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Une approche dénommée "Profish"

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audio Entretien audio en anglais avec Warren Evans(Directeur du Département de  l'environnement de la Banque Mondiale) sur l'Initiative  PROFISH

Communiqué de presse en anglais: La Banque mondiale et ses partenaires lancent un nouveau programme

Autres ressources en anglais sur la Banque mondiale et la pêcherie

Le 25 aoút de 2005 -La Banque mondiale et ses partenaires mettent actuellement en place un nouveau programme mondial pour une pêche durable, préoccupés par le fait que le monde est sur le point de connaître une crise générale dans le secteur de la pêche.

Ce nouveau programme, dénommé PROFISH, vise à favoriser la mise en œuvre de stratégies et de politiques efficaces en matière de pêche aux niveaux national, régional et international.

 

Le Directeur du département de la Banque chargé de l'Environnement, M. Warren Evans, a lancé ce programme au Sommet « Poisson pour tous », organisé par le Nouveau partenariat pour l'Afrique (NEPAD) à Abuja au Nigéria.

 

« Nous sommes actuellement au bord d'un crise, » a déclaré M. Evans. « Les études publiées au cours de l'année écoulée indiquent que les ressources halieutiques marines sont déjà surexploitées. Les récifs coralliens sont endommagés dans le monde entier, et ni les pays pauvres ni les pays riches ne pourront pratiquer une pêche durable à moins que nous ne réagissions face à ce dilemme écologique. »

 

Selon M. Evans, cette crise résulte d'un simple fait. « Le rythme actuel de prélèvement des poissons est beaucoup plus rapide que le rythme de reconstitution des ressources halieutiques. »

 

« Ainsi, sept des espèces commerciales les plus prisées sont surexploitées. Ceci veut dire que ces ressources halieutiques se raréfient car elles ne peuvent pas se reconstituer du fait de la pression des êtres humains. »

 

Le poisson est la denrée alimentaire la plus commercialisée et le produit agricole dont la quantité augmente le plus rapidement sur les marchés internationaux.

La quantité et non la qualité

 

Selon M. Evans, même si les rendements de la pêche restent à peu près les mêmes, le problème est que les grosses espèces de poissons ayant une valeur marchande élevée ont été surexploitées et l'on capture actuellement de plus en plus d’espèces de plus petite taille. Par conséquent, la chaîne alimentaire est désorganisée.

 

« Nous pêchons donc la même quantité de poissons, mais cette denrée n'a pas la même qualité. Cette situation ne peut perdurer, » a-t-il déclaré.

 

Selon un nouveau rapport publié par la mission de la Banque mondiale au Nigéria, et qui est intitulé « Turning the Tide » (inverser la tendance), la surexploitation des ressources halieutiques représente beaucoup plus qu'une perte écologique.

 

Les conséquences pour les pays en développement

 

D'après ce rapport, il existe un lien direct entre la surexploitation des ressources halieutiques et la pauvreté – lien qui a de graves conséquences pour les pays en développement.

 

« C'est beaucoup plus qu'une perte écologique, » a déclaré M. Evans. « De nombreuses populations pauvres dans le monde vivent de la pêche. Pour elles, la pêche est non seulement un gagne-pain mais surtout la principale source de protéines. Dans des pays comme le Bangladesh et le Cambodge, l'épuisement des ressources halieutiques constitue un véritable danger pour la santé des familles démunies, des communautés vivant sur les côtes et à l'intérieur des terres. Il s'agit donc d'une question de développement qui a trait au développement économique et à une croissance favorable aux pauvres. »

 

La surexploitation des ressources halieutiques entraîne la diminution des emplois et la hausse des prix du poisson. Elle peut se traduire par la baisse d'une importante source de revenu pour les pays en développement. 
 

Les chiffres ci-après reflètent l'importance de la pêche dans les pays en développement.

  • Le secteur de la pêche, de l'aquaculture et la production halieutique emploie quelques 150 millions de personnes.
  • Le secteur de la petite pêche est responsable de la croissance des emplois liés à la pêche.

L'absence de stratégies efficaces

 

M. Evans affirme qu'il est, de toute évidence, nécessaire d'adopter une approche telle que PROFISH puisque les mécanismes actuels, visant à protéger les ressources halieutiques, n'ont pas été probants dans l'ensemble.

 

« Dans bon nombre de pays, ces mécanismes n'existent pas fondamentalement. La mauvaise gouvernance, l'absence de règlement, la non-application des règlements constitue un obstacle à la gestion efficace de la pêche, » a-t-il déclaré.

 

Il y a 38 millions de pêcheurs à plein temps: 90 % des pêcheurs du monde vivent en Asie et en Afrique – pays où les communautés côtières sont souvent très pauvres.

Imposer des restrictions en matière de pêche ne représente qu'une partie de la stratégie.

« PROFISH est un partenariat qui réunit la Banque et beaucoup d'autres importants partenaires au développement – et bon nombre de partenaires de nos pays en développement – pour tenter de résoudre les problèmes de gouvernance. Il s'agit également de trouver des réponses aux questions de capacité institutionnelle et d'encourager les pays à adopter une gestion des ressources halieutiques comme mesure de réduction de la pauvreté. »

 

M. Evans décrit PROFISH comme un effort à l’échelle mondiale « qui se traduira par des actes sur le terrain. »

 

« Ce n'est pas un programme d'investissement mais plutôt un programme d'appui aux pays en développement leur permettant d'identifier les problèmes les plus graves et d'y trouver des solutions, de façon à ce que ces pays parviennent à un rendement soutenu en matière de pêche. »

 

Selon M. Evans, le fait de limiter l'accès à la pêche ne constitue qu'une partie de la solution. Un autre facteur important dont il faut tenir compte, est le niveau des subventions.

 

« Les subventions ont actuellement un effet dévastateur sur le développement durable de la pêche. En effet, les flottes de pêche sont alors subventionnées et contribuent ainsi à surexploiter des ressources halieutiques dans les écosystèmes fragiles," a-t-il ajouté.





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