En bref - Les pays les plus pauvres seront les premières et les principales victimes des conséquences du changement climatique, qui menace de saper les résultats de longues années d’efforts dans la lutte contre la pauvreté.
- Il est possible de forger un monde « intelligent face au climat », ce qui signifie mettre en place des politiques, des programmes et des projets qui réduisent ou éliminent les émissions de gaz à effet de serre (GES) et aider les pays en développement qui sont exposés au changement climatique à se préparer à ses effets inévitables. Les pays en développement apportent aujourd’hui la preuve qu’il est possible de passer d’un état de vulnérabilité au changement climatique à celui de résilience, tout en assurant la croissance de leur économie en même temps.
- Sur la totalité des pays avec lesquels l’institution travaille, quatre sur cinq ont placé le changement climatique au premier rang de leurs priorités de réduction de la pauvreté. Environ 90 % des stratégies de partenariat et d’aide-pays élaborées par la Banque mettent l’accent sur l’action climatique.
- Le prochain Sommet des Nations Unies sur le changement climatique, qui se tiendra en décembre à Durban (Afrique du Sud), va mettre l’accent sur les défis et les opportunités pour le continent africain. Parmi les questions de premier plan qui seront à l’ordre du jour figurent l’accès à l’énergie, les marchés du carbone et l’eau, ainsi que les programmes de promotion d’une agriculture « intelligente » qui permette à la fois d’obtenir de meilleurs rendements agricoles et des revenus plus élevés pour les agriculteurs et de produire des effets favorables sur le climat en réduisant les émissions de GES.
Le changement climatique au premier plan des opérations de la Banque Le changement climatique figure désormais au premier plan de la réflexion et des opérations de la Banque. La Région Amérique latine et Caraïbes a, par exemple, un portefeuille comptant plus de 180 projets pilotés par les pays et ayant des retombées à la fois sur l'adaptation aux changements climatiques et sur l'atténuation de ses effets, pour un financement total de 7,3 milliards de dollars. De même, mettre le développement à l'abri du climat constitue aujourd'hui une priorité en Afrique subsaharienne. Qu'il s'agisse de contrer le risque de sécheresse en Éthiopie — 175 millions de dollars apportés par l'Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres — ou de l'aménagement des bassins versants au Kenya et au Malawi (75,5 millions de dollars au total), l'Afrique s'engage de plus en plus pour relever les défis que le changement climatique impose au développement. Les fonds d'investissement climatiques Durant l’exercice 2011, la Banque a intensifié ses opérations et la mise en œuvre des projets menés en partenariat avec d’autres banques multilatérales de développement dans le cadre des Fonds d’investissement climatiques (FIC). Dotés de 6,5 milliards de dollars, les FIC sont composés de deux fonds : le Fonds pour les technologies propres (FTP, 4,5 milliards de dollars) et le Fonds climatique d’investissement stratégique (SCF, 2 milliards de dollars). Les comités des fonds fiduciaires correspondants ont affecté 1,7 milliard de dollars à de nouveaux projets qui appuient les efforts engagés par les pays en développement pour s’adapter au changement climatique et en atténuer les effets. Les financements du FTP donnent lieu à la mobilisation d’environ 36 milliards de dollars d’investissements. Avec l’appui du FTP, 14 pays à revenu intermédiaire (Afrique du Sud, Algérie, Égypte, Indonésie, Jordanie, Kazakhstan, Maroc, Mexique, Philippines, Thaïlande, Tunisie, Turquie, Ukraine et Viet Nam) prévoient un rééquilibrage radical de leur bouquet énergétique, axé sur l’investissement à grande échelle dans les énergies renouvelables. Par ailleurs, des plans d’investissement stratégique ont été approuvés pour un total de quelque 700 millions de dollars dans le cadre du Programme pilote de protection contre les chocs climatiques (PPCR), qui relève du SCF. Les projets et programmes viseront à s’attaquer à l’impact du changement et de la variabilité climatiques en intégrant l’adaptation au changement climatique dans les activités de développement. Toujours dans le cadre du SCF, le Programme d'investissement forestier (FIP) a approuvé deux nouveaux plans d’investissement pour le Burkina Faso et la République démocratique du Congo, totalisant 90 millions de dollars de dons. Avec l’appui du Programme de valorisation à grande échelle des énergies renouvelables dans les pays à faible revenu (SREP), l’Éthiopie, le Honduras, le Kenya, les Maldives, le Mali et le Népal ont fait connaître leur intention d’investir dans des services fondés sur les énergies renouvelables afin de donner à leurs citoyens un meilleur accès à une énergie propre.
Financement du carbone et innovation sur les marchés La Banque administre actuellement 12 fonds carbone ou dispositifs équivalents destinés à appuyer des mesures d’atténuation du changement climatique par l’achat de réductions d’émissions — deux nouveaux mécanismes sont en particulier tournés au-delà de la première période d’engagement du Protocole de Kyoto, qui s’achève le 31 décembre 2012. L’ensemble de ces dispositifs est constitué de 2,7 milliards de dollars, dont une somme de 1,9 milliard de dollars a été engagée. Selon les estimations, les 174 projets en cours d’exécution devraient réduire les émissions de quelque 220 millions de tonnes de dioxyde de carbone (ou une quantité équivalente d’autres gaz à effet de serre). La Banque mondiale continue d’expérimenter des approches novatrices et d’explorer de nouvelles voies afin d’élargir le champ d’application de la finance carbone et de renforcer son impact sur le développement. Ainsi, le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions dues à la déforestation (FCPF) a pour objet d’aider les pays en développement à réduire les émissions provenant du déboisement et de la dégradation des forêts. Avec plus de 447 millions de dollars déjà engagés ou promis à ces activités, le FCPF englobe 37 pays participants (dits « pays REDD »), et des dons ont déjà été affectés à 19 d’entre eux. Le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone (CPF), créé en mai 2010, a pour vocation de développer l’utilisation du marché carbone pour accélérer les activités d’atténuation après 2012 ; il a déjà alloué 143,5 millions d’euros. Le nouveau Partenariat pour le développement des marchés du carbone viendra appuyer l’innovation dans le domaine des instruments fondés sur le jeu du marché dans des pays en développement tels que la Chine, le Chili, la Colombie, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, l’Ukraine et d’autres. Ce nouveau mécanisme — dont l’actuel budget de 70 millions de dollars devrait passer à 100 millions de dollars — fournira un appui technique à ces pays et en tirera des enseignements pratiques pour ceux qui intégreront le partenariat à leur suite. Enfin, le département de la trésorerie de la Banque mondiale appuie le développement de flux financiers innovants pour des investissements « intelligents » au plan climatique, à travers les fonds qu’il lève sur les marchés des capitaux. Depuis novembre 2008, la Banque a émis 2 milliards d’obligations vertes par le biais d’environ 41opérations et dans 16 devises différentes afin de soutenir les activités d’adaptation et d’atténuation menées dans ses pays clients. Réduire notre propre empreinte carbone La Banque mondiale est devenue en 2006 la première banque de développement multilatérale à afficher un bilan carbone neutre en ce qui concerne les activités de son siège. Ce bilan, qui couvre le fonctionnement de ses installations, les déplacements nécessaires à ses activités, ainsi que l’organisation de ses grandes réunions (Assemblées annuelles et Réunions de printemps), a été obtenu par des mesures de réduction de l’énergie et de rendement énergétique, l’échange de crédits carbone et l’acquisition d’électricité verte. La Banque s’efforce aussi de mettre au point des méthodes d’analyse de l’empreinte carbone de ses projets. Certains de ces instruments, tels que la prise en compte et l’évaluation des émissions de GES, sont déjà utilisés dans les projets de finance carbone. Contacts: Robert Bisset: (202) 458-5191, rbisset@worldbank.org Elisabeth Mealey (202) 4584475, emealey@worldbank.org Dernière mise à jour : août 2011 |