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Les États fragiles sont confrontés à des difficultés particulièrement importantes en matière de développement : capacité institutionnelle insuffisante, gouvernance défaillante, instabilité politique et, souvent, violence ou séquelles de conflits passés. Ces nombreux obstacles retardent la réalisation des Objectifs de développement du Millénaire (ODM) et alimentent les risques d’insécurité et de criminalité, le trafic de drogue et la traite d’êtres humains dans les pays fragiles, dans les régions voisines et au-delà. Selon la définition de la Banque mondiale, les États fragiles sont des pays ou des territoires à faible revenu, admissibles à l’aide de l’IDA (y compris les pays pouvant avoir des arriérés de dette) et à qui la CPIA (Évaluation de la politique et des institutions nationales) attribue un score inférieur ou égal à 3,2. Les pays sont classés dans le groupe « restreint » des États fragiles si leur score CPIA est inférieur à 3. Ils sont considérés comme des États fragiles « marginaux » si leur score CPIA se situe entre 3et 3,2. Ces désignations ont pour seul but de renseigner les responsables et de les aider à mieux travailler avec ces pays dotés d’une gouvernance faible et de capacités institutionnelles limitées pour gérer le développement. Les scores CPIA informent sur les différents « niveaux » de fragilité mais ne doivent pas être considérés comme des critères absolus. Il peut arriver que la fragilité de pays dont le score CPIA est inférieur à 3,2 ne soit pas très visible et à l'opposé, que des pays dont le score est supérieur à 3,2 présentent des signes de fragilité. Cf. Comment sont allouées les ressources de l'IDA pour comprendre le processus de notation de la CPIA. |
Les États fragiles représentent un sixième de la population mondiale avec 6,5 milliards d’habitants. Un tiers des personnes survivent avec moins de 1 dollar par jour2. Malgré des progrès importants dans la réduction de la pauvreté pendant la dernière décennie, de nombreux pays fragiles restent sur le bord du chemin. Les États fragiles ont des taux de pauvreté atteignant les 54 %, contre 22 % dans les autres pays à faible revenu. Ils comptent pour un tiers des décès dus au VIH-SIDA dans les pays pauvres, un tiers des personnes n’ayant pas ou peu accès à l’eau potable, un tiers des enfants qui ne terminent pas leur scolarité primaire et la moitié des décès infantiles.1 Le Rapport de suivi mondial 2009 souligne à quel point les États fragiles sont peu susceptibles d'atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire. La crise alimentaire et énergétique de 2008 et la crise mondiale financière ont encore affaibli les économies de ces pays et leurs stratégies de réduction de la pauvreté. Dans de nombreux pays, la fragilité et les conflits vont de pair et s’alimentent mutuellement. Sortir de ce piège demeure un objectif hors d’atteinte pour de nombreux pays sortant d’un conflit. On estime que 40 % d’entre eux retomberont dans un conflit dans les 10 années suivantes. Ces dernières années, la communauté internationale s’est fortement mobilisée pour venir en aide à ces États, tandis que la Banque mondiale a considérablement amélioré sa capacité à répondre à leurs besoins par le biais de réformes politiques et institutionnelles et d’initiatives destinées à renforcer les partenariats extérieurs. « Une volonté politique et un engagement forts de la part de dirigeants clairvoyants comptent parmi les fondations indispensables sur lesquelles on doit s'appuyer pour donner une impulsion au développement, lorsque que les opérations de secours humanitaire d'urgence cèdent la place à la reconstruction à long terme dans les pays qui sortent d'un conflit », le Président Robert Zoellick, au cours d’une visite au Rwanda, en août 2009. |
Financement post-conflit. Les études récentes montrent que les investissements destinés à l’aide post-conflit sont très rentables. L’Association internationale de développement (IDA) constitue la principale source de financement de la Banque dans les pays fragiles et touchés par un conflit. Sur les 79 pays et territoires pouvant prétendre à l'aide de l'IDA, 33 sont actuellement considérés comme fragiles ; ils représentent 15 % de la population totale des pays admissibles à l’IDA. - Les engagements de l’IDA en faveur des États fragiles ont augmenté, passant de 772 millions de dollars pour l'exercice fiscal 2000 à 1,6 milliard de dollars pour l'exercice 2009.
- En plus de l’allocation de l’IDA qui se base sur les résultats, les pays fragiles et touchés par un conflit peuvent bénéficier d’allocations exceptionnelles visant à répondre à leurs besoins particuliers. Pour la période de l’IDA15, les bailleurs de fonds ont prolongé la durée maximale d’octroi de ces allocations exceptionnelles, qui est désormais de 10 ans.
- Ces pays disposent d’un autre type de financement grâce aux fonds fiduciaires multi-donateurs gérés par la Banque, dont fait partie le Fonds pour la construction de la paix et de l’État (SPF). Le SPF reçoit une contribution annuelle de la Banque de 33 millions de dollars (pour une durée de trois ans, années fiscales 2009 à 2011), à laquelle s'ajoutent 18,9 millions de dollars provenant d'autres donateurs. Il est destiné à répondre aux besoins en matière de gouvernance, au niveau national et local, et de consolidation de la paix dans des pays fragiles, exposés au risque de conflit ou touchés par un conflit..
Réponse d’urgence. En 2007, la Banque a mis en place une nouvelle stratégie d'intervention rapide, qui a permis de favoriser une réponse collective et d’apporter une plus grande attention à la gestion des crises mondiales émergentes. Un bilan effectué après deux ans de mise en œuvre montre que la nouvelle stratégie a permis de débloquer plus rapidement des prêts d’urgence. Elle a ouvert la voie à d’importantes collaborations avec des partenaires habitués à travailler dans des situations de crise et d'urgence. Enfin, cette stratégie a incité la Banque à renforcer son soutien institutionnel aux équipes locales travaillant sur le terrain. Partenariats. Dans les pays fragiles et touchés par un conflit, plus encore que dans les autres pays à faible revenu, l'aide requiert une bonne coordination. Ainsi, la Banque encourage la mise en place de partenariats solides avec les organismes des Nations Unies, la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies (CCP), l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et son Comité d’aide au développement (CAD), d'autres banques de développement multilatéral et des bailleurs de fonds bilatéraux. En 2008 par exemple, la Banque et les Nations Unies ont signé des accords visant à accélérer les réponses communes aux crises et aux situations d’urgence ; la Banque, la Commission européenne et les Nations Unies ont également signé une déclaration commune sur les évaluations post-crise et les programmes de reconstruction, qui a été mise en œuvre au cours de cette même année. En outre, la Banque participe activement au Réseau international sur les conflits et les situations de fragilité (INCAF) du CAD-OCDE. Recherche, développement des connaissances et formation. S’appuyant sur sa très bonne connaissance de ce domaine, la Banque a lancé un programme ciblé de recherche, d’information et de formation destiné à mobiliser l’innovation et à optimiser l’efficacité opérationnelle. Grâce à ce programme, la Banque cherche à mieux comprendre quels sont les facteurs structurels et propres à ces pays qui contribuent à fragiliser les institutions et la gouvernance. Il permettra d’unifier les approches adoptées pour soutenir les pays fragiles et exposés aux risques de conflit. - Une série de séminaires d’actualité ont permis à d’éminents experts de participer à la discussion sur les thématiques de la fragilité et du conflit.
- La Banque a mis en place un Fonds fiduciaire multi-donateurs destiné à financer des études dans les domaines du renforcement de l’État ou de la paix, ainsi que des partenariats internationaux et de la réactivité institutionnelle.
- Les autres recherches portent sur la paix et le développement ; l’analyse politique ; les conflits, la criminalité, les déplacements et les violences ; et la compilation de bases de données complètes sur les mines antipersonnel et les conflits armés. En outre, l'édition 2011 du Rapport sur le développement dans le monde aura pour thème le conflit et les situations de fragilité.
- Pour diffuser ses connaissances sur les situations de fragilité et les conflits, la Banque s’appuie sur une équipe d’experts mondiaux, qui appuient les équipes -pays dans toute une série de domaines.
- Régulièrement, la Banque organise des cours de quatre jours à l'intention de son personnel et de participants extérieurs, et a notamment préparé des notes d’orientation sur la manière de reconstruire les administrations publiques, les programmes de transfert de fonds et les compétences fondamentales de la Banque.
Contact presse : Geetanjali Chopra : 1 202 473-0243 Courriel : gchopra@worldbank.org Mis à jour en septembre 2009 (a) indique une page en anglais. [1] S’assurer que les États fragiles ne sont pas laissés sur le bord de la route, OCDE-DAC, Résumé-Rapport de mars 2009.[2] Discours du Président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, à l'Institut international des études stratégiques de Genève, 12 septembre 2008. |