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WASHINGTON, le 9 août 2005 — La Banque mondiale a décidé de réduire les charges financières en vigueur sur ses prêts et de relever de 1 milliard de dollars, pour le porter à 14,5 milliards, le montant maximum qu’elle est prête à accorder à un pays donné, une décision qui reflète une amélioration de sa capacité financière. Approuvées par le Conseil de la Banque mondiale, les deux mesures concernent les pays qui empruntent à la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), sa filiale chargée d’accorder des prêts aux pays en développement à revenu intermédiaire. « Nous avons pu réduire nos charges et accroître notre capacité de prêt, ce qui devrait nous rendre mieux à même de fournir des ressources supplémentaires pour les pauvres dans les pays en développement à revenu intermédiaire », a déclaré John Wilton, directeur financier par intérim et vice-président chargé de la stratégie, des finances et de la gestion des risques à la Banque mondiale. « Nous avons été en mesure de le faire parce que la Banque dispose d’une assise financière adéquate et que ses perspectives financières à moyen terme sont favorables. » La BIRD a réduit ses commissions d’ouverture de 25 points de base (0,25 point de pourcentage du montant des prêts) en portant de 50 à 75 points de base l’abattement consenti sur ces commissions. Cette mesure concerne tous les prêts soumis au Conseil de la Banque après le 1er juillet 2005 et s’appliquera jusqu’au 30 juin 2006. La Banque a introduit sa commission d’ouverture de 100 points de base en 1998 et lui a appliqué l’abattement de 50 points de base pour la première fois au cours de son exercice 05. En ce qui concerne le relèvement du plafond d’emprunt, il est le premier que la Banque ait opéré depuis qu’elle a adopté ce plafond de 13,5 milliards de dollars, en 1997. Cette décision a été motivée à la fois par un renforcement de ses fonds propres et par une amélioration de la qualité de son portefeuille en termes de risque de crédit. Son ratio des fonds propres aux prêts est en effet passé à 31,4 % pour l’exercice 05, contre 29,4 % au cours de l’exercice précédent, et ses provisions pour pertes sur prêts sont tombées dans le même temps de 3,5 à 3 milliards de dollars. Sa décision était par ailleurs validée par la méthodologie qui permet à la BIRD d’évaluer les risques posés par une concentration de ses prêts au niveau de plusieurs gros emprunteurs. L’évolution de sa situation financière a en effet réduit le risque qu’une cessation de paiement d’un de ses principaux emprunteurs rende la Banque moins à même de poursuivre sa mission consistant à lutter contre la pauvreté à travers le monde. Le relèvement de son plafond d’emprunt a pu être effectué sans affecter la note AAA dont elle jouit sur les marchés obligataires, une notation dont elle tire parti pour contracter des emprunts à des conditions favorables et consentir des prêts à des taux d’intérêt compétitifs. Ce n’est pas la nécessité de répondre aux besoins immédiats de l’un ou l’autre de ses emprunteurs qui a amené la Banque à prendre cette décision. On ne s’attend en effet pas à ce que ses principaux emprunteurs atteignent le plafond antérieur dans le contexte des programmes de prêt actuels dont chacun d’eux a convenu avec la Banque. Le relèvement du plafond donne simplement à la BIRD la marge de manœuvre voulue pour lui permettre d’accorder à ces gros emprunteurs d’autres prêts à un stade ultérieur, si le besoin s’en fait sentir. Le principal emprunteur de la BIRD est la Chine, avec un encours de prêts qui s’élevait à 11 milliards de dollars à la fin de l’exercice 05, suivie du Mexique, de l’Indonésie et du Brésil. La Banque mondiale prête aux pays à revenu intermédiaire à des conditions qui sont financièrement compétitives par rapport à celles des autres banques multilatérales de développement. Une fois approvisionnées ses réserves, la BIRD affecte à peu près 40 % de son revenu net à l’Association internationale de développement (IDA), la filiale de la Banque mondiale qui accorde des dons et des crédits subventionnés aux pays les plus pauvres, ainsi qu’à l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (Initiative PPTE). Pour l’exercice 05, le Conseil de la Banque mondiale a approuvé un transfert de 400 millions de dollars à l’IDA et un autre de 210 millions de dollars en faveur de l’Initiative PPTE. La BIRD a par ailleurs indiqué que son revenu disponible net est tombé à 1,252 milliard de dollars au cours de l’exercice 05, contre 1,675 milliard pour l’exercice précédent. La majeure partie de son revenu net provient du rendement de ses investissements, lequel a diminué ces dernières années du fait des niveaux historiquement bas des taux d’intérêt américains. Selon les projections, il devrait se redresser à moyen terme sous l’effet de la hausse des taux d’intérêt et de l’accroissement des volumes de prêts. Le montant global des engagements de prêts et de garanties de la BIRD et de ses mécanismes de garantie s’est chiffré à 13,6 milliards de dollars pour l’exercice 05, ce qui marque une progression de 23 % par rapport à l’exercice précédent et représente un volume de prêt record pour la BIRD sur les six dernières années.
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