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Où la radio redevient un media privilégié…

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Où la radio redevient un média privilégié

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Site officiel du Development Marketplace

Le 25 mai 2005Imaginez les membres d'une communauté pygmée du bassin du Congo en Afrique centrale, rassemblés autour d'une radio pour écouter des programmes diffusés dans leur propre langue et mettant en scène leurs propres membres.

Imaginez également, des paysans des zones rurales du Vietnam, écoutant un feuilleton radiophonique conçu pour leur apprendre de bonnes pratiques environnementales.

Voilà deux scénarios qui sont en voie de se concrétiser grâce au programme Development Marketplace de la Banque mondiale – un concours qui récompense au moyen de subventions des idées environnementales novatrices.

Radio communautaire pygmée

Une subvention d'un montant de 150 000 dollars EU vient d'être accordée pour la création de la première station de radio qui émettra dans une langue des populations autochtones des forêts de l'Afrique Centrale.

Selon Scott Poynton, directeur exécutif du Tropical Trust Fund, il s'agit d'une très importante initiative, car elle permettra aux communautés pygmées de participer aux décisions concernant les forêts qui forment leur habitat – ce qui n'est pas actuellement le cas.

Le Tropical Trust Fund collabore avec une compagnie privée, la Congolaise Industrielle des Bois (CIB) qui gère 1,3 millions d'hectares de forêts dans le bassin du Congo en Afrique Centrale. Poynton explique que la CIB cherche à obtenir une certification pour répondre aux normes internationales, ce qui exige d'elle une étroite collaboration avec les populations autochtones.

« Le problème qui se pose avec les populations autochtones de cette partie du monde est qu'il est très difficile de les contacter », dit Poynton. « Ils n'ont pas de tradition écrite: on ne peut donc pas leur envoyer de lettre. Ils bougent sans cesse dans les forêts –ils sont là un jour, et le jour suivant, quand vous retournez pour leur parler, ils sont déjà partis."

« Leur société est égalitaire, par conséquent on ne peut pas seulement parler au chef du village, mais il faut parler à tout le monde."

« Il est très difficile de surmonter tous ces obstacles et de combler le fossé créé par l'analphabétisme de ces populations. Nous avons donc consulté des experts qui connaissent très bien les communautés pygmées et nous ont recommandé de monter une station radio. Nous avons répondu, d'accord, essayons cela. »

Poynton explique que la station radio sera administrée par la communauté, et que le projet distribuera des postes radios à travers la région.

« Elle sera dirigée par les pygmées. Ils choisiront eux-mêmes le matériau qui sera diffusé. Nous leur donnerons une formation à cet effet. Ils auront donc leurs propres programmes à la radio, et nous inclurons également des débats et discussions sur la gestion des forêts. Ils pourront alors participer aux décisions en matière de gestion des forêts, ce qui n'est pas le cas actuellement.

Poynton ajoute qu'aujourd'hui les populations autochtones se sentent exclues du processus de planification des forêts.

« Lorsqu'une compagnie s'apprête à couper du bois dans une zone, ses représentants ne vont pas s'asseoir avec les communautés vivant dans la forêt en leur disant: 'écoutez, nous allons construire une route ici, êtes-vous d'accord?' Leurs pistes forestières peuvent traverser des sites traditionnels, des endroits religieux – tout endroit ayant une signification spéciale pour ces communautés. Actuellement, il n'y a aucune consultation. Les routes sont construites en traversant des sites considérés comme importants par les communautés pygmées qui dès lors se sentent exclues du processus.

Nous pouvons changer cela très rapidement si nous commençons à établir un dialogue ».

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Development Marketplace 2005

Feuilleton radiophonique au Vietnam

Pour le Dr Monina Escalada, la radio est le moyen de communication le plus accessible au Vietnam, surtout dans les zones rurales.

Il était donc naturel qu'elle et ses collaborateurs choisissent la radio pour diffuser des messages environnementaux à près de 10 millions de familles de riziculteurs dans le delta du Mékong.

Le résultat est un projet novateur qui utilise un feuilleton radiophonique pour encourager les paysans à mettre fin aux pratiques nuisibles à l'environnement.

Deux fois par semaines, tout producteur de riz vietnamien qui se respecte pourra se brancher sur sa radio pour suivre un feuilleton radiophonique de 30 minutes diffusé par la radio nationale vietnamienne, la Voix de Ho Chi Minh ou d'autres stations provinciales. Le feuilleton est construit sur les us et coutumes d'une vraie famille paysanne au Vietnam.

Cette idée novatrice a été conçue par l'Institut international de recherche sur le riz basé aux Philippines, en partenariat avec la Voix de Ho Chi Minh. L'idée a reçu une subvention de 131 800 dollars EU du programme Development Marketplace pour encourager les paysans à modifier leurs attitudes envers l'environnement.

« Nous combinons le divertissement à l'éducation pour communiquer les messages environnementaux, dit Escalada, un chercheur de l'Institut international de recherche sur le riz basé aux Philippines.

Ce feuilleton radiophonique à composante environnementale abordera des problèmes tels que l'abus de produits chimiques par les paysans, l'utilisation excessive d'engrais et de pesticides, du brûlis, de l'eau et d'autres pratiques environnementales qui ne devraient pas être utilisées.

Selon Escalada, les riziculteurs, pour l'instant, ne se soucient que très peu de l'environnement.

« L'attitude qui prévaut aujourd'hui est que plus on utilise les pesticides et les engrais, mieux les cultures se porteront – parce que pour les paysans, utiliser ces produits, c'est être moderne » dit-elle.

Escalada est sûre du succès du feuilleton radiophonique.

« Au Vietnam, nous avons un public captif, parce qu'il n'y a qu'une seule radio nationale appelée la Voix de Ho Chi Minh, avec des stations régionales. Nous avons également prévu des activités de vulgarisation qui viendront renforcer le feuilleton radiophonique.

Ces activités comprennent les clubs radios et des compétitions hebdomadaires offrant des prix et où on pose des questions auxquelles les auditeurs envoient leurs réponses.

« Lorsque nous avons diffusé le programme pilote de la série, la station a reçu des milliers de lettres: la réponse a donc été extrêmement positive.»

« Cela n'est que le début. Nous espérons que le programme touchera également le nord et le centre du Vietnam. »




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