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La Banque mondiale plaide pour un relèvement des investissements destinés au secteur rural afin de réduire la pauvreté en Amérique latine et dans les Caraïbes.

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Press Release No:2005/321/LAC
Communiqué de presse N°.2005/321/LAC Contacts médias

-Alejandro Viveros (202) – 473-4306

Aviveros@worldbank.org

Lee Morrison (202)-458-8741

Lmorrison@worldbank.org

 

Washington, 14 février 2005- «Les pays de l’Amérique latine et des Caraïbes (LAC) doivent investir davantage dans le secteur rural dont la contribution au développement national est deux fois plus important que les chiffres officiels avancés», révèle un rapport de la Banque mondiale, publié aujourd’hui.

 

Beyond the City: The rural contribution to Development (Au-delà de la ville: la contribution du secteur rural au développement), est la principale étude publiée cette année par la Banque mondiale sur l’Amérique Latine et les Caraïbes. Elle est le produit d’une équipe de chercheurs, dirigée par M. Guillermo Perry. Ce document évalue le rôle du secteur rural dans la croissance de l’économie, la réduction de la pauvreté et la dégradation de l’environnement tant en milieu rural qu’ailleurs. L’étude identifie les politiques publiques à même d’améliorer la contribution du secteur rural au développement national des pays concernés.

 

«La contribution du secteur rural au développement des pays latino-américains et caribéens est plus importante que ce que nous croyions», affirme Guillermo Perry, Chef économiste de la Banque mondiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes et co–auteur de l’étude. «La majorité des pays de la région n’arrivent pas à formuler une politique bien adaptée à l’espace rural, que ce soit dans une perspective de croissance ou de réduction de la pauvreté», poursuit-il.

 

Selon cette étude, les activités liées aux ressources naturelles rurales ne représentent que 12% du PIB régional. Mais ce pourcentage cache leur impact réel sur la croissance économique et la réduction de la pauvreté qui est beaucoup plus important. Elles ont, en effet, de multiples interactions avec d’autres activités économiques et contribuent de façon majeure aux exportations. Et ceci se mesure : 1% de croissance dans le secteur rural entraîne une augmentation de 0,22% du PIB et relève de 0,28% les revenus des familles les plus pauvres, soit près de deux fois plus que les 0,12% qu’on aurait attendu de leur part dans le PIB.

 

Si on applique les critères de «ruralité» del’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’étude démontre que les communautés rurales représentent 42% de l’ensemble de la population de la région, pratiquement le double du chiffre officiel (24%). Cette situation prouve que les problèmes ruraux, notamment la pauvreté, ont été largement sous-estimés. Il faut donc que les politiques publiques leur consacrent beaucoup plus d’attention qu’elles ne l’ont fait jusqu’ici.

 

«La contribution du secteur rural au développement de la région a été affectée par le niveau insuffisant des investissements en services publics», explique M. Daniel Lederman, économiste principal de la Banque mondiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes et co–auteur du rapport. «Les communautés rurales connaissent une pauvreté généralisée et n’ont pas accès aux services publics, aux marchés privés et aux infrastructures dont elles ont besoin pour donner la pleine mesure de leurs potentialités », ajoute-t-il.

 

De source officielle, près de 65 millions de personnes pauvres de la région LAC vivent en campagne, soit 37% environ des populations pauvres. Dans certains pays comme la Bolivie, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua, le Paraguay et le Pérou, la pauvreté affecte près de 70% des populations rurales contre 35% environ au Mexique.

 

Il ressort également de l’étude que les dépenses publiques ont tendance à favoriser les activités urbaines au détriment des activités rurales, et que les investissements publics en faveur des exploitations agricoles sont nettement inférieurs à leur contribution au développement. Mais le vrai problème. Explique le rapport, est la composition des dépenses en faveur du monde rural. Une grande partie de l’investissement public dans ce secteur prend la forme de subventions à certains groupes de producteurs plutôt que pour l’acquisition de biens collectifs (éducation rurale, santé, protection sociale, infrastructures rurales, recherche et développement, protection environnementale et programmes ciblés de lutte contre la pauvreté).

 

En ce qui concerne le  commerce, Beyond the City: The rural contribution to Development affirme que plus de libéralisation et un meilleur accès au marché international (réduction des barrières frontalières) pour les produits agricoles apporteraient de nombreux avantages aux pays LAC. Par contre, l’impact d’une réduction des subventions aux producteurs des pays industrialisés ne serait pas le même dans tous les pays : cette réduction des subventions aux producteurs des pays riches favorisera les exportateurs agricoles nets mais risquera de pénaliser les pays importateurs à cause de prix plus élevés pratiqués par les producteurs des pays riches en réponse à la réduction des subventions. Les pays importateurs se verraient ainsi contraints de réduire les taxes qu’ils imposent sur ces produits importés afin de ne pas affecter le pouvoir d’achat des consommateurs pauvres.

 

L’étude conclut que les pays doivent mettre en place des programmes d’appui aux petits producteurs nationaux par la restructuration des secteurs d’importation non compétitifs, même dans le contexte d’une réduction des subventions dans les pays riches. Ces programmes devraient prévoir un transfert provisoire des ressources, un appui technique et un meilleur accès au crédit et aux services publics.

 

«Le défi pour l’Amérique latine et les Caraïbes, est d’arriver à tirer profit des secteurs agricoles les plus dynamiques tout en aidant les secteurs plus vulnérables avec des programmes de restructuration et de lutte contre la pauvreté», explique Perry.

 

L’étude insiste également sur la nécessité d’une meilleure intégration des politiques régionales et sectorielles. La pauvreté n’est pas seulement liée à l’agriculture, elle a aussi une dimension géographique. Il y a des régions particulièrement pauvres : le Nord du Mexique, le Nord-est du Brésil ou la Côte caribéenne de la Colombie. De plus, il ne faut pas oublier que près de la moitié des revenus des communautés rurales dans la région proviennent d’activités non agricoles.

 

Selon le rapport, la réduction de la pauvreté dans les régions marginalisées ne sera effective que si les gouvernements (locaux et centraux) travaillent avec les communautés locales pour identifier des opportunités économiques et les contraintes à leur développement et s’efforcent de trouver le juste milieu entre les besoins locaux et les intérêts nationaux. Dans ce contexte, on envisagera dans certains cas de valoriser des services publics environnementaux et de concevoir des stratégies efficaces et novatrices pour faire payer ces services par les communautés nationales et internationales.





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