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L'éducation

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Site sur l'éducation (a)
Experts de la Banque mondiale:
Ruth Kagia
Mary Eming Young

APERÇU:

  • L’éducation est essentielle au développement ; grâce à elle, un individu peut se prendre en main, et un pays se trouve renforcé. Elle est un des moyens les plus efficaces qui soient pour réduire la pauvreté et les inégalités, et elle aide à jeter les bases d’une croissance économique durable. Pour la Banque mondiale, c’est un élément central de sa mission de lutte contre la pauvreté.

  • Au niveau des pays, la Banque contribue à intégrer l’éducation dans les stratégies suivies au plan économique, et aide à mettre en place des systèmes éducatifs équilibrés, reposant sur une approche globale et à même de produire des résultats tangibles. L’objectif est d’aider les pays à assurer l’enseignement primaire universel et l’apprentissage pour tous, tout en répondant au besoin de compétences nécessaires à la croissance et à la compétitivité de l’économie nationale.

  • C’est en 1963 que la Banque mondiale a commencé à accorder des prêts dans ce domaine, et elle est aujourd’hui la plus importante source de financement extérieur pour le secteur de l’éducation dans les pays en développement. Sur les cinq dernières années, elle a accordé en moyenne pour 2 milliards de prêts, crédits et dons par an à l’appui de l’éducation (le double des montants consentis durant la période de cinq ans précédente). Pour l’exercice 07, ses activités de prêt dans ce secteur se sont chiffrées à un peu plus de 2 milliards de dollars, dont 1,6 milliard aux conditions de l’IDA (Association internationale de développement) ; une tendance similaire ressort des prévisions établies pour l’exercice 08.

  • En plus de ses activités de prêt dans ce secteur, la Banque continue de jouer, dans beaucoup de pays, un rôle déterminant par ses activités de conseil sur les politiques à suivre, d’analyse sectorielle et de coordination de l’aide. Elle est également un acteur de premier plan dans divers partenariats internationaux, tels que l’Initiative pour l’accélération de l’aide en faveur de l’éducation pour tous (EFA-FTI). L’avantage comparatif qu’elle offre est de mettre en avant les liens qu’il y a entre éducation et croissance économique.

Aperçu des questions majeures qui se posent en matière d’éducation

Le rythme des inscriptions et les taux d’achèvement dans l’enseignement primaire se sont accrus ces dernières années dans tous les pays du monde. Le nombre d’enfants d’âge primaire qui ne peuvent pas aller à l’école a diminué de plus de 25 % au cours des sept dernières années, pour s’établir aujourd’hui à 72 millions, selon les estimations. À l’échelle mondiale, le taux d’achèvement des études primaires est passé à 88 %, contre 84 % cinq années auparavant. Ce succès tient pour beaucoup à ce que les objectifs du développement pour le Millénaire (OMD) ont braqué l’attention de la communauté internationale sur le besoin de renforcer l’accès à l’éducation. À mi-parcours du processus de réalisation des ODM, des progrès sont enregistrés au niveau des objectifs concernant le taux d’achèvement des études primaires et l’égalité des sexes en matière d’éducation. La Banque et les autres donateurs y ont directement contribué en encourageant l’adoption de meilleures politiques et en mobilisant un surcroît de ressources pour l’éducation.

Mais les progrès ont été irréguliers : là où il y en a eu, ils ont reposé sur les engagements pris par les pays dans le sens des objectifs de l’initiative Éducation pour tous (EPT) et de l’application de meilleures politiques. Le fait est que, si certains pays ont fait de nets progrès, moins de la moitié de ceux admis à emprunter à l’IDA sont en bonne voie d’atteindre les ODM en matière d’éducation. Ceux qui ne le sont pas sont, pour la plupart, en Afrique. C’est dans 35 États fragiles environ que se concentrent 37 % des cas d’enfants non scolarisés, et, au sein des pays, divers facteurs d’inégalité (pauvreté, sexe, disparités régionales, appartenance ethnique) influent considérablement sur les chances qu’a un enfant de pouvoir aller ou non à l’école.

Cela dit, les progrès en termes d’accès à l’éducation et de taux d’achèvement scolaire ne sont pas en eux-mêmes suffisants si l’enseignement dispensé à beaucoup d’enfants est de faible qualité. La qualité de l’enseignement doit être considérée comme un élément tout aussi important que l’accès à la scolarité. Des études montrent du reste qu’elle est en fait le facteur déterminant de l’impact qu’a l’éducation sur la croissance économique, ainsi qu’un élément essentiel au maintien des acquis obtenus en matière d’accès à la scolarité. Un niveau d’attention plus marqué s’impose, de la part des gouvernements et des donateurs, pour faire en sorte que tous les enfants, une fois à l’école, acquièrent les connaissances et aptitudes qui leur permettront d’être des participants à part entière au sein de l’économie mondiale.

Aujourd’hui, les évaluations menées au plan national aussi bien qu’international font ressortir des résultats scolaires excessivement faibles dans la plupart des pays en développement. Améliorer la qualité de l’enseignement constitue une priorité pour les pouvoirs publics et les bailleurs de fonds dans la quasi-totalité des pays, mais beaucoup de pays à faible revenu n’ont pas la capacité voulue pour évaluer ce que les enfants apprennent, et pour suivre au fil du temps les progrès accomplis à cet égard.

Sous l’effet conjugué de la hausse des taux d’achèvement des études primaires et de la mondialisation, l’enseignement secondaire et tertiaire est à présent soumis à une demande croissante. Selon les estimations, 260 millions d’adolescents en âge de faire des études secondaires ne sont pas scolarisés à l’heure actuelle. La nécessité d’investir davantage pour développer l’enseignement secondaire et tertiaire et en améliorer la qualité ne peut être ignorée, et une action dans ce sens ne doit pas attendre que l’enseignement primaire universel ait été assuré.

Il est possible que les progrès accomplis se ralentissent au fil du temps, car les enfants qui ne vont toujours pas à l’école aujourd’hui sont, dans bien des cas, ceux qui sont le plus difficiles à atteindre, et les problèmes concernant la qualité de l’enseignement et un accès renforcé à l’éducation post-élémentaire nécessitent encore beaucoup de travail et d’engagement supplémentaire au plan local et au niveau des donateurs. Un surcroît de ressources revêtira encore plus d’importance dans les années à venir.

Appui fourni par la Banque mondiale en matière d’éducation

La Banque contribue à intégrer l’éducation dans les stratégies suivies par les pays au plan économique, et à mettre en place des systèmes éducatifs équilibrés, reposant sur une approche globale et axés sur les résultats scolaires. Son objectif est d’aider les pays à assurer l’enseignement primaire universel et l’apprentissage pour tous, tout en répondant au besoin de compétences essentielles à la croissance et à la compétitivité de l’économie nationale. Plus précisément, la Banque cherche à prêter assistance aux pays dans trois domaines :

  • Apprentissage pour tous – Assurer une éducation fondamentale de qualité, qui constitue un seuil minimum pour la réduction de la pauvreté ainsi qu’une base pour tout effort d’éducation et de formation plus poussé, dans le but d’aider les pays qui sont « en bonne voie » à poursuivre sur leur lancée, et ceux qui doivent faire mieux à « démarrer ». La Banque aide aussi à améliorer les moyens de mesurer les progrès scolaires, élément essentiel pour inciter les pays à axer leurs efforts sur la faible qualité de l’enseignement, et s’emploie à toucher ceux qui sont le plus difficiles à atteindre, tels que les enfants vivant dans des États fragiles, ceux qui sont marginalisés pour différentes raisons (pauvreté, sexe, appartenance ethnique), ou ceux victimes du VIH/SIDA.

      
  • Compétences essentielles à la croissance et à la compétitivité – Assurer un enseignement qui forme des travailleurs qualifiés et productifs, ce qui va dans le sens de la productivité et de la compétitivité de l’économie, de la création de savoir et de l’accroissement du potentiel de revenu. La Banque aide les pays à faire le lien entre leurs politiques d’éducation et les résultats obtenus sur le marché du travail, et travaille à leur côté en vue de répondre à l’explosion de la demande en matière d’éducation secondaire, tertiaire et professionnelle, explosion qui tient au nombre croissant d’individus qui ont besoin de posséder les compétences voulues pour être compétitifs au sein de l’économie mondiale.

  • Systèmes éducatifs axés sur des résultats tangibles – Travailler au côté des pays pour favoriser la mise en place de systèmes éducatifs à même de produire des résultats tangibles. La Banque travaille avec les pays à la mise en œuvre de réformes qui se sont avérées concluantes et, par le biais d’études d’impact, elle les aide à mieux jauger l’impact de leurs interventions.

Appui financier : La Banque mondiale reste la principale source d’appui extérieur pour le secteur de l’éducation à travers le monde et, dans plusieurs pays, elle est la seule source d’aide notable. Au cours des cinq dernières années, le niveau de ses prêts en faveur de l’éducation est resté stable, à 2 milliards de dollars par an, dont la moitié environ accordée aux conditions de l’IDA. Une part croissante de ce montant (le quart environ aujourd’hui) est accordée au titre de projets d’investissement multisectoriels et sous forme de prêts à l’appui des politiques de développement, qui couvrent aussi plusieurs secteurs. Au 1er avril 2008, le portefeuille de la Banque en matière d’éducation comprenait 135 projets entrepris dans 92 pays et représentant des engagements nets de 7,1 milliards de dollars au total. Cela constitue un peu moins du quart de l’ensemble des apports de fonds extérieurs pour l’éducation. Les nouveaux engagements pour l’exercice 07 représentaient 8,2 % de l’ensemble des prêts de la Banque mondiale.

Pour l’exercice 08, la Banque s’attend à ce que le niveau de ses prêts en faveur de l’éducation s’élève à 2 milliards de dollars environ, dont près de la moitié aux conditions de l’IDA. Selon les projections, c’est la Région Asie du Sud qui bénéficiera du plus large volume de prêts accordés aux conditions de l’IDA durant cet exercice. Un accroissement des apports de fonds de la Banque à l’éducation s’impose d’urgence pour qu’il y ait le moindre espoir d’avancer sensiblement sur la voie des ODM, et d’améliorer la qualité des programmes.

Appui sous forme de travaux d’analyse et de conseils sur les politiques à suivre : En plus du rôle de financement et d’animation qu’elle joue dans ce secteur, la Banque entreprend, en matière d’éducation, un travail substantiel d’analyse, de partage de connaissances, de renforcement des capacités et de conseil sur les politiques à suivre. Elle produit chaque année une vingtaine d’études majeures dans ce domaine, ainsi que de multiples notes d’orientation, publications et documents de stratégie. Outre l’analyse sectorielle proprement dite, la Banque se distingue par des travaux d’analyse (évaluations de la pauvreté, examens des dépenses publiques, études sur la compétitivité, etc.) dans lesquels l’éducation est considérée dans un contexte plus large et par rapport à d’autres aspects (santé, VIH/SIDA, réforme de la gouvernance, etc.). Ces analyses sont réalisées en étroite collaboration avec les pays et les partenaires de développement, dans le double but de renforcer les capacités d’analyse et d’aider les pays à prendre en mains leurs programmes de réforme.

Voici une liste succincte des domaines dans lesquels les travaux d’analyse de la Banque ont contribué à améliorer les connaissances mondiales, et aidé les pays à concevoir et mener à bien leurs programmes de réforme :

  • Qualité de l’enseignement et acquis scolaires : De récentes études ont contribué à faire le rapprochement entre la qualité de l’enseignement et la croissance économique.

  • Scolarisation des enfants pauvres au moyen de financements fondés sur la demande : La Banque aide à l’établissement de subventions ciblées pour permettre aux enfants des milieux défavorisés d’aller et de rester à l’école, en particulier dans les pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud.

  • Études d’impact : La Banque fournit un important appui pour la réalisation d’études d’impact rigoureuses en matière d’éducation, de manière à mettre plus clairement en évidence les approches qui donnent de bons résultats dans des contextes nationaux différents.

  • Décentralisation de la gestion au niveau des établissements scolaires: La Banque a joué un rôle de premier plan dans les efforts déployés pour décentraliser la prise de décision au niveau des établissements scolaires dans des dizaines de pays.  

  • Réduction des droits de scolarité : Dans le cadre de son travail d’analyse et de son dialogue avec les pays sur les politiques à suivre, tant en matière d’éducation que dans le domaine de la gestion budgétaire, la Banque a incité les responsables nationaux à réduire ou éliminer les droits de scolarité dans le primaire, mesure essentielle dans bien des cas pour accroître l’accès des enfants de familles pauvres et des filles à la scolarité.

Partenariat avec les donateurs : En plus de ses activités de prêt, la Banque continue de jouer un rôle central dans le cadre de l’Initiative pour la mise en œuvre accélérée du programme Éducation pour tous (Initiative FTI), qui a pour mandat de promouvoir des stratégies cohérentes, de meilleures politiques et une plus grande efficacité des dépenses dans le secteur de l’éducation, ainsi qu’une augmentation du volume et une meilleure harmonisation de l’aide apportée par les donateurs. La Banque héberge le Secrétariat de la FTI et administre le Fonds catalytique FTI, qui fait l’objet de 1,3 milliard de dollars d’engagements totaux, ainsi que le Fonds de développement de programmes d’éducation, doté d’engagements supplémentaires de 91 millions de dollars et destiné à aider les pays à mettre au point leurs stratégies et à renforcer leurs capacités. En mars 2008, le nombre de pays bénéficiant de l’appui du partenariat s’établissait à 33, et 27 d’entre eux disposaient de ressources du Fonds catalytique pour la mise en œuvre de leurs programmes sectoriels. Par ailleurs, 60 pays au total bénéficient de l’appui du Fonds de développement de programmes d’éducation.

Cependant, les écarts de financement antérieurs mettent en question la crédibilité des donateurs et les perspectives d’accroissement de l’effort d’investissement futur en vue d’assurer l’accès pour tous et, surtout, une amélioration qualitative des enseignements. Les engagements récemment pris en faveur des fonds FTI représentent certes un grand pas en avant. Mais les besoins ne cessent d’augmenter, et ils sont à la fois d’une ampleur plus grande et d’une nature à plus long terme que les ressources actuellement engagées. Au vu des estimations préliminaires reçues des pays à cet égard, c’est un montant supplémentaire de 1 milliard de dollars qui pourrait s’avérer nécessaire pour les pays membres de l’Initiative FTI au cours de l’exercice 08.

Indépendamment de ces aspects de financement, la Banque travaille en étroite collaboration avec les donateurs et le Secrétariat de la FTI pour gérer l’évolution de ce partenariat. Les principales questions qui se posent ont trait au rôle que doit jouer l’Initiative FTI par rapport à l’IDA, et à la nécessité de la doter de mécanismes de suivi et d’assurance de la qualité.

Optique de résultats : Dans le cadre de sa stratégie mise à jour en 2005 pour le secteur de l’éducation (Education Sector Strategy Update), la Banque s’est engagée à améliorer son optique de résultats dans ce secteur. Les mesures prises dans ce sens ont notamment consisté à mettre en place des indicateurs et une base de données pour les ODM relatifs à l’éducation, à gérer une base de données statistiques en matière d’éducation, à réaliser des études d’impact et à remettre l’accent sur l’évaluation des résultats scolaires dans la majorité des projets bénéficiant du concours de la Banque. Par ailleurs, l’Initiative FTI a établi des critères de référence pour ce qui est de l’accès à l’éducation et de l’effort financier consenti par les gouvernements.

Dans la majorité des pays en développement, un défi essentiel consiste à doter les pouvoirs publics de la capacité voulue pour leur permettre de juger des progrès réalisés en termes d’acquis scolaires. Alors que plus de 80 % des projets financés par la Banque fournissent un appui destiné à améliorer la qualité des programmes d’enseignement, 20 % seulement comprennent des données de référence à partir desquelles est assuré le suivi systématique de ces acquis. Doter les pays de la capacité voulue pour pouvoir mesurer les résultats obtenus au plan éducatif constituera, pour la Banque, une des priorités majeures pour les années à venir dans ce secteur.

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Pour plus de renseignements, reportez-vous au site de la Banque mondiale consacré à l’éducation: www.worldbank.org/education (a)

Mise à jour: Avril 2008

Contact médias:  
Phil Hay – (202) 473-1796 ; courriel: phay@worldbank.org





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