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Une étude présente des éléments clés pour réussir la lutte contre la pauvreté

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WASHINGTON, le 3 novembre 2005 -   D’après un nouveau rapport de la Banque mondiale, plusieurs facteurs sont requis pour réduire la pauvreté sur une plus grande échelle, notamment le leadership et l’engagement, l’innovation institutionnelle, la faculté d’apprendre et d’expérimenter, mais aussi des catalyseurs externes, tels que l’aide des bailleurs de fonds voire, parfois, les chocs économiques.

 

Le rapport Reducing Poverty on a Global Scale: Learning and Innovating for Development s’inspire de plus de 100 études de cas sur la réduction de la pauvreté dans le monde préparées pour le Processus de transfert mondial des savoirs et la Conférence de Shanghai sur l’intensification de la lutte contre la pauvreté, qui a eu lieu en 2004. Les analystes de la Banque mondiale ont recensé les principaux facteurs favorisant ou entravant la réduction de la pauvreté sur une plus grande échelle, et l’incidence de ces processus sur la Banque mondiale et les activités des donateurs.

« Nous devons apprendre comment reproduire à plus grande échelle les initiatives couronnées de succès de façon à véritablement avoir un impact sur la pauvreté, et réaliser les objectifs de développement pour le Millénaire, a déclaré Jim Wolfensohn, ancien Président de la Banque mondiale et actuel envoyé spécial du Quartet pour le désengagement de Gaza. Les difficultés qui nous attendent sont beaucoup trop grandes. Nous avons besoin non pas de 100, mais de 10 000 écoles ; non pas de 10, mais de 5 000 ponts. Nous ne devons atteindre non pas seulement un millier de personnes, mais des millions et des milliards. »

 

Tout un chapitre du rapport est consacré à l’expérience de la Chine en matière de croissance économique et de lutte contre la pauvreté. En vingt-cinq ans, la Chine est parvenue à réduire son niveau de pauvreté plus rapidement et dans des proportions plus importantes que cela n’a jamais été fait dans toute l’histoire de l’humanité.

 

« Le processus de transfert mondial des savoirs s’est basé sur les études de cas pour voir comment un vaste éventail de pays ont intensifié leurs mesures de lutte contre la pauvreté, dit Frannie Léautier, Vice-président de l’Institut de la Banque mondiale. Les études ont porté  sur des programmes, des projets et des pratiques réussis, qui   illustrent ce qui marche sur le terrain, dans des contextes divers. Le processus de transfert des savoirs était unique en ce sens qu’il a privilégié le partage sud-sud du savoir ».

 

Le rapport analyse plus particulièrement les cas du Chili, du Costa Rica, du Salvador, de l’Ouganda et de la Corée. Les secteurs couvrent l’infrastructure, la réforme du système judiciaire, la microfinance, la santé, l’éducation et le développement de proximité. Le rapport contient des informations précises sur la manière dont des solutions ont été trouvées en appliquant une méthode empirique et en rendant compte avec rigueur des évaluations d’impact. Les exemples vont des routes rurales au Maroc, à l’adaptation du système judiciaire traditionnel au Rwanda, en passant par les PME et le programme de prêt aux microentreprises au Kazakhstan.

 

Le rapport conclut que même si les progrès sont peut-être dus à des mesures multidimensionnelles appliquées par plus d’un acteur, réduire la pauvreté dans un pays ne pourra se faire, semble-t-il, sans une croissance macroéconomique continue et partagée.

 

Le rapport souligne aussi que des évaluations rigoureuses de l’impact peuvent servir de base à l’intensification des efforts de réduction de la pauvreté dans le monde en développement. L’évaluation du programme Oportunidades (auparavant appelé Progresa) au Mexique, par exemple, a montré que le taux de scolarisation et les années d’étude avaient augmenté, amenant ainsi les autorités mexicaines à financer et même étendre le programme en dépit des changements politiques.

 

« Le processus de transfert des savoirs de Shanghai était une première étape importante, mais la communauté de développement doit renforcer encore plus ses capacités de collecte et d’échange des modèles et processus de réforme offrant des chances de succès, déclare Blanca Moreno-Dodson, sous la direction de qui le rapport a été publié. Il nous faut davantage d’analyses et de données sur les initiatives locales qui doivent par ailleurs être plus largement diffusées, et cela est particulièrement vrai lorsque ces initiatives sont conçues et appliquées en dehors du secteur structuré et des voies d’investissement officielles. »

 

Pour la Banque mondiale et la communauté des bailleurs de fonds, le rapport souligne que l’adhésion du pays, le renforcement des capacités, la gestion axée sur les résultats, l’alignement et l’harmonisation des actions des donateurs, sont des éléments essentiels de succès.

 

« Parmi les nombreuses contributions notables à mettre au crédit de mon illustre prédécesseur, Jim Wolfensohn, l’importance accordée au partage de l’information et au savoir est fondamentale pour promouvoir le changement et le renforcement des capacités, sans lesquels un véritable développement ne pourrait avoir lieu, a déclaré M. Paul Wolfowitz, Président de la Banque mondiale. Je félicite Jim pour son rôle de premier plan en la matière ainsi que l’équipe de l’Institut de la Banque mondiale pour tout le travail et les progrès accomplis dans ce domaine. »

 

Quelques messages clés figurant dans l’étude :

 

Au niveau national

 

Aucun pays n’a réduit la pauvreté sans s’attaquer aux déséquilibres macroéconomiques et créer des bases solides de croissance ; tous ont appliqué simultanément des mesures en faveur des populations démunies.

 

Au Chili, le train des réformes des années 90 combinait des politiques macroéconomiques classiques et des mesures sociales progressistes.

En Ouganda, les réformes se sont accompagnées d’une forte volonté politique visant à favoriser non seulement la croissance mais aussi les projets sociaux, quand la croissance toute seule s’est avérée insuffisante à réduire la pauvreté.

 

Les pays ayant réduit leur pauvreté sur une plus grande échelle ont pu également créer et maintenir des institutions bien gérées ainsi qu’un environnement propice à l’échange des savoirs et à l’adaptation, permettant ainsi de renverser la tendance en cours de route.

 

Au Costa Rica et en El Salvador, la démarche a consisté à décentraliser la prestation de services de santé et d’éducation tout en renforçant les responsabilités du secteur public dans le domaine de l’action politique et de la réglementation. Dans les deux pays, l’aspect novateur crucial des mesures qui ont été prises a consisté à faire appel à des ressources privées, dans un domaine longtemps dominé par l’État.

 

La capacité d’adaptation –aussi bien aux crises, qu’aux stimulants technologiques ou à un choc externe– est un autre élément clé : capacité d’innover, d’adapter les institutions, de tirer parti de l’expérience et de faire des facteurs externes les agents d’un changement positif.

 

En Indonésie, les difficultés économiques ont été mises à profit pour mettre en place de bonnes politiques. Le pays s’est fixé comme objectif de promouvoir la stabilité macroéconomique tout en organisant le système éducatif rural de façon à favoriser les technologies à l’appui de la révolution verte visant à augmenter la production de riz.

 

L’engagement et le leadership ont été des facteurs essentiels de succès : comment former des responsables, comment ceux-ci s’y prennent-ils pour forger des coalitions en vue de favoriser le changement ; pour déterminer par où commencer et dans quel ordre exécuter les réformes et pour garantir la continuité des réformes et de leur mise en œuvre.

 

En Corée, l’engagement en faveur du développement économique était très élevé et s’accompagnait de la perception très nette que les politiques annoncées seraient effectivement appliquées.

 

Au niveau sectoriel

 

Le rapport évalue aussi toute une gamme de cas sectoriels ou thématiques, en détaillant abondamment les procédés mis à l’essai, la façon dont des solutions ont été trouvées et dont les systèmes d’évaluation et de suivi ont été utilisés par les équipes de projet et de programme pour améliorer les résultats. Les questions liées au financement national et externe sont également abordées, de même que le rôle joué par des catalyseurs externes, que ceux–ci se manifestent sous la forme d’un partage des connaissances, d’idées et d’un appui technique, ou par le biais d’accords de partenariats et de coopération.

 

Quelques enseignements tirés de l’étude :

 

Le projet de routes rurales au Maroc révèle l’importance de deux facteurs importants : privilégier l’accessibilité par rapport au nombre de routes construites et favoriser la participation des autorités locales.

Au Rwanda, les responsables politiques et les membres du pouvoir exécutif ont encouragé l’utilisation des dispositifs judiciaires traditionnels et les ont adaptés à des situations très explosives pour venir à bout des tristes séquelles d’un conflit ethnique.

Au Kazakhstan, des unités chargées de l’aide aux microentreprises ont été créées au sein des banques commerciales et un solide programme de prêt a été mis en place pour les petites et moyennes entreprises.

L’exemple du VIH/SIDA à Manipur, en Inde, montre comment, grâce à des essais adaptés au cas par cas, on a pu découvrir la meilleure façon de fournir des traitements et d’assurer la prévention.

En Égypte, le gouvernement a axé la priorité sur les investissements dans le domaine de l’éducation, en mettant l’accent sur l’amélioration de la qualité des écoles ce qui, d’après les recherches, a eu un impact tout particulier sur la scolarisation des filles et leur taux de rétention au sein des établissements scolaires.

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