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Les entreprises malgaches s’unissent pour lutter contre le VIH/SIDA

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ANTANANARIVO, 1er Décembre 2008 – La Coalition d'Entreprises Citoyennes de Madagascar (CECM) regroupe une quinzaine d’entreprises décidées à Å“uvrer pour lutter contre trois maladies : le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. La Coalition travaille en partenariat avec le Secrétariat exécutif du CNLS, une structure mise en place par le Gouvernement malgache avec un soutien financier de la Banque Mondiale. Le programme multisectoriel ACTAFRICA mis en place par la Banque Mondiale pour exécuter sa stratégie de lutte contre le VIH/SIDA collabore également avec le CECM. A l’occasion de la Journée Mondiale de lutte contre le Sida, Nathalie Ratsimbazafy qui assure actuellement la Présidence de CECM, décrit le travail de la coalition et la nécessité de sensibiliser à la lutte contre le VIH/SIDA dans le milieu du travail.

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots la Coalition d'Entreprises Citoyennes de Madagascar ?

Nathalie Ratsimbazafy (NR) :Pour situer un peu le contexte de sa création, il faut savoir que depuis 2005, une quinzaine d'entreprises se réunissent trimestriellement pour un partage d'expérience en matière de lutte contre le VIH / SIDA. Avec l'appui du CNLS, ces entreprises ont décidé en mai 2008 d'officialiser l'association. Celle-ci porte le nom de Coalition d'Entreprises Citoyennes de Madagascar ou CECM. Au départ, on ne parlait que du VIH et du SIDA. Toutefois, les entreprises membres ont souhaité que soient également pris en compte la Tuberculose et le Paludisme, car ces maladies sont malheureusement des réalités très présentes à Madagascar. Nous considérons que la lutte contre ces maladies dans ces domaines dépasse le seul cadre de la santé, mais représente un véritable objectif de développement.

De quels secteurs d'activités proviennent ces entreprises ?

NR : Ces entreprises proviennent de multiples secteurs. On a des entreprises franches qui opèrent dans le textile (Epsilon, PGM), des entreprises dans les BTP (Colas), les opérateurs de téléphonie (Zain, Telma, Orange), les sociétés de distribution pétrolière (Shell et Galana), mais aussi des entreprises opérant dans d'autres domaines comme les boissons (les brasseries Star), l’hôtellerie (SiceH) ou le tabac (Imperial tobacco). Des organismes Å“uvrant dans le domaine de la santé d'entreprise comme l'Amit, l'Ostie ou Esia sont également des nôtres. L’ensemble représente en moyenne un total de 10 000 employés

Concrètement, qu'est-ce que vous comptez effectuer comme activités ?

NR : La CECM propose un paquet de services à l'endroit des entreprises. En effet, une entreprise peut avoir la volonté d'intégrer la lutte contre le VIH / SIDA, la Tuberculose et le Paludisme dans son volet social, mais sans savoir comment procéder. En ce cas, la CECM l'accompagnera, depuis l'élaboration jusqu’à la mise en Å“uvre de sa politique de lutte contre ces maladies. Par exemple, elle va la doter de supports IEC, l'aider dans la  formation d'Educateurs Pairs, dans la réalisation d'enquêtes de Connaissance-Attitude-Pratique (CAP), de dépistage... On a également le cas des entreprises dont les dirigeants ne se sentent pas concernés par la lutte, alors que les employés ou une partie souhaitent que soit faite une sensibilisation dans leur entreprise. La CECM se chargera alors de faire un plaidoyer auprès de ces dirigeants d'entreprises pour qu'ils puissent permettre la mise en Å“uvre du programme. Il convient de souligner qu'en intégrant la CECM, les coûts liés à la mise en Å“uvre de programmes seront partagés, ce qui est de loin bien plus intéressant pour les entreprises membres que de développer un programme individuellement.

De quels partenariats bénéficiez-vous ?

NR : Notre principal partenaire est le Secrétariat Exécutif du Comité national de lutte contre le Sida (SE.CNLS), qui est la structure de coordination nationale de lutte contre le VIH/Sida, et qui est appuyé par la Banque mondiale et d’autres partenaires. L’organisme allemand GTZ nous a également fortement soutenu depuis le début du projet. Grace à eux et bien que toute jeune, la CECM a déjà eu l'occasion de participer à divers séminaires internationaux qui sont très importants pour le partage d'expérience et le renforcement des capacités. Ainsi, alors qu’elle était encore au stade informel, la CECM a été invitée à la Consultation auprès des intervenants du VIH/Sida de la Région Afrique en mai 2007 à Kigali, conférence organisée par ACTAFRICA. Un an plus tard, cette réunion annuelle a eu lieu à Madagascar, et des entreprises de la CECM ont été visitées pour donner un aperçu de ce qui se fait dans les entreprises malgaches en matière de lutte contre le VIH / SIDA. Il faut noter que la CECM est membre de la Pan African Business Coalition (PABC) qui est la confédération des coalitions d'Afrique, plate-forme de partage d'expérience entre coalitions africaines qui permet de développer des partenariats techniques et financiers avec les bailleurs.

Quelles sont vos perspectives pour 2009 ?

NR : Le Coordinateur Technique venant d'intégrer notre équipe, nous sommes à la finalisation de notre mise en place. 2008 a été l'année de la création, 2009 sera celle du début de la mise en Å“uvre de notre plan d'action. Nous voulons avant tout conscientiser les entreprises de la nécessité d'intégrer la lutte contre ces maladies dans leur volet social. Il ne s'agit pas forcément de développer un programme coûteux et lourd à gérer, il faut privilégier des petites actions qui ont un impact direct sur la population cible.

Par rapport aux autres secteurs, le secteur privé est un peu en retard en matière de lutte contre le VIH / SIDA. La CECM souhaite ainsi jouer un rôle moteur dans la mobilisation du secteur privé dans la lutte contre ces maladies. Nous voulons également développer des partenariats avec les parties prenantes, car il est entendu que nous ne pouvons pas travailler dans notre coin.

Une dernière question personnelle, en tant que responsable des ressources humaines d’une entreprise franche de 1150 employés, qu'est-ce qui vous motive à intégrer la lutte contre le VIH/SIDA dans vos activités ?

NR : Le cas d'Epsilon est un peu particulier du fait que c'est notre Direction générale qui s'est rapprochée du SE.CNLS et de la GTZ pour développer un programme. Un plaidoyer n'a donc pas été nécessaire et je souligne que notre Direction générale appuie toutes nos activités, ce qui facilite énormément notre travail. En tant que responsable des ressources humaines, la raison qui me motive à développer un programme est liée au fait que notre population est jeune (moyenne d'âge de 33 ans) et donc active. En outre, nos employés sont composés à 80% de femmes, qui sont plus vulnérables par rapport aux hommes.
Enfin, nos rapports médicaux font état de quelques 5 à 7 nouveaux cas d'IST par mois, ce qui peut représenter un risque quand on sait qu'une IST mal soignée est une porte d'entrée pour le VIH, d'où la nécessité de sensibiliser le personnel, qui se trouve être demandeur d'informations.




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