Le Comité du développement a fait des avancées lundi sur le document de stratégie de la Banque mondiale relatif au renforcement de son action pour promouvoir la gouvernance et lutter contre la corruption, ainsi que sur la stratégie qu’elle a définie pour les pays à revenu intermédiaire.
Instance consultative suprême de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international pour l’établissement de leurs politiques, leComité du développementest composé des 24 ministres des finances ou du développement nommés par les pays ou groupes de pays qui sont représentés par les administrateurs siégeant aux conseils de l’une et de l’autre.Il se réunit deux fois par an, avant les Réunions de printemps et les Assemblées annuelles des deux institutions, afin de discuter des grands dossiers de politique économique et de développement qui lui sont présentés par leurs responsables.
Examen du document de stratégie sur la gouvernance
Les membres du Comité ont consacré énormément de temps à l’examen du document sur la gouvernance lors de la réunion qu’ils ont tenue à Singapour.Plusieurs d’entre eux se sont inquiétés de savoir si la focalisation sur cette question ne risquait pas d’aboutir à ce que la Banque réduise ses activités de prêt ou y attache de nouvelles conditions.
Le président de la Banque, Paul Wolfowitz, a fait clairement savoir à cet égard que l’objectif visé « est la réduction de la pauvreté :il ne s’agit pas de se désengager là où il y a des problèmes, mais plutôt d’approfondir notre engagement pour aider les pays à résoudre leurs problèmes et à améliorer la gouvernance. »
Selon le président du Comité, Alberto Carrasquilla, ministre des finances de Colombie, l’unanimité s’est dégagée sur le fait que les « actions menées pour favoriser une bonne gouvernance sont essentielles à la réussite des efforts de développement et de réduction de la pauvreté », et qu’« il est donc important de fournir un appui à ce titre aux pays membres pour promouvoir la mission de la Banque ».Dans leur communiqué, les membres du Comité ajoutent à cet égard : « Nous appuyons la participation de la Banque aux efforts axés sur la gouvernance et la lutte contre la corruption. »
Un impératif : l’adhésion des pays et leur impulsion
M. Carrasquilla a toutefois estimé que la prise en main de cette stratégie par les pays et leur impulsion seraient essentielles pour son application. Au cours de la conférence de presse qu’il a tenue avec M. Wolfowitz et le directeur général du FMI, Rodrigo de Rato, il a déclaré :« Nous avons également insisté sur le fait que la Banque a pour principe directeur d’assurer un traitement prévisible, transparent, cohérent et égal à tous ses pays membres… et reconnu que la stratégie évoluera au fur et à mesure de sa mise en œuvre.Nous avons souligné l’importance que revêt la supervision par les Administrateurs des travaux qui seront consacrés à la poursuite de son élaboration, puis à son exécution. »
Lors de sonintervention devant le Comité, M. Wolfowitz a déclaré : « Je considère ce document comme un point de départ.En mettant le plan en œuvre, l’important sera d’écouter et d’apprendre au contact des pays développés et en développement qui sont nos partenaires.Le Conseil a aidé à donner forme au document en étant profondément impliqué dans son élaboration, et j’attends avec intérêt qu’il maintienne son engagement et son rôle de supervision à mesure que nous appliquerons cette stratégie. »
Il a ajouté :« Nous avons une obligation envers la population pauvre du monde… pour que l’intégralité de nos fonds servent aux objectifs prévus.Ces objectifs sont d’établir de bonnes écoles pour les enfants pauvres, de favoriser l’accès des mères pauvres à de bons soins de santé et de donner aux travailleurs pauvres la chance de disposer d’un bon emploi.En second lieu, si nous gaspillons notre aide au niveau de projets ou d’institutions où l’argent n’est pas utilisé comme il faut, cela se fera aux dépens de bien d’autres qui ont manifesté le besoin et la capacité d’utiliser plus que ce qu’ils ont à leur disposition.Enfin, nous devons pouvoir convaincre nos donateurs que nous faisons bon usage de leurs ressources. »
M. Wolfowitz a déclaré aux journalistes que la Banque soumettrait au Comité un rapport d’activité sur la mise en œuvre de la stratégie à l’occasion de sa réunion du printemps prochain.
Stratégie pour les pays à revenu intermédiaire
Sur la question des pays à revenu intermédiaire, où vivent encore 70 % des pauvres de la planète, le Comité a approuvé ladéclarationconcernant le rôle institutionnel que doit jouer la Banque et sa mission de réduction de la pauvreté dans le cadre du partenariat établi avec ces pays.Il a accueilli favorablement les propositions formulées par la Banque pour « accroître la valeur ajoutée de la BIRD et renforcer ses interventions face à l’évolution et à la diversité des besoins des pays à revenu intermédiaire ».
Le Comité a également examiné et approuvé les rapports sur l’état d’avancement de l’Initiative pour l’accélération du programme Éducation pour tous, des initiatives d’allégement de la dette multilatérale et en faveur des pays pauvres très endettés, et d’un Cadre d’investissement pour mettre les énergies propres au service du développement.