, plus de 300 millions de personnes devraient venir gonfler les classes d’âge de forte activité. Et créer des emplois pour ces personnes contribuera à la croissance, à l’équité et à la paix dans la région. La Banque mène des travaux analytiques sur la façon dont on peut créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité dans la région, où l’on craint que la création d’emplois se fasse essentiellement dans le secteur informel, où les travailleurs sont peu qualifiés et peu rémunérés. Intervenir dans les zones de conflit ou sortant d’un conflit Durant l’exercice 2010, l’IDA et le Fonds monétaire international sont convenus de contribuer à un allégement de 1,6 milliard de dollars de la dette de l’Afghanistan, au titre de l’Initiative pour les pays pauvres très endettés. En outre, la Banque a octroyé un don de 30 millions de dollars à l’État afghan afin d’appuyer une nouvelle initiative nationale visant à stimuler l’emploi et à accroître les revenus dans les zones rurales, où vivent 75 % de la population. La Banque a continué d’aider le Programme afghan de solidarité nationale (PSN) avec un don de 40 millions de dollars à l’appui de la troisième phase du programme. Le PSN est largement reconnu comme l’une des plus grandes réussites de l’Afghanistan dans le domaine du développement : depuis son lancement en 2003, 17 millions de ruraux en ont bénéficié dans les 34 provinces du pays. Au Pakistan, le conflit dans la province de Khyber-Pakhtunkhwa (KP) et les zones tribales sous administration fédérale (FATA) a conduit à l’une des pires crises de la sécurité qu’a connues ce pays. Des millions de personnes ont été déplacées, ce qui a gravement perturbé leur vie, leurs moyens de subsistance et le fonctionnement des services publics. En janvier 2010, les Administrateurs de la Banque ont approuvé la création d’un fonds fiduciaire multilatéral pour rétablir les infrastructures, les services et les moyens d’existence dans les zones de conflit du KP, des FATA et dans certaines parties de la province du Baloutchistan. Depuis la fin des affrontements en mai 2009, une occasion historique de développement et de réconciliation s’offre au Sri Lanka. La Banque a approuvé un programme d’aide de 77 millions de dollars pour faciliter le retour de 100 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays dans leurs foyers d’origine, dans la Province du Nord, et pour rétablir leurs moyens de subsistance, réduits à néant par trente années de guerre civile. Elle a également accordé un crédit de 105 millions de dollars pour un projet de remise en état des routes provinciales dans l’est, le nord et le sud de la province d’Uva, ainsi qu’un financement de 75 millions de dollars pour la deuxième phase du programme de développement communautaire Gemi Diriya, lequel a permis d’améliorer la vie de près d’un million de Sri-lankais pauvres dans plus d’un millier de villages. Inondations au Pakistan De mi-juillet à septembre 2010, le Pakistan a connu des pluies diluviennes. Selon l’Autorité nationale de gestion des catastrophes, ces précipitations et les inondations ont touché plus de 20 millions de personnes. Pour aider le pays à y faire face, la Banque a alloué 300 millions de dollars au financement des importations vitales et 20 millions de dollars pour la remise en état de grands axes routiers. Après les inondations, la Banque asiatique de développement et la Banque mondiale ont mené une évaluation conjointe des dommages et des besoins. Selon cette dernière, il faut entre 8,7 et 10,9 milliards de dollars pour couvrir les coûts de remise en état et de reconstruction. Appuyer les services d’éducation et de santé Sur l’exercice 2010, la Banque a engagé la somme record de 1,05 milliard de dollars pour faire progresser la scolarisation des enfants en Inde. L’essentiel de ce financement (750 millions de dollars) ira à l’ambitieux programme d’éducation pour tous Sarva Shiksha Abhiyan. Il s’agit du programme le plus étendu et l’un des plus fructueux du monde dans ce domaine. Grâce à lui, davantage d’enfants fréquentent l’école primaire : le nombre d’inscrits est en effet passé de 135 millions en 2003 à 192 millions en 2009. Au Bangladesh, la Banque a accordé 35 millions de dollars supplémentaires pour aider les enfants défavorisés et pauvres qui avaient abandonné l’école à y retourner. Depuis 2004, ce projet (Reaching Out-of-School Children) a permis d’inscrire plus de 500 000 enfants dans plus de 15 000 écoles Ananda (centres d’apprentissage) de 60 upazilas (sous-districts), où la pauvreté est endémique et où les taux de scolarisation sont faibles. Au Népal, la Banque a approuvé un crédit de l’IDA de 130 millions de dollars pour aider le pays à atteindre ses objectifs d’éducation pour tous. La réforme de l’éducation au Népal a produit des résultats encourageants. Le taux d’inscription net dans le primaire est passé de 84 % en 2003 à 92 % en 2009. La parité entre filles et garçons s’est également améliorée, passant de 83 à 98 % sur la même période. L’un des principaux objectifs de la réforme était de confier la gestion des écoles aux collectivités. Depuis 2001, plus de 9 000 écoles ont adopté ce nouveau mode de gestion. La Banque a également débloqué 129,2 millions de dollars supplémentaires pour aider les Népalais pauvres à se procurer les services de santé essentiels dont ils sont privés. Ce projet prévoit l’extension de la couverture et l’application plus systématique de mesures visant à accroître l’accès aux services et leur utilisation par les populations pauvres et mal desservies. Contacts médias : Alison Reeves (202) 473-8955, E-mail: areeves@worldbank.org Gabriela Aguilar (202) 473-6768, E-mail: gaguilar2@worldbank.org |