Aperçu- Les systèmes de santé fragiles compromettent les efforts nationaux déployés pour améliorer les secteurs de la santé maternelle et infantile et de la nutrition.
- Au titre de l’exercice 2009, la Banque mondiale a investi plus de 3 milliards de dollars dans le secteur de la santé pour financer principalement des projets visant à renforcer les systèmes de santé.
- 626 millions de dollars ont aidé à améliorer la santé infantile.
- Le mois dernier, le Royaume-Uni et la Norvège ont versé 420 millions de dollars à la Banque pour intensifier ses programmes de financement axés sur les résultats en matière de santé et de réduction des intérêts d’emprunt.
- La Banque a rapidement octroyé une aide aux pays les plus touchés par l’épidémie de grippe A (H1N1).
Vue d’ensemble Dans les pays démunis, les maladies non transmissibles (MNT) et les traumatismes constituent désormais les premières causes de maladie et de décès. Dans les pays moins avancés, et au sein des populations défavorisées des pays à revenu intermédiaire et des économies riches, les MNT touchent et tuent essentiellement les populations actives. Par conséquent, les pays en développement se trouvent désormais confrontés à un « double fardeau de morbidité » qui nécessite l’intensification des actions d’intervention. Des résultats durables en matière de prévention et de lutte contre ces maladies et d’autres pathologies meurtrières telles que le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose, peuvent être obtenus grâce à la mise en place de systèmes de santé permettant d’intervenir efficacement et de travailler en collaboration avec de nombreux autres secteurs. Face à l’apparition de nouvelles maladies infectieuses, telles que la grippe A (H1N1) et la tuberculose multirésistante, ainsi que l’augmentation rapide de la prévalence des maladies respiratoires chroniques et des cancers du poumon et du foie, le renforcement de la capacité des systèmes de santé à détecter et freiner la propagation de ces maladies transmissibles revêt une importance capitale. Outre qu’elles sont source de souffrances et de décès prématurés, les maladies pèsent sur l’économie mondiale. De graves maladies hautement infectieuses, telles que la grippe A (H1N1), perturbent les activités et les échanges commerciaux à court terme. Par ailleurs, les MNT peuvent occasionner des effets insidieux et profonds sur la productivité, particulièrement au sein des populations pauvres. Les maladies chroniques laminent les revenus des ménages sur le long terme. Elles peuvent entraîner la déscolarisation des enfants sur de longues périodes. Elles risquent également d’obliger les personnes chargées de s’occuper d’un malade à renoncer à leur activité professionnelle. Enfin, les maladies chroniques peuvent engendrer le décès prématuré des membres actifs d’une famille. Les problématiques majeures En dépit des progrès réalisés dans le contrôle des maladies transmissibles les plus courantes, le fardeau sanitaire global et le taux mondial de mortalité prématurée évitable vont augmenter ces dix prochaines années. Grâce à des efforts soutenus tant à l’échelle nationale qu’internationale, les décès dus aux maladies infectieuses, maternelles et périnatales, devraient enregistrer un recul de 3 % au cours des dix années à venir. Toutefois, le nombre de malades et de décès prématurés, des suites d’une MNT ou d’un traumatisme, devrait augmenter de 17 % (à savoir beaucoup plus vite que la croissance démographique). Le lien entre la maladie et la pauvreté est bien compris et prouvé, tout comme l’impact d’une population malade sur la productivité et le PIB. Selon certaines estimations, la Russie risque de perdre jusqu’à 5 % de son PIB d’ici 2015 en raison des MNT. Des mesures visant spécifiquement à améliorer la capacité des pays à obtenir de meilleurs résultats en termes de santé, indépendamment des causes primaires, doivent être intégrées au programme général de santé de chaque pays et alignées sur les efforts réalisés dans d’autres domaines ayant une influence sur la santé. L’approvisionnement en eau potable et l’assainissement sont au cœur des stratégies de lutte contre de nombreuses maladies transmissibles. Jusqu’à 80 % des outils conçus pour réduire l’exposition aux MNT sont réglementés et mis en vigueur dans des secteurs autres que celui de la santé. Parmi les principaux exemples figurent le commerce (importations et contrebande de cigarettes), les subventions agricoles pour la production de produits sucriers, les conseils d’administration des établissements scolaires (en mesure de contrôler le régime alimentaire et la pratique d’exercice physique dans les établissements), les ministères des Finances (taxation de produits dangereux pour la santé tels que l’alcool), les réglementations environnementales relatives aux seuils d’émissions par le biais de traités internationaux stricts. Le domaine de la santé peut contribuer de nombreuses manières à mobiliser les autres secteurs (coordination, éducation, recherche, standardisation, sensibilisation, etc.). Les activités de la Banque Outre ses projets ciblant des maladies spécifiques telles que le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme, la Banque constitue le principal investisseur international dans le développement des systèmes de santé. Elle s’engage aussi activement dans la lutte pour réduire les décès dus aux accidents de la route par le biais de ses programmes d’infrastructures routières, dont plusieurs s’attachent à améliorer la sécurité routière. Conformément au souhait de la communauté internationale de suivre les ressources allouées, la Banque a introduit des codes de suivi qui lui permettent de déterminer un système de répartition afin de renforcer les projets ciblant certaines maladies et/ou interventions spécifiques. - La Banque continue de travailler en étroite collaboration avec les gouvernements et ses partenaires pour atteindre de meilleurs résultats en matière de santé en renforçant les systèmes financiers et opérationnels qui permettent aux gouvernements de contrôler et de prévenir les différentes maladies.
- Au titre de l’exercice 2009, l’investissement direct total de la Banque dans le secteur de la santé s’est élevé à plus de 3 milliards de dollars.
- Quelque 593 millions de dollars de ce portefeuille ont été principalement consacrés aux programmes axés sur les maladies transmissibles.
- Plus de 626 millions de dollars ont été alloués aux interventions destinées à améliorer la santé infantile.
- En partenariat avec d’autres agences, la Banque continue de s’atteler au problème de la grippe aviaire et de la grippe A (H1N1) en vue de fournir une assistance technique et financière à l’Argentine, au Mexique et à d’autres pays d’Amérique latine et d’Asie.
Partenariats et activités des bailleurs de fonds La Banque a joué un rôle prépondérant dans divers domaines clés au sein de plusieurs partenariats concernant les maladies transmissibles, dont les initiatives « Faire reculer le paludisme » et « Halte à la tuberculose ». Elle apporte également son soutien au Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) et elle joue un rôle d’observateur aux conseils d’administration du Fonds mondial et de l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI). De plus amples renseignements sont fournis dans les fiches thématiques consacrées aux diverses maladies. De plus, la Banque a rejoint le nouveau Réseau mondial de lutte contre les maladies non transmissibles, dirigé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La Banque est également un partenaire actif de l’initiative IHP+ (Partenariat international pour la santé) et du Forum de haut niveau pour le financement innovant en matière de santé. Des systèmes de santé plus robustes sont indispensables Les systèmes de santé fragiles compromettent la capacité des pays à améliorer et maintenir leurs résultats dans le secteur de la santé. Les progrès effectués en matière de santé maternelle et infantile, tout comme dans le secteur de la nutrition, sont particulièrement lents car ces objectifs de développement pour le Millénaire (ODM), relativement négligés, ne peuvent être atteints sans des systèmes de santé efficaces. Il est désormais admis que des interventions isolées, des financements dispersés ou destinés uniquement aux systèmes de santé ne permettent pas aux pays de fournir les services de base. La Stratégie de la Banque mondiale pour l’amélioration des résultats en matière de santé, nutrition et population (SNP), élaborée en 2007, met l’accent sur le renforcement des systèmes nationaux de santé. Elle insiste également sur la nécessité d’axer davantage les efforts de la Banque sur les résultats du secteur. Cette stratégie vise notamment à améliorer la santé des populations pauvres et leur protection financière en renforçant les systèmes de santé. Depuis l’adoption de cette stratégie en 2007, plusieurs initiatives complémentaires initiées par la communauté internationale ont porté leurs fruits dans ce secteur. Face au besoin urgent d’améliorer la coordination de l’aide au développement dans le domaine de la santé, le Partenariat international pour la santé (IHP+) a été lancé en septembre 2007. Dans la lignée de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide et du Programme d’action d’Accra, la Banque collabore avec des partenaires en vue de fournir un leadership stratégique pour le renforcement des systèmes de santé visant l’amélioration des résultats SNP. L’initiative IHP+ a pour objectif de renforcer les systèmes nationaux de santé et d’améliorer les résultats en mobilisant les pays donateurs et d’autres partenaires de développement autour d’une seule et unique stratégie nationale de santé à l’initiative des pays. Les partenaires de l’IHP+ admettent que cette approche requiert de profonds changements dans les méthodes traditionnellement employées par les bailleurs de fonds et les acteurs du développement. Cette nouvelle approche nécessite une architecture de l’aide simplifiée, une implication accrue de la société civile et une plus grande attention portée à la responsabilité mutuelle, qui dépasse de loin celle des pays partenaires de l’IHP+. À la demande des partenaires de développement, la Banque, conjointement avec l’OMS, coordonne les activités de ce partenariat. En 2008, le Groupe de travail sur le financement international innovant pour les systèmes de santé (Groupe de travail) a vu le jour. Il a pour vocation d’identifier et de promouvoir des mécanismes de financement innovants en vue de combler les déficits financiers qui compromettent la réalisation des ODM relatifs à la santé. Le Groupe de travail a souligné la nécessité de mobiliser annuellement 10 milliards de dollars supplémentaires pour financer des programmes axés sur la santé dans les pays à faible revenu. Afin de mieux employer les ressources existantes et nouvelles, les pays pauvres pourraient se concentrer sur le renforcement des systèmes de santé dans le cadre d’une stratégie nationale de santé. Ceci a pour but d’améliorer la gouvernance et de financer les services supplémentaires qui seront nécessaires pour atteindre les ODM relatifs à la santé. Dans son rapport, le Groupe de travail a présenté diverses alternatives de financements innovants que les pays et d’autres parties prenantes peuvent adopter pour aider à combler les déficits financiers des systèmes de santé. Conformément aux recommandations du Groupe de travail, le Fonds mondial, GAVI Alliance et la Banque s’attèlent actuellement à établir une plateforme commune pour les systèmes de santé. L’objectif est de coordonner, mobiliser, simplifier et canaliser le flux de ressources existantes et de nouveaux fonds internationaux pour soutenir les stratégies nationales de santé. Ces trois institutions ont réalisé des progrès significatifs à cet égard et ont sollicité la participation de professionnels de la santé du monde entier tout au long du processus d’élaboration. Un groupe de travail interinstitutionnel a identifié une liste de principes régissant le travail conjoint de renforcement des systèmes de santé. Il a également suggéré divers moyens d’harmoniser les activités de ces trois institutions dans ce secteur. Les principes clés de cette collaboration incluent notamment : une approche à l’initiative des pays et centrée sur le contexte national, dans le respect des principes de l’initiative IHP+. La branche SNP mène ce travail dans le cadre de notre action(définie dans la stratégie SNP 2007) qui consiste à « améliorer l’approche stratégique et à parvenir à un accord avec les partenaires mondiaux sur une répartition collaborative des tâches dans l’intérêt des pays clients ».
À la fin 2008, un nouveau programme intitulé Systèmes de santé pour les ODM relatifs à la santé a été lancé en vue de financer et de mettre en œuvre en Afrique des programmes cohérents et à l’initiative des pays dans le secteur de la santé, en commençant par les 14 pays partenaires de l’initiative IHP+. Le programme vise à intensifier l’assistance technique apportée sur le terrain et à améliorer la coordination des partenaires pour mieux soutenir les stratégies nationales. La mise sur pied, à Dakar et à Nairobi, de deux centres régionaux consacrés au renforcement des systèmes de santé permettra à la Banque de mieux suivre les opérations SNP sur le terrain, et ce dans les plus brefs délais. Il s’agit notamment de fournir un appui dans les domaines suivants : finances et mécanismes de mise en commun des risques dans le secteur de la santé, ressources humaines dans les établissements de santé, gouvernance, gestion des chaînes d’approvisionnement et planification des infrastructures.
Contact presse : Phil Hay, (202) 473-1796, phay@worldbank.org Dernière mise à jour : septembre 2009 |