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Les collectivités locales et la Banque mondiale travaillent main dans la main

l'exemple de l'Afghanistan.
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En un peu plus d'une année, le projet NSP a atteint plus de 6000 villages.

Asger Christensen ne se fait guère d'illusions sur les difficultés liées à la mise en oeuvre de projets sous la direction des collectivités locales en Afghanistan.
M. Christensen, responsable principal des opérations de la Banque mondiale à Kaboul, indique que le premier obstacle de taille a été de lever les « nombreux soupçons et les grandes réticences » de la part des Afghans.
«Il s'agit de personnes qui n'ont jamais rien obtenu de leur gouvernement sinon des impôts, la conscription et des bombardements», déclare M. Christensen.

C'est au terme de longues discussions que nous sommes parvenus à convaincre les collectivités locales d'accepter des ressources pour la mise en place de projets de reconstruction et de développement, souligne t-il.

M. Christensen est chef d'équipes de projets du Programme de solidarité nationale (NSP) mis en œuvre en Afghanistan. Lancé en 2002, ce programme financé par la Banque mondiale propose de renforcer la gouvernance locale en mettant à la disposition des collectivités des fonds pour exécuter leurs propres projets.

Christensen explique que le programme NSP vise deux principaux objectifs :

  • Faciliter une représentation aussi large que possible dans les villages. Les villages élisent par bulletin secret les membres des conseils de développement communautaire.
  • Faire reculer et réduire la pauvreté. Des dotations globales sont allouées aux conseils de développement communautaire qui en décident l'utilisation et gèrent les projets.

La Banque mondiale collabore avec le ministère de la Reconstruction et du Développement de l'Afghanistan sur ce projet, auquel sont associées plus de 20 organisations non gouvernementales. Le programme ONU-Habitat supervise l'exécution sur le terrain.

Une tâche ardue

Dans un pays dévasté par plus de deux décennies de guerre, il n'était guère aisé de déterminer par quel bout commencer.

«Dans ce pays, il est difficile de localiser les villages car leur mode d'implantation varie très souvent et toutes les données disponibles remontent à plus de trente ans», fait remarquer M. Christensen.

En plus, se pose le problème de la sécurité.

« L'Afghanistan n'est pas un pays post-conflit. Le conflit se poursuit. Environ 18 000 soldats américains sont présents sur le terrain. Des affrontements ont lieu dans l'Est et le Sud du pays, et le nouveau gouvernement n'a que peu de contrôle du pays en dehors de Kaboul, la capitale. Les seigneurs de la guerre dominent toujours certaines parties du pays. Dans ces conditions, la loi ne peut prévaloir ».

L'accès à l'eau: la priorité numéro 1

En dépit des problèmes de sécurité, lorsque les collectivités locales déterminent leurs priorités, l'eau et la réparation des infrastructures d'irrigation arrivent en tête de liste.

«Si vous vous rendez dans un village, tout le monde vous dira que l'eau est une priorité, » ajoute M. Christensen.

L'eau est non seulement indispensable pour l'agriculture - un pilier de l'économie - mais aussi pour la construction des maisons qui sont faites en terre.

De l'avis des collectivités locales, la construction des routes a également été élevée au rang de priorité. L'accès aux villages faciliterait leurs ravitaillements en engrais, par exemple, ainsi que l'acheminement de leurs produits destinés à la vente. En outre, un meilleur accès aux infrastructures hospitalières demeure un besoin pressant.

Christensen affirme par ailleurs que la fourniture d'énergie rurale constitue une priorité dans les régions montagneuses. Les villages situés dans les zones qui se prêtent aux petits projets hydrauliques ont exprimé par vote leur désir de voir ce type de projets se réaliser. 

6 000 villages sur lesquels il faut compter.
En un peu plus d'une année, le projet NSP a atteint plus de six mille villages.

Des conseils de développement communautaire ont été établis dans 5 800 villages; la majorité d'entre eux ont déjà élaboré des plans pour des projets locaux.
Jusqu'à présent, 4 500 projets locaux ont été approuvés; 52 millions de dollars ont été décaissés; et 94 millions de dollars ont été affectés.

Un apport bénéfique pour la collectivité

Pour M. Chritensen, le fait que les collectivités locales gèrent les fonds et exécutent le projet - par le biais de son conseil élu - le fait qu'ils s'appuient sur la main-d'oeuvre locale ou qu'ils aient recours à la sous-traitance, constitue manifestement l'un des principaux avantages du projet NSP.

«Elles gèrent le processus et les fonds ; le projet contribue donc au renforcement des compétences», fait remarquer M. Christensen.

Clare Lockhart, qui a pris une part active à la mise en place de ce programme, estime que l'octroi de dotations globales élimine les «intermédiaires», et par la même occasion, réduit les importants frais généraux liés à l'administration des projets.

Elle ajoute cependant que le principal avantage réside en ce que le programme NSP permet, dans les villages, d'associer les parties prenantes à la réalisation des projets et à la formulation de stratégies au niveau local.

«De nombreux paysans ont fait valoir que la facilitation du processus est beaucoup plus importante pour eux que l'octroi de dotations globales, parce qu'elle les aide à recréer un sentiment d'appartenance communautaire, à établir les priorités en ce qui concerne les besoins et à mettre en place un plan de reconstruction de leurs villages, notamment dans les zones qui enregistrent un retour massif de réfugiés», ajoute-t-elle.

Créer des opportunités pour les femmes

Le projet a en outre eu un impact sans précédent: il a offert aux femmes l'occasion de participer à l'élection des conseils de développement communautaire.
«Cela n'a pas facile dans une société musulmane conservatrice», précise M. Christensen.

« Nous avons enregistré un taux incroyable et surprenant de participation des femmes au processus électoral. Dans certains cas, le taux de participation des femmes s'est avéré plus élevé que celui des hommes. Ce qui a surpris tout le monde», souligne-t-il.

Au demeurant, le fort taux de participation féminine au vote ne se traduit pas toujours par une influence des femmes dans les projets locaux ; une partie des dotations globales leur a donc été réservée.

«Les femmes ici ont été mises à l'écart pendant tellement longtemps qu'elles meurent d'envie de prendre part aux décisions concernant leur avenir», explique M. Christensen. «On a pensé qu'il fallait créer des opportunités pour permettre aux femmes de tirer directement parti des projets».

Les handicapés sont également ciblés par ces projets, car après 25 ans de conflit, de nombreuses personnes se retrouvent handicapées ou mutilées en Afghanistan.

Dans la province de Baghlan située dans le Nord de l'Afghanistan, le conseil local d'un village de la région d'Andarab distribue des chèvres aux personnes les plus pauvres et les plus vulnérables de la communauté pour leur offrir une chance de gagner leur vie.

M. Christensen, qui rentre d'une visite dans ce village, estime que l'attitude des habitants envers le projet a considérablement évolué.

«Quand j'y suis allé en juillet, ils étaient très réservés. Ils n'étaient pas du tout ouverts. Maintenant, l'atmosphère est totalement différente car ils ont vu qu'un projet a démarré. Ils sont beaucoup plus accessibles et positifs ».

A l'évidence la réponse a été différente mais est très appréciée.





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