
Le Nicaragua est l’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine et il dépend étroitement de l’aide étrangère. Malgré les progrès récents et réguliers réalisés dans la lutte contre la pauvreté, lors du lancement du programme en 2004, quelque 46 % de la population nicaraguayenne vivaient dans la pauvreté et 15 % dans une pauvreté extrême. Grâce à une stratégie de réduction de la pauvreté basée sur un vaste processus participatif, les principaux éléments nécessaires au développement du pays ont été identifiés, notamment une meilleure gouvernance, une croissance diversifiée et l’amélioration de la santé et de l’éducation des Nicaraguayens.

Le but visé avec l’octroi du premier Crédit d’aide à la réduction de la pauvreté (PRSC), le premier d’une série de concours budgétaires, était de soutenir la mise en œuvre de cette stratégie nationale. Ce crédit vient soutenir financièrement les réformes des institutions publiques, l’amélioration de la gouvernance, la compétitivité et les améliorations sociales. Parmi les réformes, on compte notamment l’adoption de la loi sur la fonction publique, l’approbation d’un décret pour la création d’un fonds destiné aux télécommunications rurales, l’approbation de dépenses cibles minimales pour la pauvreté dans le budget national (au moins 11 % du PIB en 2003, 11,4 % en 2004 et 11,6 % en 2005), la mise en œuvre d’une loi sur l’autonomie des écoles et d’autres initiatives politiques clés. Par la suite, le gouvernement a revu sa stratégie en mettant l’accent sur la croissance, ce que la Banque a soutenu en accordant au pays un deuxième crédit d’aide à la réduction de la pauvreté.

Amélioration de la gestion des ressources publiques, augmentation des dépenses en faveur des populations pauvres (de 10 % du PIB en 2002 à 13,6 % en 2006) et investissements dans les infrastructures et le capital humain, ainsi qu’une meilleure gouvernance pour soutenir la réduction de la pauvreté.
Principales réalisations :
- La croissance économique est passée de moins de 1 % en 2002 à 5,1 % en 2004, et se maintient à environ 4 % depuis cette date. Le Nicaragua se classe maintenant parmi les pays à la croissance la plus rapide en Amérique latine.
- Le montant des investissements étrangers privés est passé de 75 millions de dollars en 1995 à 230 millions de dollars en 2005.
- Un territoire indigène et près de 6 000 autochtones qui se sont vu attribuer un titre de propriété pouvant être enregistré. Le temps nécessaire à la délivrance d’un titre de propriété est passé de 65 jours en 2003 à 10 jours en 2005.
- Le taux de mortalité maternelle est passé de 230 pour 100 000 naissances vivantes en 2000 à 87 en 2005.
- L’accès national à des sources d’eau potable est passé de 72,8 % en 2002 à 75,8 % en 2005.
- Les modifications apportées à la loi sur l’éducation générale ont permis de réaliser des économies budgétaires correspondant à 7 % du PIB par an.
- Suite à la nouvelle loi sur la fonction publique soutenue par l’initiative, 4 300 fonctionnaires font partie, pour la première fois, d’un système de classification professionnelle standard, ce qui permet de générer des gains et des économies de coûts appréciables.

- Grâce au programme d’allègement de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE), à deux crédits d’aide à la réduction de la pauvreté et à un précédent crédit d’ajustement du secteur privé (PSAC), l’IDA a offert un soutien budgétaire important au Nicaragua entre 2004 et 2006.
- L’IDA a joué un rôle essentiel dans la coordination des donateurs en mettant en avant des résultats importants et mesurables, en améliorant la transparence et l’impact des dépenses publiques et en diminuant les pressions sur les ressources nationales par l’exploitation de la capacité de gestion des programmes du pays.
- L’IDA a également joué un rôle décisif en incitant d’autres agences à offrir un soutien budgétaire face aux incertitudes politiques, contribuant ainsi à la stabilité macroéconomique. Par ailleurs, l’IDA a permis d’instaurer des examens périodiques des programmes et a favorisé le dialogue entre les donateurs internationaux et les ministères gouvernementaux, en utilisant le propre cadre de suivi du pays pour guider l’aide des donateurs.
- L’IDA a contribué à l’amélioration des systèmes de gestion des finances publiques du Nicaragua et à la modernisation du cadre légal du secteur financier, ce qui a conduit à une plus grande transparence fiscale. Ces mesures, s’ajoutant au soutien politique apporté par les crédits d’aide à la réduction de la pauvreté, ont amélioré le fonctionnement des contrôles internes et des vérifications externes, ainsi que l’analyse de la performance fiscale, renforçant ainsi la responsabilisation du gouvernement et l’efficacité des dépenses publiques.
- Le coût total du projet s’est monté à 68,3 millions de dollars pour le premier crédit d’aide à la pauvreté, et à 25 millions pour le deuxième crédit d’aide.

L’agence de développement allemande KfW a contribué à concurrence de 6 millions d’euros au financement du premier Crédit d’aide à la réduction de la pauvreté et fournit un financement parallèle de 4 millions d’euros pour le deuxième crédit.

Le Nicaragua a encore un long chemin à parcourir pour réduire la pauvreté de manière soutenue et afficher une croissance multisectorielle dans un environnement complexe, caractérisé par de fortes divisions politiques et des inégalités de revenus marquées. L’IDA continue à soutenir les efforts du Nicaragua. Le deuxième Crédit d’aide à la réduction de la pauvreté a été approuvé. En plus de l’accent mis sur la réduction de la pauvreté, il inclut des interventions dans les domaines du commerce, de l’éducation, de la délivrance de titres de propriété, de la réforme de la fonction publique et de l’entretien des routes. Ces initiatives seront renforcées par d’autres investissements spécifiques et par une étude analytique.

Le Crédit d’aide à la réduction de la pauvreté du Nicaragua I (2004-2006), II (2006-2007)
Documents du projet I | II