| 16 novembre 2005 - La croissance économique dans les pays en développement va se ralentir cette année pour tomber à 5,9 %, contre 6,8 % l’année dernière. C’est ce qui ressort du rapport de la Banque mondiale sur les Perspectives économiques mondiales pour 2006, qui prévoit par ailleurs un taux de croissance de 5,7 % en 2006 pour les pays en développement. Dans les pays à revenu élevé, la croissance devrait être pour l’essentiel stagnante, indique Andrew Burns, l’un des auteurs qui ont contribué à ce rapport. « Cela reflète des tendances différentes. On s’attend à ce que la croissance aux États-Unis se ralentisse quelque peu, le Japon restant relativement stable aux niveaux actuels d’un peu plus de 2 %, et la croissance se renforçant en Europe », ajoute-t-il. Dans l’ensemble, observe le rapport, le ralentissement des économies industrialisées qui s’est amorcé au second semestre de 2004 s’est poursuivi cette année. Selon ses projections, la croissance du produit intérieur brut (PIB) de ces pays s’établira à 2,5 %, contre 3,1 % l’année dernière. Bien que l’expansion des économies en développement se soit ralentie en pourcentage, elle restera « très solide », fait observer M. Burns. Le rapport indique que ces économies continueront de connaître des taux de croissance très élevés, et de plus du double de ceux des pays à revenu élevé. Prix pétroliers Selon M. Burns, le renchérissement du pétrole est un facteur qui a pesé sur l’expansion de l’économie mondiale. « Le niveau élevé des prix pétroliers a joué un rôle important », note-t-il. « Et venant juste après cette très forte croissance qu’on a pu observer en 2004, il faut s’attendre à un ralentissement à mesure que les pays se heurtent à des contraintes de capacité. Le resserrement de la politique monétaire aux États-Unis a également joué un rôle. » Selon lui, les prix pétroliers devraient baisser au cours des années qui viennent : « Nous situons les prix à 60 dollars le baril pour 2006. Nous nous attendons à ce qu’ils s’établissent en moyenne à 56 dollars, pour tomber aux alentours de 52 dollars le baril en 2007. » Il ajoute toutefois que les hausses intervenues depuis 2004 devraient se traduire, pour les pays pauvres importateurs de pétrole, par « d’importants coûts économiques » qui ne se reflètent pas dans les chiffres du PIB. « Si l’on analyse la situation en termes de revenus dans les pays en développement, on constate que le ralentissement y est bien plus prononcé, avec une baisse des revenus de l’ordre de 3 %. » Selon lui, si des mesures ne sont pas prises pour aider les plus vulnérables des pays à faible revenu importateurs de pétrole, ceux-ci vont devoir couvrir la charge supplémentaire représentée par l’alourdissement de leur facture pétrolière en réduisant les dépenses dans d’autres domaines. « Et cela, nous en avons peur, aura un fort impact sur la pauvreté dans ces pays », conclut-il. Risques potentiels Selon les auteurs, l’aspect relativement positif des perspectives dépeintes dans le rapport est sujet à « d’importants risques de dégradation de la situation ». Une éventuelle perturbation des approvisionnements pétroliers constitue le principal de ces risques. Selon le rapport, un choc au niveau de l’offre pourrait porter les prix à des niveaux encore plus élevés, provoquant éventuellement un recul de 1,5 % de la production mondiale sur plusieurs années. L’évolution future des taux d’intérêt, qui restent faibles en dépit des récentes hausses, est un autre facteur d’incertitude cité par les auteurs du rapport. Selon eux, la persistance des déséquilibres mondiaux, les signes de poussée inflationniste et les craintes que suscite la viabilité à long terme des finances publiques dans les pays industrialisés sont autant de facteurs susceptibles d’engendrer une hausse des taux et, éventuellement, de provoquer un ralentissement plus sérieux encore de l’économie mondiale. |