Aperçu : - La Banque mondiale occupe une place unique dans le développement de projets liés à l’eau : elle constitue la plus importante source externe de financement dans les secteurs de l’approvisionnement en eau, l'assainissement, l'irrigation et le drainage des eaux usées, ainsi que dans la gestion des bassins fluviaux et des programmes transfrontaliers axés sur l’eau. Elle offre en outre des services de conseil et un soutien analytique aux pays en développement.
- De l’exercice 2003 à l’exercice 2009, les financements annuels de la Banque sont passés de 1,8 à 4,9 milliards de dollars, l’approvisionnement en eau et les services d’assainissement constituant le principal domaine d’intervention (3,8 milliards de dollars). Cette augmentation spectaculaire fait suite à une période de déclin prononcé au début des années 2000, résultant de la réduction générale des engagements de la Banque et plus particulièrement d’une diminution des prêts liés à l’infrastructure. Le Plan d’action pour l’infrastructure de 2003, suivi par le Plan d’action pour une infrastructure durable (SIAP) et la récente Plateforme d’appui aux infrastructures existantes et nouvelles (INFRA) ont joué un rôle essentiel dans la relance des activités de la Banque dans le domaine de l’infrastructure en général et dans le secteur de l’eau en particulier.
L’eau dans le cadre du développement durable L’eau est essentielle au maintien des conditions de vie et de l’activité économique ainsi qu’aux moyens de subsistance des populations les plus pauvres. L’eau est un facteur clé de croissance et de réduction de la pauvreté et une ressource essentielle dans presque tous les domaines de production (agricole, industrielle, énergétique). Pourtant, la disponibilité de l’eau varie fortement à la fois dans le temps et dans l’espace. Certaines régions telles que l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud sont confrontées au manque d’eau et exposées à des événements climatiques extrêmes (inondations/sécheresses). D’ici 2025, on estime à 4 milliards le nombre de personnes (soit environ la moitié de la population mondiale) qui souffriront de grave pénurie d’eau. Exploiter le potentiel productif de l’eau, limiter ses effets destructeurs et accroître la sécurité de l’eau est un perpétuel combat depuis les origines de la société humaine. L’eau est une ressource limitée qui est l’objet de demandes croissantes et concurrentes. On s’attend à ce que la consommation d’eau à l’échelon mondial augmente de 50 % au cours des 30 prochaines années pour répondre aux besoins de développement. Parmi tous les secteurs qui utilisent l’eau, l’agriculture est le plus consommateur ( 70 % des ressources mondiales). Au cours des 40 dernières années, la production alimentaire a augmenté de 150 % mais la consommation d’eau a doublé. Selon des estimations, à l’horizon 2050, il y aura 2,3 milliards de personnes de plus à nourrir (un tiers de plus qu’aujourd’hui). Répondre aux besoins alimentaires à l’avenir nécessitera une gestion plus efficace de l’eau et d’autres sources d’approvisionnement pour soutenir le surcroît de demande dans l’agriculture. Gérer les ressources en eau de manière durable est un défi de développement complexe. L’augmentation de la demande a eu pour conséquence une exploitation massive des nappes phréatiques, supérieure au taux de remplissage naturel. Le prélèvement dans les nappes phréatiques, qui représente 20 % du total de la consommation d’eau, augmente rapidement pour soutenir l’irrigation agricole, la croissance urbaine et le développement industriel. Le problème de quantité se double en outre d’un problème de qualité. Dans la plupart des zones urbaines des pays en développement, les ressources en eau sont largement polluées par les déchets liés à l’activité industrielle et humaine, à tel point que les rivières en milieu urbain sont dégradées, avec des répercussions très importantes sur la qualité de la vie, sur la santé et l’environnement. Le changement climatique et ses conséquences sur le cycle de l'eau risquent d’aggraver encore la situation au cours des prochaines décennies. Les prévisions à long terme indiquent que les effets du changement climatique devraient varier selon les régions. Certaines régions seront plus humides, mais un grand nombre s’assècheront, particulièrement celles qui souffrent déjà du manque d’eau. La plupart des régions connaîtront des précipitations plus fortes et imprévisibles, souvent en alternance avec des périodes de sécheresse plus longues. Les répercussions sur les systèmes naturels seront très importantes : fonte accélérée des glaciers, modification des précipitations, ruissellement des eaux pluviales, épuisement des nappes phréatiques, inondations et sécheresses extrêmes, altération de la qualité des eaux, intrusion d’eau salée dans l’aquifère côtier, changements dans la consommation de l’eau. Le changement climatique complique la gestion des ressources en eau, en intensifiant et en accélérant la dynamique du cycle de l’eau. Jusqu’à maintenant, les sociétés ont trouvé des moyens pour s’adapter à la variabilité hydrologique et gérer les événements climatiques tels que les inondations ou les sécheresses grâce à des pratiques de gestion et à des investissements innovants, ceci dans des limites définies et en s’appuyant sur les records historiques. Les effets du changement climatique peuvent être atténués en prenant des mesures d’adaptation appropriées (investissements dans l’infrastructure notamment) mais toutes ces réponses entraînent des coûts et exigent des compromis. Principales réalisations de la Banque depuis 2003 La Banque aide les pays clients à améliorer la gestion de leurs ressources en eau et de leurs services hydrauliques, afin de favoriser leur croissance et de réduire la pauvreté. Souhaitant à l’avenir offrir une gamme complète de services, la Banque propose des actions intégrées, prioritaires et cohérentes concernant la gestion des ressources en eau et la fourniture de services hydrauliques. Voici quelques-unes des principales réalisations de la Banque depuis l’approbation en 2003 de la Stratégie de gestion des ressources en eau par le Conseil d’administration: - Une augmentation importante des prêts octroyés à tous les sous-secteurs de l’eau au cours de la période 2003-2009, concernant notamment l’assainissement et l’approvisionnement en eau, l’irrigation et le drainage des eaux usées, l’hydroélectricité et la protection contre les inondations.
- Un repositionnement stratégique de l’institution dans les secteurs de l’agriculture et de l’hydroélectricité, grâce au développement du Plan d’action pour l’agriculture 2010-2012 du Groupe de la Banque mondiale et au Plan de développement de l’hydroélectricité, visant à augmenter le soutien apporté aux pays clients dans ces domaines.
- Des améliorations majeures de la qualité des prêts relatifs au secteur de l’eau. Selon les indicateurs du Groupe d’assurance qualité, le secteur de l’eau a obtenu en 2008 les meilleures performances jamais réalisées depuis 1998.
- Une augmentation de l’assistance en matière de planification stratégique en eau. Au total, 20 pays ont achevé la mise en œuvre de Stratégies d’assistance -pays en matière de ressources en eau.
- Le pilotage de programmes de promotion de l’assainissement et de l’hygiène, grâce à l’apport de fonds par la Fondation Bill et Melinda Gates au Programme eau et assainissement.
Partenariats Le soutien financier d’importants donateurs internationaux (tels que les gouvernements des Pays-Bas, du Danemark et du Royaume-Uni, ainsi que la Fondation Ville & Melinda Gates) a permis aux pays clients de bénéficier des activités de conseil et d’assistance technique de la Banque. La Banque mondiale est engagée dans toute une série de partenariats sur l’eau, dont les plus importants sont : - Le Programme eau et assainissement (WSP) est un partenariat inauguré il y a 30 ans, placé sous les auspices de la Banque mondiale et chargé d'améliorer l'accès durable des pauvres aux services d'eau et d'assainissement, grâce au renforcement des capacités, à la mise en œuvre et à l’expérimentation d’approches innovantes, aux campagnes de sensibilisation et au partage des connaissances. Au cours de l’exercice 2009, le Programme WSP a investi environ 39,6 millions de dollars répartis dans 25 pays.
- Le Programme de partenariat pour l'eau (WPP) est un programme multi-donateurs visant à renforcer les efforts de la Banque pour réduire la pauvreté grâce à : (a) l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des services liés à l’eau et (b) le sponsoring et la mise en œuvre d’approches pragmatiques et s’appuyant sur des principes pour la gestion et le développement des ressources en eau. Le WPP est une consolidation et une évolution du Programme de partenariat pour l'eauBanque-Pays-Bas (BNWPP)dans le domaine des ressources en eau et du Partenariat pour l'eau Banque-Pays-Bas (BWNP) en matière d’alimentation en eau et de services sanitaires.En abordant le secteur de l’eau dans sa globalité et en renforçant l’action des donateurs participants, le WPP améliore la réorganisation et la restructuration de ce secteur. Environ 20 millions de dollars ont été mis à disposition pour la période 2009-2010.
- Dans le cadre du Mémorandum d’accord signé en 2008, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA)et la Banque mondiale étudient les possibilités de coopération, dans des domaines comme le changement climatique et l’agriculture, les systèmes d’alerte des inondations et les formations assurées aux pays clients.
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