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YouThink! fiche thématique - Conflits

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Conflits
Combats ou hostilités étendus dans le temps
© Ryan Rayburn | La Banque mondiale

De quoi s’agit-il ?

Que l’on parle de crimes ou violences localisés, de guerre civile ou de guerre entre nations, le conflit peut souvent être identifié à la fois comme une cause et une conséquence de la pauvreté. Des études montrent que les conflits, dans l’ensemble des régions du monde, trouvent leur origine dans la pauvreté, conjuguée au déclin économique et à une dépendance à l’exportation des ressources naturelles.

De nombreux pays particulièrement pauvres se retrouvent piégés dans ce cercle vicieux : la pauvreté engendre des conflits, qui eux-mêmes accroissent la pauvreté.

  • L’institut Heidelberg de recherche sur les conflits internationaux estime à 363 le nombre de conflits dans le monde en 2010, 28 d’entre eux impliquant des violences extrêmes.
  • La perspective d’échapper à cet engrenage de la guerre et de la pauvreté demeure hors d’atteinte pour de nombreux pays en situation d’après-conflit : les estimations indiquent que 40 % des pays sortant d’un conflit sont à nouveau en guerre dix ans plus tard.
  • Parmi les 34 pays accusant le plus grand retard sur les objectifs du Millénaire pour le développement fixés par les Nations Unies, 22 sont ou ont été récemment en conflit.
  • Même en cas d’amélioration rapide après la fin du conflit, il faut parfois compter une génération ou plus avant de retrouver les niveaux de vie enregistrés avant la guerre.

En quoi suis-je concerné(e) ?

Les conflits, notamment les guerres civiles, engloutissent des sommes considérables et sont susceptibles d’avoir d’amples répercussions qui peuvent même se propager aux populations vivant sur un autre continent…

À l’échelle nationale, le coût d’une guerre se fait sentir bien après la fin des affrontements :

  • Bilan humain : le nombre de morts au combat ne représente qu’une partie de la totalité des décès provoqués par un conflit, auxquels viennent aussi s’ajouter les blessés et les souffrances endurées. Les défaillances des services de santé qui découlent de la guerre peuvent en outre entraîner encore plus de morts, y compris parmi les civils. Dans un conflit, près de la moitié des décès sont recensés après la déclaration de l’état de « paix ».
  • Exode et maladie : de nombreux habitants sont contraints de fuir les combats. Les réfugiés contractent souvent des maladies lors de leur exode, qu’ils propagent ensuite lorsqu’ils cherchent refuge à l’étranger.
  • Enfances sacrifiées : plusieurs générations d’enfants et d’adolescents sont privées de la stabilité d’un foyer, d’une enfance équilibrée et d’une instruction convenable. Souvent enrôlés comme combattants, ces jeunes adultes éprouvent de grandes difficultés à construire l’avenir de leur pays une fois la guerre terminée.
  • Mines antipersonnel : les mines abandonnées sur les champs de bataille rendent inutilisables des parcelles entières pendant des années, ce qui entrave la capacité des agriculteurs à produire de la nourriture. Pour de nombreux pays, les coûts associés à la recherche et à l’élimination de ces mines terrestres sont trop élevés.
  • Pauvreté et isolement : les pays en guerre civile se retrouvent souvent prisonniers des conséquences du conflit liées au fardeau que représentent les dépenses militaires, à la fuite des capitaux, à la propagation des maladies infectieuses, à la faiblesse de la croissance et à l’installation d’une pauvreté chronique.

À l’échelle régionale, les pays voisins subissent également les conséquences immédiates et plus tardives du conflit :

  • Réfugiés : l’accueil de réfugiés pèse sur l’économie et les systèmes de santé des pays voisins, souvent eux-mêmes dans des situations économiques précaires.
  • Maladies infectieuses : les réfugiés sont souvent porteurs de maladies telles que le paludisme, le sida ou la tuberculose. Pour chaque millier de réfugiés entrant dans un pays d’accueil, ce dernier enregistrera une hausse d’environ 1 400 nouveaux cas de paludisme.
  • Coût sur l’économie : les investissements moindres et le ralentissement de la croissance économique dans les pays voisins augmentent le risque de voir la guerre civile en déclencher d’autres ou dégénérer en conflit régional.

À l’échelle mondiale, les guerres civiles sont indirectement à l’origine de plusieurs grands défis sociaux :

  • Drogue : près de 95 % de la production de drogue est issue de pays en guerre civile ; il est en effet plus aisé de fabriquer de grandes quantités de drogue en l’absence d’un gouvernement reconnu, comme l’illustrent le cas de la Colombie et celui de l’Afghanistan.
  • VIH/sida et autres maladies : les guerres donnent lieu à de nombreux viols et exodes massifs qui se traduisent par une propagation rapide de l’infection. Des études tendent à montrer que la première vague d’infection par le VIH est étroitement liée à la guerre civile ougandaise de 1979 et aux nombreux viols perpétrés le long de la frontière tanzanienne pendant cette période.
  • Terrorisme international : les territoires dépourvus d’autorité représentent des refuges de choix pour les terroristes cherchant à établir leurs bases ou camps d’entraînement.

Que fait la communauté internationale ?

Considérant le conflit comme l’antithèse du développement, la Banque mondiale s’attache à en empêcher l’apparition.

Sa nouvelle initiative de réponse d’urgence lancée en 2007 a permis de favoriser une mobilisation au niveau de toute l’organisation ainsi qu’un effort particulier en matière de gestion lors de l’émergence de crises internationales. Un bilan après deux ans a démontré l’efficacité de cette nouvelle politique ; en plus d’accélérer l’octroi de prêts d’urgence et de poser les jalons de partenariats clés entre les différents acteurs du développement amenés à collaborer en situation de crise et d’urgence, elle a également permis de renforcer le soutien apporté par Banque mondiale aux équipes-pays sur le terrain.

La communauté internationale travaille actuellement à :

  • accroître et mieux cibler l’aide apportée aux pays à risqueaméliorer la transparence et le contrôle des revenus issus des ressources naturelles
  • assurer le suivi des ressources naturelles de manière à empêcher l’argent de tomber entre les mains des groupes rebelles
  • renforcer le processus de paix et l’assistance dans les pays après la fin du conflit.

De nouvelles réglementations internationales sur le commerce de diamants ont ainsi permis de mettre un terme aux rébellions en Sierra Leone et en Angola, en privant de ressources les groupes rebelles financés par les « diamants de la guerre ».

Les pays développés reconnaissent désormais la corruption des fonctionnaires des pays en développement comme un crime. Cette décision a permis de faire reculer la corruption, qui compte souvent parmi les facteurs déclencheurs d’un conflit.

L’interdiction internationale des mines antipersonnel adoptée en 1997 a déjà permis de diviser le nombre de victimes par deux.La communauté travaille également au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration sociale de quelque 450 000 anciens combattants dans la région des Grands Lacs (Afrique centrale).

Que puis-je faire ?

Intéressez-vous à l’actualité, aux personnes qui vous entourent et à l’histoire afin d’éviter les incompréhensions et de ne pas jeter d’huile sur le feu.

Pour en savoir plus : États fragiles ou en conflit




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