Les pays en développement face à une triple crise alimentaire, énergétique et financière

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  • Les pays en développement font face à une triple crise alimentaire, énergétique et financière
  • 44 millions de personnes supplémentaires risquent de souffrir de malnutrition
  • Un nouveau « réseau multilatéral » nécessaire pour une nouvelle économie mondiale

8 octobre 2008 - Les pays en développement sont confrontés à l’irruption soudaine d’une triple crise affectant à la fois les secteurs alimentaire, énergétique et financier. C’est dans ce contexte que les ministres des Finances et du Développement se réuniront, le 13 octobre prochain, dans le cadre des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.

Selon Robert B. Zoellick, le président de la Banque mondiale, les pays déjà victimes de l’envolée des prix alimentaires et des carburants risquent maintenant de voir également leurs exportations, échanges commerciaux et taux d’investissement décliner en raison de la mondialisation des troubles financiers.

« Tandis que l’on se focalise dans les pays développés sur la crise financière, beaucoup oublient qu’une crise humaine se dessine rapidement sous nos yeux dans les pays en développement. Elle accule aujourd’hui les populations pauvres aux limites de la survie » a déclaré à ce sujet le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick.

« Avec la crise financière, il sera plus difficile encore pour les pays en développement de protéger leurs habitants les plus vulnérables face à la hausse des coûts énergétiques et alimentaires. »

Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, le nombre de personnes qui souffrent de malnutrition dans le monde augmentera de 44 millions en 2008 et atteindra 967 millions, suite à l’inflation à deux chiffres des denrées alimentaires qu’ont connue plusieurs pays.

Ce rapport, intitulé «Rising Food and Fuel Prices: Addressing the Risks to Future Generations» ("Flambée des prix alimentaires et des carburants : Écarter les menaces qui pèsent sur les générations futures"), fait partie d’une série de documents publiés juste avant la tenue des Assemblées annuelles. Il décrit la nouvelle donne économique succédant à des années de croissance régulière et de réduction de la pauvreté à l'échelle mondiale.

Que fait la Banque mondiale face à la crise alimentaire ?

Le Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP) a approuvé et commencé à décaisser, en date du 2 octobre 2008, 188 millions de dollars pour financer des projets dans 19 pays. Ces initiatives ont pour but de fournir une alimentation aux enfants de milieux défavorisés ainsi qu’à d’autres catégories de population vulnérables, ou de donner des compléments nutritionnels pour les femmes enceintes, les mères allaitantes, les nourrissons et les enfants en bas âge. Il s’agit également de faire face au surcroît de dépenses lié aux importations de produits alimentaires et d’acheter des semences pour la nouvelle saison de semailles.

GFPR octroie 130 millions de dollars au Bangladesh et 200 millions aux Philippines pour aider ces pays à faire face à la crise alimentaire.

En plus des fonds concédés dans le cadre de ce programme, l’IDA, organe de la Banque mondiale, approuve l’octroi de 90 millions de dollars pour financer des projets alimentaires au Ghana, Burkina Faso, Érythrée, Malawi, Burundi, Togo et Madagascar.

La Banque mondiale augmente son niveau global de prêts dans le domaine agricole, pour le porter à 6 milliards de dollars dans l’année qui vient.

Pour en savoir plus sur la crise alimentaire

« Les événements survenus cette année sont un rappel à la réalité » a souligné M. Zoellick lors d’un discours préliminaire prononcé le 6 octobre. « L'architecture internationale conçue pour faire face à ces situations est en train de céder. »

Selon M. Zoellick, le monde a besoin « d'un nouveau réseau multilatéral pour une nouvelle économie mondiale » avec un groupe de coordination qui réunirait les pays actuellement membres du G7 et les puissances émergentes (à savoir le Brésil, la Chine, l’Inde, le Mexique, la Russie, l’Arabie saoudite et l’Afrique du Sud).

Les récents événements pourraient conduire les pays en développement à « un seuil critique »

M. Zoellick a averti que les troubles financiers du mois de septembre, à l’origine de l'effondrement ou du grave ébranlement de grandes banques, pourraient « conduire les pays en développement à un seuil critique ».

« La dure réalité est que les pays en développement doivent se préparer à une chute des échanges, des apports de capitaux, des envois de fonds des travailleurs émigrés et des investissements domestiques, ainsi qu’à un ralentissement de la croissance » a-t-il déclaré.

Durant les premiers mois de cette année, la flambée des prix alimentaires et des carburants, conjuguée à la pénurie alimentaire, a frappé de plein fouet plusieurs pays conduisant à des émeutes, des souffrances et des problèmes de malnutrition.

En réponse à cette situation, la Banque mondiale a mis en place un mécanisme de financement rapide de 1,2 milliard de dollars et a lancé un appel en faveur d’une nouvelle entente pour une politique alimentaire mondiale (New Deal for a Global Food Policy) visant à promouvoir le développement agricole et la sécurité alimentaire en Afrique.
Le Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale de la Banque mondiale a investi, en date du 2 octobre, 188 millions de dollars afin de financer des projets dans 19 pays. 663 millions de dollars supplémentaires sont déjà assignés à 13 autres pays.

Toutefois, M. Zoellick a affirmé que le système d'aide internationale ne parvient pas à suivre le rythme des besoins qui ne cessent d'augmenter. Le G7 dans son ensemble est loin d'avoir honoré l’engagement qu'il avait pris en matière d’aide au développement lors du Sommet de Gleneagles en 2005.

Il a déclaré qu'un nouveau multilatéralisme devait contribuer à l’émergence d’un nouveau sens des responsabilités communes en matière de politique économique mondiale, concernant notamment le changement climatique (un des principaux sujets discussion des prochaines Assemblées annuelles) et la stabilisation des États fragiles et sortant d'un conflit.(Voir l’article consacré au travail de la Banque mondiale dans les États fragiles.)

« Nous avons besoin d’un tel mécanisme pour que les pays en situation d’échec ne soient plus abandonnés à leur sort, avec toutes les conséquences que cela comporte aux plans humain, économique et politique, pour eux-mêmes et pour leurs voisins. Nous en avons besoin pour pouvoir anticiper les problèmes mondiaux, et non pas seulement pour remettre les choses en ordre après coup. Nous en avons besoin pour cultiver l’habitude du dialogue et les relations de confiance qui doivent être établies avant que la crise n’éclate. Nous en avons besoin pour forger des solutions multilatérales. » a déclaré M. Zoellick.

Pour en savoir plus sur les Assemblées annuelles, veuillez consulter le centre presse (a).

 

 


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