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Briser le cercle de la pauvreté

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26 juillet 2004 — Dans les pays en développement de nombreuses personnes sont prisonnières du cercle vicieux de la pauvreté et de l'invalidité, déclare Daniel Mont, spécialiste de la protection sociale au sein du groupe «Incapacité et développement» de la Banque mondiale.

Mont et l'équipe « Incapacité et protection » de la Banque sur le handicap et la protection travaillent dans le cadre d'une dynamique internationale visant à améliorer la collecte de données sur les incapacités dans les pays en développement. Si les « estimations les plus optimistes» établissent à environ 10% les personnes handicapées dans la plupart des pays en développement, soit près de 400 millions de personnes, l'absence de données effectives en rend l'évaluation difficile.

"La manière dont le handicap est décrit, ainsi que les méthodes de collecte, ont un impact décisif sur le pourcentage et donc sur les chiffres que l'on obtient"

La Banque mondiale, en partenariat avec le Groupe de Washington sur la mesure des incapacités, organe créé par la Commission de statistique des Nations unies, entend améliorer la collecte des données sur les problèmes des handicapés dans les pays en développement. Le travail du groupe portera notamment sur l'élaboration des questions destinées aux enquêtes et la collaboration avec les services nationaux de la statistique, en vue de créer des mesures appropriées. Plusieurs pays, indique Mont, en ont manifesté l'intérêt, au cours des derniers mois.

Le véritable impact n'est pas connu

Mont souligne par ailleurs que ce cercle vicieux de la pauvreté auquel sont confrontées les personnes handicapées, constitue un problème majeur pour la communauté du développement. Une étude réalisée en Ouganda a dévoilé que les ménages avec une personne handicapée avaient 35% plus de risques d'être pauvres, et le DSRP pour la Serbie-Monténégro indique que 70% des personnes handicapées sont pauvres.

Mont souligne par ailleurs que le fait de considérer les problèmes relatifs aux déficiences a des conséquences importantes pour la politique économique. Ainsi, dans les pays qui sortent d'un conflit, les études préliminaires montrent des niveaux élevés de dépression clinique, ainsi que d'autres troubles mentaux.

"On ne peut se rendre quelque part, et proposer des programmes de micro-credit, ensuite essayer de reprendre la formation des personnes et susciter l'esprit d'entreprise quand les gens sont déprimés. Par ailleurs, ceux qui sont dépressifs vont en consultation dans des centres sanitaires et présentent d'autres problèmes de santé et, en définitive, ils ne sont pas soignés correctement. »

L'impact sur les familles

Un autre aspect de ce travail consiste à améliorer les estimations sur la pauvreté dans les ménages qui ont un handicapé.

De l'avis de Mont, il est évident que le problème de l'incapacité a un impact généralisé. Une enquête effectuée en Chine a démontré qu'avec environ 5% de la population ayant une incapacité, près de 20% des personnes vivaient dans des ménages où l'un des membres avait un handicap.

Il a précisé que l'équipe souhaite finalement concevoir des investigations pour identifier les goulots d'étranglement qui freinent la portée des programmes visant à améliorer la vie des personnes handicapées.

"Parce qu'une très forte majorité de personnes handicapées peut contribuer à la vie des familles, au dynamisme économique et à la vitalité communautaire ».

Définir les incapacités

"Les incapacités vont du stade léger au stade profond. Elles sont temporaires ou définitives.

"Et la nature de l'incapacité agit de manière transversale en fonction de l'environnement, de sorte qu'une personne handicapée mise dans un environnement différent, qu'il s'agisse de sa famille, sa culture, son organisation économique, obtiendra des résultats tout à fait différents. »

L'accent devrait donc être mis sur la création de programmes, destinés à l'ensemble de la population, qui intègrent les besoins des personnes handicapées, plutôt que de créer des programmes distincts.

"En termes simples, chaque homme a un fonctionnement distinct. Si vous concevez un programme, qu'il s'agisse d'éducation, de routes ou de systèmes hydrauliques, il faut qu'il serve à tout le monde et qu'il soit accessible à tous, quelque soit leur niveau de fonctionnement.





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