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Microfinance

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microfinance-picProjets sur le financement des micro-entreprises et des PME
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microfinance-picActualité sur le secteur financier
microfinance-picSite web du Groupe consultatif pour l’aide aux plus pauvres

En bref

  • Environ 2,7 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services financiers formels.

  • Les populations pauvres doivent par conséquent recourir à des solutions informelles, généralement plus coûteuses et moins fiables que les comptes d’épargne et de prêts, assurances et services de paiement formels.

  • L’accès aux services financiers est source de progrès aussi bien pour les familles que pour l’économie en général. Considérées conjointement, les micro-entreprises sont le principal employeur dans de nombreux pays à faible revenu. Pourtant, leur croissance est souvent asphyxiée par un manque d’accès aux financements formels, qui leur permettraient d’investir dans du capital fixe, de développer leur chiffre d’affaires et de multiplier les embauches.

  • L’amélioration de l’accès au financement exerce une influence positive à trois niveaux :
    • Elle a un impact positif sur le bien-être des ménages, en aidant les familles à accumuler des actifs, à gérer les risques et à lisser leur consommation. Un corpus de données de plus en plus consistant montre que, lorsque les services financiers répondent efficacement aux besoins des clients pauvres, ils peuvent conduire à une augmentation des revenus et à des progrès en matière de santé et d’éducation, en permettant aux enfants de manquer moins souvent l’école et aux familles de prendre des repas plus réguliers. Une étude menée au Kenya montre qu’avec un compte d’épargne, les vendeuses sur les marchés peuvent avoir un stock plus important et donc des revenus plus élevés. Une étude menée au Ghana tend à prouver que la souscription d’une assurance-récoltes permet aux agriculteurs de passer plus facilement d’une agriculture de subsistance à des cultures de rapport, d’utiliser davantage d’engrais et de terres, et donc de dégager de meilleurs revenus et d’améliorer in fine la sécurité alimentaire de leur famille.

    • L’amélioration des systèmes financiers joue un rôle important dans l’efficience et dans la réduction des coûts d’autres actions de politique publique. Ainsi, au Brésil, Bolsa Familia a choisi de regrouper le versement de ses prestations sociales sur une seule carte électronique. En conséquence, les coûts des transactions sont passés de 14,7 à 2,1 %, soit une économie de 12,6 points sur des milliards de dollars.

    • Au niveau macroéconomique, les recherches montrent qu’un approfondissement des systèmes financiers accélère la croissance et réduit les inégalités. C’est pourquoi le G20 a fait de l’inclusion financière une priorité permanente en mettant en place le Partenariat mondial pour l’inclusion financière (GPFI) et en s’engageant à respecter les « Principes de l’inclusion financière novatrice », sur lesquels doivent s’appuyer les actions visant à améliorer l’accès des populations non bancarisées aux services financiers.

    • Le groupe de la Banque mondiale soutient activement les priorités du GPFI relatives au financement des PME, à l’accès des femmes aux services financiers, au financement du secteur agricole, aux instances de réglementation et aux données ; la Société financière internationale (IFC) et le Groupe consultatif pour l’aide aux populations les plus pauvres (CGAP) sont ses partenaires opérationnels, la Banque apportant le concours de ses experts. Dans l’optique d’une éventuelle thématique sur l’inclusion financière lors de sa présidence du G20 en 2012, le Mexique a déjà demandé les conseils et la contribution du Groupe de la Banque, et le nouveau programme de la Banque mondiale sur les pratiques mondiales d'inclusion financière coordonne ce dialogue avec le CGAP, l’IFC et le service de la Banque mondiale chargé des partenariats internationaux.

  • Ces dernières décennies, de nouvelles possibilités de financement se sont ouvertes grâce à la multiplication de différents types de prestataires de services financiers destinés aux populations pauvres : organisations non gouvernementales, coopératives, établissements de développement communautaire (groupes d’entraide et caisses de crédit mutuel, par exemple), banques commerciales ou banques d’États, compagnies d’assurance ou de carte de crédit, services de télécommunications et de transfert de fonds, bureaux de poste et autres points de vente.

  • L’essor de l’« argent mobile », à savoir les services financiers offerts via des téléphones mobiles — paiement de factures ou épargne à court terme par exemple —, est particulièrement prometteur en ce qu’il entraîne une réduction des coûts très considérable. Ce moyen permet aussi d’atteindre plus facilement les personnes qui vivent dans des régions reculées et peut même se révéler beaucoup plus pratique et plus sûr.

Le Groupe de la Banque mondiale s’est engagé à soutenir la formation de marchés financiers locaux équitables et la constitution d’un secteur de la microfinance solide dans les économies en développement. Plusieurs institutions au sein du Groupe ont des rôles complémentaires dans la réalisation de l’objectif d’accès universel aux services financiers.

  • La Banque mondiale, composée de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et de l’Association internationale de développement (IDA) — le fonds pour les pays les plus pauvres — aide les pouvoirs publics à soutenir l’intermédiation financière à l’intention des ménages pauvres et des micros, petites et moyennes entreprises (MPME). Ce soutien prend la forme de conseils en politique publique, de réformes juridiques et réglementaires, d’une aide au développement des institutions et de financements. En juin 2011, le portefeuille de la BIRD et de l’IDA destiné au financement des MPME se chiffrait à 4,9 milliards de dollars, plus des engagements se montant à 6,1 milliards de dollars. Cet appui, déployé à travers plus de 70 projets d’investissement en cours dans 45 pays, ainsi que plusieurs projets régionaux, permet aux établissements financiers de servir les ménages pauvres et les petites entreprises, et de les aider à satisfaire leurs besoins financiers, à gérer leur activité et à acquérir des biens.

  • La Société financière internationale (IFC) est le principal investisseur du Groupe de la Banque mondiale dans le domaine de la microfinance. Il s’agit aussi de l’un des investisseurs multilatéraux qui servent le plus grand nombre d’institutions de microfinance, soit 110 établissements répartis dans plus de 50 pays. En juin 2011, les sociétés bénéficiant des investissements de l’IFC totalisaient un portefeuille de près de 8 millions de microcrédits, pour une valeur de près de 12,6 milliards de dollars.

  • Le Groupe consultatif d’aide aux populations les plus pauvres (CGAP) est un centre mondial de recherche et de développement sur les politiques publiques qui s’attache à faire progresser l’accès des plus pauvres aux services financiers. Partenariat multidonateurs basé au sein de la Banque mondiale, il est relayé par plus de 30 agences de développement et fondations privées, qui se donnent toutes pour mission de lutter contre la pauvreté. Le CGAP encourage l’élaboration de normes, finance et développe des solutions novatrices et diffuse savoirs et meilleures pratiques. Il fournit également des services de conseil aux pouvoirs publics, aux prestataires de services financiers, aux donateurs et aux investisseurs. Face aux crises récentes, le CGAP a consacré un rapport aux implications mondiales de la crise sur la microfinance indienne (Andhra Pradesh 2010: Global Implications of the Crisis in Indian Microfinance) et a ouvert le dialogue avec les parties prenantes autour de deux blogs, l’un consacré à la situation dans l’Andhra Pradesh et l’autre au projet de loi indien sur la microfinance (India Microfinance Bill).

Le rôle du Groupe de la Banque mondiale dans la microfinance

Le Groupe de la Banque mondiale est un acteur clé dans la promotion de l’inclusion financière des plus pauvres, en termes d’investissement, de conseil, d’innovation et de recherche.

BIRD/IDA

La BIRD et l’IDA accordent aux États des prêts à l’appui des politiques de développement visant à soutenir une réforme des politiques publiques et de la réglementation qui facilite une meilleure inclusion financière des pauvres et des petites entreprises, ainsi qu’une assistance technique destinée aux instances de réglementation pour le renforcement de leurs capacités et la promotion d’une finance responsable. La BIRD et l’IDA financent également l’infrastructure financière nécessaire pour favoriser l’inclusion, notamment les systèmes de paiement et d’information sur le crédit. Enfin, elles accordent des financements en faveur des MPME et des ménages pauvres par l’intermédiaire d’institutions offrant des services bancaires de gros ou de détail et bénéficiant de garanties de l’État ; une assistance technique est parfois proposée aux établissements financiers afin qu’ils renforcent leurs opérations et l’efficacité de leurs efforts d’inclusion.

  • Le soutien qu’apporte la Banque mondiale au financement des MPME prend des formes diverses et atteint un éventail varié de bénéficiaires finals : cela va par exemple de l’octroi d’importantes lignes de crédit en faveur de PME en Turquie via le secteur financier formel à des prêts de 100 dollars destinés à des ménages pauvres d’Afghanistan par l’intermédiaire d’organisations non gouvernementales.

  • Le soutien de la Banque mondiale au financement des ménages pauvres ou des PME peut se traduire par l’un des types d’opérations suivants :

  • Prêts à l’appui des politiques de développement ou octroi de fonds au titre de l’assistance technique destinés à soutenir les réformes, révisions de la réglementation et changements juridiques qui améliorent l’accès au financement, à renforcer la capacité des autorités financières à réguler les établissements financiers qui desservent des ménages pauvres ou des petites entreprises, ou à créer des infrastructures susceptibles de faciliter l’accès (systèmes de paiement et d’information sur le crédit).

  • Lignes de crédit ou mécanismes de partage des risques via des banques de gros ou de détail, permettant de multiplier les crédits aux MPME.

  • Fonds d’assistance technique visant le développement institutionnel des établissements financiers de façon à renforcer leur capacité à toucher une clientèle plus vaste, à développer des produits destinés au marché des MPME et à renforcer leur pérennité financière.

Société financière internationale (IFC)

L’IFC s’attache plus particulièrement à soutenir la création et le fonctionnement d’établissements de microfinance commercialement viables, capables d’attirer les capitaux privés nécessaires pour s’adapter et répondre à la demande non satisfaite. Elle joue un rôle clé en montrant que les microcrédits commerciaux sont rentables et en les promouvant comme une nouvelle catégorie d’actifs auprès des investisseurs institutionnels privés. Depuis qu’elle a ouvert la voie dans le domaine de la microfinance commerciale, au début des années 90, l’IFC n’a eu de cesse d’être en pointe de l’innovation dans ce domaine, s’appuyant sur les évolutions technologiques, les produits financiers et les politiques publiques pour aider les établissements financiers à servir un plus grand nombre de personnes de façon plus économiquement rationnelle. Voici quelques exemples de projets :

  • Bandhan : l’IFC a pris une participation de 35 millions de dollars au capital de Bandhan, quatrième établissement de microcrédit en Inde. Bandhan opère dans 18 États du nord et de l’est du pays, dont certains des États les plus pauvres, où la densité de population est élevée et la pénétration de la microfinance faible, comme dans le Chhattisgarh, le Jharkhand et le Tripura. Cette initiative favorisera une croissance plus équilibrée de la microfinance en Inde, étant donné que la plupart des établissements de secteur sont concentrés dans le sud du pays. Bandhan s’attache prioritairement à accorder des microcrédits aux femmes micro-entrepreneurs dans les zones urbaines aussi bien que rurales grâce à son réseau de 1 553 succursales. Le projet devrait avoir une incidence significative sur la réduction de la pauvreté et la création d’emplois dans ces zones sous-desservies. Bandhan compte actuellement 3 millions d’emprunteurs, qui sont tous des femmes, chiffre qui devrait se monter à 12 millions d’ici 2016. Outre cet investissement, l’IFC travaille avec Bandhan à renforcer ses capacités de gestion et ses opérations d’une façon durable et efficiente, et à introduire les bonnes pratiques internationales dans les politiques environnementales et sociales, le gouvernement d’entreprise et la gestion des risques.

  • FINCA: l’IFC s’est alliée à plusieurs partenaires, notamment la banque de développement allemande KfW et la banque de développement néerlandaise FMO, pour un investissement sur trois ans dans FINCA Microfinance Holdings (FMH), auquel l’IFC contribuera à hauteur de 35 millions de dollars. FMH devrait aider FINCA à quasiment doubler sa base de clientèle, pour la porter à 1,5 million de personnes sur l’ensemble de son réseau de 21 programmes à travers l’Afrique, l’Amérique latine, l’Eurasie et le Grand Moyen-Orient, dont 15 pays IDA. Il offrira des services financiers à des pays en situation post-conflit, tels que le Kosovo et Haïti, ainsi que dans les zones rurales ou frontalières des pays où il opère. Point essentiel, plus de 70 % des clients de FINCA sont actuellement des femmes, conformément aux engagements de l’IFC en faveur de l’appui à la population féminine. Grâce à cet investissement, ces clients pourront acquérir des actifs, rehausser leur niveau de vie et créer des emplois.

Le Groupe consultatif d’aide aux populations les plus pauvres (CGAP)

Actuellement, le CGAP est largement reconnu comme la principale source d’information sur l’inclusion financière ; il diffuse des informations cruciales dans ses publications de référence et dans des ressources en ligne, notamment le Portail Microfinance (http://www.lamicrofinance.org/), le blog du CGAP sur la microfinance (CGAP Microfinance Blog, en anglais) et le blog du CGAP sur la technologie (CGAP Technology Blog, en anglais). Voici quelques exemples de projets du CGAP :

  • Les nouvelles technologies de prestation de services, telles que les téléphones portables, réduisent les coûts et améliorent l’efficacité. De nombreuses grandes institutions et banques de microfinance offrant leurs services aux populations pauvres s’appuient désormais sur la technologie pour permettre à leurs clients d’effectuer paiements, transferts et retraits d’argent en dehors des agences bancaires. Ces dispositifs incluent les distributeurs automatiques de billets, les cartes de crédit et les services bancaires par téléphone portable. Grâce au soutien de la Fondation Bill et Melinda Gates et du ministère britannique du Développement international (DFID), le CGAP a engagé 15,4 millions de dollars en faveur de 17 initiatives réparties dans 12 pays et associant des institutions de microfinance, des banques, des opérateurs de téléphonie mobile et des fournisseurs de systèmes de paiement. Ces initiatives, qui ciblent des millions de personnes jusqu'à présent exclues des services bancaires, sont destinées à expérimenter des canaux de distribution fondés sur les nouvelles technologies et permettant de desservir les familles pauvres, notamment dans les régions rurales et reculées. Le CGAP travaille par exemple avec la Society for the Elimination of Rural Poverty dans l’État indien de l’Andhra Pradesh pour permettre à 800 000 groupes de crédit et d’épargne d’exercer leur comptabilité en temps réel et d’établir les profils d’emprunteur pour leurs 9 millions de membres ; au Mexique, il aide l’enseigne OXXO, la plus grande chaîne de supermarchés du pays avec 7 600 magasins, à abriter un réseau de comptoirs bancaires pour six banques ; en Afrique du Sud, il est associé à WIZZIT, première banque « mobile » du continent, pour expérimenter l’adoption des services bancaires par téléphone portable dans les zones rurales sud-africaines. Par le biais de ces projets et de sa propre recherche, le CGAP a fait progresser les connaissances sur le potentiel qu’offre la banque à distance pour desservir à faible coût les populations pauvres. Le CGAP collabore également avec les pouvoirs publics à la construction de cadres politiques et réglementaires cohérents ayant pour objectif de faire cohabiter les besoins des clients avec des règles prudentielles et de sécurité.
  • Servir les plus pauvres. Les services de microfinance n’atteignent généralement pas les personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour. Pour les personnes les plus démunies n’ayant pas de revenus réguliers, d’autres formes d’aide sont requises : la fourniture d’une aide alimentaire, d’eau potable, d’infrastructures de base, de logements et d’activités génératrices de revenus. Les programmes de transferts en espèces pour la protection sociale, l’aide alimentaire et les mécanismes de garantie de l’emploi peuvent contribuer à répondre aux besoins de consommation immédiats des plus pauvres. Cependant, la microfinance peut permettre de développer des activités génératrices de revenus ou d’acquérir des biens afin que les individus sortent durablement de la pauvreté. Lancé en 2006, le Programme de progression CGAP-Ford Foundation explore comment filets de protection sociale, formations aux moyens de subsistance et services financiers peuvent être organisés pour sortir les populations de l’extrême pauvreté, selon une méthodologie développée par la BRAC au Bangladesh. Le programme soutient la mise en œuvre de neuf initiatives pilotes en Haïti, en Inde, au Pakistan, au Honduras, au Pérou, en Éthiopie et au Yémen, en partenariat avec des organisations locales. Quatre projets sont à présent terminés, avec le taux de réussite suivant : 93 % des participants en moyenne sont sortis de l’extrême pauvreté, d’après des critères pertinents tels que la sécurité alimentaire, la stabilisation des revenus, l’accès aux soins de santé et la réalisation d’un plan d’avenir. Ces initiatives pilotes sont mises en place en partenariat avec des fournisseurs de services financiers, des ONG et des programmes sociaux d’État. Plusieurs d’entre elles mesurent leur impact sur les conditions de vie des participants par des évaluations aléatoires et des études qualitatives.

Contacts pour les médias :
Jeanette Thomas (CGAP), (202) 744-4829, jthomas1@worldbank.org 
Douglas Pearce (World Bank, FPD), (202) 458 4343, dpearce@worldbank.org 
John McNally (IFC) (202) 458-0723 Jmcnally@ifc.org

Dernière mise à jour : août 2011




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