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La prochaine vague de mondialisation

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13 décembre 2006—Imaginez un instant le monde dans 25 ans : un monde dans lequel les pays en développement sont les moteurs de la croissance de l'économie, et où la moitié ou plus du pouvoir d'achat global est le fait de ces pays, qui comptent en outre quelque 1,2 milliard d'habitants pouvant être caractérisés comme représentant une « classe moyenne ».

Imaginez également un monde dans lequel le nombre de personnes ayant moins de 1 dollar par jour pour vivre est réduit de moitié - de 1,1 milliard aujourd'hui à 550 millions en 2030. C'est le monde que laissent entrevoir les scénarios établis par la Banque mondiale dans son nouveau rapport, Perspectives pour l'économie mondiale 2007 : Gérer la prochaine vague de mondialisation.

Essor des économies en développement

Selon Richard Newfarmer, principal auteur de ce rapport et conseiller économique au Département du commerce de la Banque, ces perspectives s'inscrivent dans le fil des tendances récentes de l'économie mondiale. La croissance s'est en effet accélérée ces dix dernières années dans les pays en développement, et elle devrait rester forte sur le moyen et le long terme.

« On s'attend à ce que les taux de croissance pour les pays en développement soient de 7 % cette année et supérieurs à 6 % en 2007 et 2008, une progression deux fois plus rapide que celle des pays à revenu élevé, qui sont censés progresser d'environ 2,6 % », précise Hans Timmer, chef de l'équipe de prospective de la Banque. « Cela marque la troisième année de très forte expansion et la poursuite d'une tendance à la hausse de la croissance dans les pays en développement, qui tient principalement à l'amélioration des performances pour beaucoup d'entre eux plutôt qu'à une croissance très rapide pour quelques-uns. »

Progrès sur le front de la pauvreté

M. Newfarmer ajoute que les économies en développement sont destinées à être un élément moteur de l'économie mondiale. « On s'attend à ce que la part des économies en développement dans le commerce mondial passe à près de 50 % d'ici à 2030 », dit-il.

« C'est une progression substantielle par rapport au chiffre de l'ordre de 30 % auquel on se situe aujourd'hui. Et qui plus est, leur part du PIB mondial pourrait atteindre 60 % en termes de parité de pouvoir d'achat. »

Selon le rapport, les fruits de cette croissance seront largement répartis. L'incidence de l'extrême pauvreté sera ainsi ramenée d'environ 25 % aujourd'hui à moins de 8 %.

Incertitudes pour la main-d'œuvre non qualifiée

Mais les auteurs du rapport font malgré tout valoir que certaines catégories risquent de ne pas accompagner le mouvement, les travailleurs non qualifiés étant particulièrement vulnérables à cet égard. Comme l'explique Uri Dadush, directeur du Groupe d'études des perspectives de développement et du Département du commerce international de la Banque, cette main-d'œuvre sera soumise à une pression croissante non seulement pour ce qui est de trouver du travail mais aussi en termes de progression de salaires.

« Si, globalement, les inégalités vont se réduire à mesure que la plupart des pays en développement continuent de refaire leur handicap, au sein des pays, elles risquent de s'accentuer », dit-il. « Cela veut dire que les pouvoirs publics auront plus besoin de trouver des moyens pour faciliter l'ajustement et aider les travailleurs restés à la traîne. »

Risques pour l'Afrique

Pour les auteurs du rapport, un aspect particulièrement délicat sera de parvenir à ce que l'Afrique subsaharienne profite de la prochaine vague de mondialisation. Ses économies ont beau avoir vu leurs résultats s'améliorer ces dernières années, avec une croissance de 5,3 % en 2006 et une baisse escomptée de l'incidence de la pauvreté, les progrès d'ensemble restent trop lents.

L'accroissement rapide de leur population et le gonflement du nombre des jeunes signifient, selon le rapport, que ces pays pourraient voir le nombre absolu d'individus vivant dans un état de pauvreté extrême rester à peu près constant. La pauvreté deviendra alors plus que jamais un problème propre à l'Afrique subsaharienne : selon les projections, la part des populations les plus déshéritées du globe qui vivent dans cette région doublerait d'ici à 2030.

D'un autre côté, note le rapport, l'Afrique subsaharienne est aussi la région qui aurait potentiellement le plus à gagner d'une intégration économique, car elle pourrait tirer parti des technologies et des écarts de salaires pour parvenir durablement à un niveau de croissance plus élevé. Mais pour cela, ajoutent ses auteurs, des réformes d'imposent afin de renforcer le climat des investissements dans la région, ainsi qu'un surcroît d'aide pour ses infrastructures.

Collaboration accrue au plan multilatéral

Par ailleurs, le rapport met sérieusement en garde contre le fait que les avancées résultant de la croissance et de la mondialisation risquent d'être compromises si le nécessaire n'est pas fait pour gérer comme il faut les aspects environnementaux à l'échelon planétaire. Il souligne trois domaines dans lesquels les pays doivent travailler ensemble à la mise en place de politiques pour préserver ce qu'il est ainsi convenu d'appeler le « patrimoine mondial » : l'atténuation du changement climatique, le contrôle des maladies infectieuses et la protection des ressources halieutiques.

Selon M. Dadush, un pays qui agirait en vase clos ne peut en effet « avoir qu'un impact marginal » pour ce qui est de contrôler les émissions de carbone, d'assurer la viabilité des ressources halieutiques mondiales ou d'empêcher la propagation des maladies infectieuses. « Ce sont là des problèmes cruciaux dans lesquels tous les citoyens du monde sont impliqués et qui appellent un effort coordonné pour qu'on puisse réussir », conclut-il. « Sans coordination, on ne pourra pas progresser. »




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