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Quelle est la performance des pays en matière de gouvernance ?

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Selon une nouvelle étude de la Banque mondiale, des pays africains tels que le Botswana, le Ghana, le Sénégal, la Sierra Leone, le Mozambique et le Libéria figurent parmi les États ayant accompli des progrès sur le plan de l’amélioration de la gouvernance et de la lutte contre la corruption.

 

Cette étude, dont les résultats sont contenus dans un nouveau rapport intitulé Governance Matters 2006: Worldwide Governance Indicators, montre également que sur la base des indicateurs de la primauté du droit et de la lutte contre la corruption, une douzaine de pays non membres de l’OCDE, notamment la Slovénie, le Chili et l’Estonie, réalisent une performance supérieure à celle de certains pays industrialisés tels que la Grèce et l’Italie.

 

D’après Daniel Kaufmann, co-auteur du rapport et directeur du programme gouvernance mondiale à l’Institut de la Banque mondiale, ces constatations font voler en éclats un certain nombre de mythes, dont l’un a trait à l’Afrique.

 

« Ces indicateurs remettent en question l’afro-pessimisme », déclare Kaufman. « L’analyse des données révèle qu’en moyenne, l’Afrique est confrontée à d’énormes défis. C’est toutefois une erreur de s’en tenir à l’examen des moyennes ».

 

« Dans notre rapport, nous faisons preuve de franchise en affirmant qu’en moyenne, l’Afrique est confrontée à d’énormes défis de gouvernance. Bien des pays affichent une piètre performance en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption ».

 

« Il existe cependant des cas remarquables de pays qui ont obtenu des résultats satisfaisants et de plus en plus meilleurs au cours de la dernière décennie, comme l’illustrent les cas du Ghana, du Botswana, du Mozambique, de la Tanzanie, du Sénégal et d’autres encore ».

 

Le deuxième mythe dissipé par l’étude est qu’il n’est donné qu’aux riches pays industrialisés de réaliser une solide performance en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption.

 

L’étude, qui couvre bien plus de 200 pays, montre par ailleurs qu’en ce qui concerne la primauté du droit et la lutte contre la corruption, plus d’une douzaine de pays non membres de l’OCDE, dont le Botswana et l’Estonie, enregistrent de meilleurs résultats que certains pays industrialisés comme la Grèce et l’Italie.

 

En outre, l’étude révèle que la responsabilité démocratique va souvent de pair avec l’intégrité dans la conduite des affaires publiques.

 

« Les données nous amènent à conclure que les pays dont la presse jouit d’une plus grande liberté ont également un gouvernement plus transparent, plus efficace et plus apte à réprimer la corruption », affirme Daniel Kaufmann, co-auteur du rapport avec Aart Kraay et Massimo Mastruzzi.

 

À en croire l’étude, le Chili, le Portugal et le Canada sont des pays ayant une démocratie dynamique et connaissant très peu de corruption. Leur situation contraste avec celle des pays confrontés à ce que le rapport appelle « des problèmes de représentativité et de responsabilité, tels que la Chine et la Fédération de Russie, où la corruption tend à être plus présente ».

 

L’étude constate néanmoins qu’il n’existe pas toujours de lien entre l’ampleur de la représentativité et de la responsabilité démocratique caractérisant un pays, et le succès de ce dernier dans la lutte contre la corruption.

 

L’étude mentionne par exemple le cas de Singapour qui occupe les premiers rangs mondiaux au chapitre de la lutte contre la corruption, tandis que pour ce qui est de la représentativité et de la responsabilité, il se classe au milieu du tableau — en dessous de pays nettement plus pauvres comme le Brésil et le Botswana.

 

Ces indicateurs constituent l’une des plus grandes bases de données qui existent sur la gouvernance. L’étude est basée sur les réponses obtenues de plus de 120 000 citoyens, entreprises et spécialistes du monde entier, telles que fournies par 25 différentes organisations. Les réponses sont à leur tour utilisées pour établir les indicateurs de gouvernance mondiale grâce à une méthodologie des plus modernes.

 

Dans l’ensemble, l’étude brosse un tableau plus réaliste des tendances mondiales de la gouvernance.

 

Le rapport tend à indiquer que rien, pour ainsi dire, ne permet de croire que la situation s’est améliorée de façon considérable, en moyenne, dans les pays industrialisés et dans ceux en développement au cours de la dernière décennie. Il fait remarquer toutefois que dans un nombre de pays bien déterminés, d’importantes améliorations ont été réalisées.

 

 

D’après Kaufmann, même si ces améliorations ne sont pas généralisées, l’expérience du petit nombre de pays où elles sont déjà manifestes donne à penser que lorsqu’il y a une volonté politique et des réformes, la gouvernance et la lutte contre la corruption peuvent s’améliorer considérablement et en un temps relativement court.   

 

Toutefois, la détérioration peut également se produire de façon rapide, comme le montrent par ailleurs les données relatives aux présents indicateurs de gouvernance mondiale.  

 

Parmi les pays ayant engagé des réformes, l’étude met en exergue le Ghana, la Croatie et le Pérou qui ont enregistré une amélioration de leurs résultats en matière de représentativité et de responsabilité. En Europe de l’Est, un certain nombre de pays ont réalisé des gains considérables. À titre illustratif, la Bulgarie et la Roumanie obtiennent des résultats satisfaisants dans le domaine de l’amélioration de l’efficacité du gouvernement, tout comme l’Arménie et la Lituanie en ce qui concerne la qualité de la réglementation, indicateur qui mesure l’incidence des politiques défavorables au marché. La Lettonie affiche de bons résultats pour ce qui est de l’amélioration de la lutte contre la corruption.

 

En guise de preuve qu’un changement à plus court terme est possible, l’étude montre qu’un certain nombre de pays ont accompli des progrès considérables depuis 2002. À titre d’exemple, l’Ukraine, la Serbie et le Libéria ont obtenu des résultats satisfaisants pour la représentativité et la responsabilité, tout comme la Géorgie pour la stabilité politique et la lutte contre la corruption, et la République slovaque pour l’efficacité du gouvernement.

 

Kaufmann souligne l’importance de la bonne gouvernance pour le développement. 

 

« Nous l’appelons le dividende de 300 % pour le développement », explique-t-il. « Un pays qui améliore sa gouvernance génère à long terme trois fois plus de revenu annuel par habitant, passant de 1 000 à 3 000 dollars ou de 3 000 à 9 000 dollars ».

 

Kaufmann ajoute que des résultats similaires sont obtenus dans le domaine de la réduction de la mortalité infantile, ainsi que de l’amélioration de l’alphabétisation et de la compétitivité.

 

Les indicateurs de gouvernance mondiale mesurent six composantes de la bonne gestion des affaires publiques, à savoir : la représentativité et la responsabilité — mesure des droits politiques, civils et de l’homme ; la stabilité politique et l’absence de violence — mesure de la probabilité de menaces de violence, y compris le terrorisme ; l’efficacité du gouvernement ; la qualité de la réglementation ; la primauté du droit et la lutte contre la corruption.

Les auteurs du rapport mettent en garde contre tout sentiment    trompeur de précision dans l’utilisation de ces indicateurs ou de tout autre indicateur, et ils déconseillent l’établissement de classements précis.   

« Il est difficile de mesurer la gouvernance, et aucun indicateur n’est entièrement fiable — du point de vue de l’exactitude des renseignements qu’il fournit » —, précise Kraay. « Une caractéristique majeure de nos indicateurs de gouvernance est que nous n’épargnons aucun effort pour souligner clairement le degré de leur imprécision, laquelle est certes propre à toutes les autres mesures de gouvernance, mais rarement admise. Compte tenu du fait que nous agrégeons des renseignements provenant d’un nombre important et varié de sources, nos indicateurs sont plus riches en information que toute source de données considérée à titre individuel ».

 




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