3 juillet 2007 — Aider toutes les nations du monde, surtout les plus pauvres, à récolter les fruits d’une « mondialisation durable » : tel est, selon son nouveau Président, Robert B. Zoellick, un des défis essentiels qui se posent aujourd’hui à la Banque mondiale et à ceux qui travaillent pour elle.
Parlant à l’occasion de sa prise de fonctions, le 2 juillet, ce diplomate et financier de carrière de 53 ans a expliqué que la mondialisation avait pour élément moteur « deux évolutions considérables depuis la fin de la guerre froide » : l’essor de la population active dans le monde, qui est passée de 1 à 4 milliards, et l’accumulation en parallèle d’une importante réserve d’épargne.
Selon lui, ces deux tendances ont fait beaucoup de gagnants parmi les nations du monde, mais laissé d’autres pays à la traîne, surtout en Afrique. « Un des défis pour la Banque aujourd’hui consiste à aider les pays les plus pauvres à tirer parti de ces changements... et opportunités », a-t-il dit, ajoutant que les pays développés « ont un réel intérêt » à susciter des réussites dans les pays les plus pauvres.
Évoquant sa récente visite dans divers pays d’Afrique, d’Europe, d’Amérique latine et des Caraïbes, il a déclaré : « Je dois dire, et j’en suis ravi, qu’il y a une très haute considération pour la Banque et son personnel, mais aussi une prise de conscience de ce que de nouveaux défis se posent à présent. »
Il a ajouté que les dirigeants des pays en développement d’Afrique subsaharienne qu’il a rencontrés « étaient soucieux de développement social, mais ils voulaient aussi privilégier les fondements de base pour la croissance économique et le renforcement de l’épargne et de l’investissement en Afrique ».
M. Zoellick a fait ces observations lors d’un entretien accordé au responsable du service de communication interne de la Banque après son arrivée au siège de l’institution, où plusieurs centaines d’employés s’étaient rassemblés le matin même pour l’accueillir. Cet entretien a également été l’occasion pour ce spécialiste des grands dossiers économiques et commerciaux, qui a passé plus de 20 années au service de trois administrations américaines avant de rejoindre l’an dernier la banque d’affaires Goldman Sachs, de faire quelques révélations sur sa personnalité et le type de dirigeant qu’il est.
« Par nature, je suis très direct », a-t-il dit. « Je suis ouvert, j’apprécie des points de vue multiples, mais j’aime aussi avoir un sentiment d’orientation stratégique… Ce que je recherche chez les gens, c’est trouver le moyen de combiner leurs connaissances, talents et expérience avec une focalisation sur les résultats, et un sentiment d’humilité. » Pour ce qui est de la Banque, il a déclaré en conclusion qu’elle n’est pas seulement une banque du savoir, mais une institution qui ne cesse d’apprendre.