Click here for search results
Online Media Briefing Cntr
Embargoed news for accredited journalists only.
Login / Register

Le président de la Banque mondiale et plusieurs ministres parlent en faveur de l’autonomisation des femmes, objectif de développement essentiel

Available in: English, العربية, 中文, Español

12 avril 2008 — À la veille des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI, le président de la Banque, Robert B. Zoellick, a participé hier aux côtés de ministres de plusieurs pays à un séminaire destiné à faire le point sur le statut des femmes dans les pays en développement. Les pays représentés étaient l’Allemagne, l’Égypte, la Suède, le Danemark et le Libéria..

Le séminaire était aussi consacré aux moyens à mettre en œuvre pour combler les disparités entre les sexes, et M. Zoellick a annoncé à cette occasion une série de mesures que le Groupe de la Banque mondiale compte prendre pour renforcer l’autonomisation des femmes. La Banque vient par ailleurs de publier un rapport sur les femmes et l’entreprenariat en Afrique, sous le titre Doing Business: les femmes en Afrique (a).

Cette réunion a également été l’occasion pour le Danemark de promouvoir sa campagne de sensibilisation sur le troisième objectif de développement pour le Millénaire : promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes à l’horizon 2015. Un objectif sur lequel ce pays s’emploie à mobiliser la communauté internationale dans la perspective du sommet sur les ODM qui doit se tenir aux Nations Unies le 25 septembre prochain.

Symbole de cette campagne, un flambeau OMD3 a été remis vendredi à M. Zoellick ainsi qu’à la ministre allemande de la Coopération économique et du Développement, Heidemarie Wieczorek-Zeul. Pour le Danemark, recevoir ce flambeau a en effet valeur d’engagement à « faire quelque chose de plus » pour promouvoir l’autonomisation économique des femmes.

Promotion de la femme dans les projets agricoles

M. Zoellick a annoncé que la Banque se donne d’inclure un volet parité hommes-femmes dans la moitié au moins de ses projets consacrés à l’agriculture et au secteur rural d’ici 2010. Cela pourra consister, par exemple, à aider les femmes à obtenir pour elles-mêmes un titre de propriété sur leurs terres, qui est souvent une condition préalable pour l’accès au crédit.


Heidemarie Wieczorek-Zeul, ministre allemand de la Coopération économique et Dev't (l.), Robert B. Zoellick, WB président et ministre du Danemark Ulla Pedersen T?rn?s

Dans ce secteur agricole, la Banque a d’ores et déjà annoncé qu’elle compte presque doubler son volume de prêt en faveur des pays d’Afrique dans l’année qui vient, pour le porter de 450 à 800 millions de dollars. Son institution sœur spécialisée dans le secteur privé, la Société financière internationale, va pour sa part consacrer 100 millions de dollars au moins, d’ici 2012, à la promotion des femmes chefs d’entreprises.

La Banque elle-même s’est associée à la Fondation Nike et au Libéria pour lancer dans ce pays un programme de formation professionnelle et de transition à l’emploi destiné aux adolescentes. Selon M. Zoellick, elle espère lancer officiellement ce programme à l’occasion de ses Assemblées annuelles de l’automne prochain, et de le répéter par la suite dans d’autres pays.

En 2007, la Banque avait lancé une autre initiative, destinée à améliorer l’accès des femmes à la terre, au marché du travail, aux moyens de production agricole, aux infrastructures et au crédit. Il s’agit d’un plan d’action sur quatre ans intitulé « L’égalité des sexes, un atout économique », auquel sont associés plusieurs pays donateurs : Allemagne, Australie, Canada, Danemark, Espagne, Islande, Norvège, Royaume-Uni et Suède.

‘Une simple question d’équité et de décence’

Pour M. Zoellick, l’effort en faveur de l’autonomisation est à considérer comme « une simple question d’équité et de décence ». Il a ajouté à ce sujet : « Les jeunes filles devraient avoir exactement les mêmes chances que les garçons de mener une vie pleine et productive. Mais, deuxièmement, l’autonomisation des femmes relève du bon sens économique. »

En dépit des avancées réalisées en matière de santé et d’éducation, l’égalité des chances est un aspect sur lequel les progrès tardent à se concrétiser. Les femmes accusent en effet à divers niveaux un retard par rapport aux hommes : taux d’activité dans le secteur formel, accès au crédit, création d’entreprises, droits d’héritage et de propriété, revenus.

« Cela n’est ni juste, ni sensé au plan économique », a ajouté M. Zoellick. « Et en réalité, les études montrent que les investissements consacrés aux femmes présentent de hauts rendements au plan économique et social. »

Selon des études effectuées par le Groupe de la Banque, une réglementation favorable aux entreprises a pour corollaire une hausse du pourcentage de femmes chefs d’entreprises et de la proportion de femmes dans la population active. « Les femmes ont besoin d’avoir les mêmes droits que les hommes, sinon elles n’auront pas la même possibilité de contribuer à la société », a souligné à cet égard la ministre danoise de la Coopération pour le développement, Ulla Pedersen Tørnæs.

Allocations conditionnelles

Il convient notamment d’investir davantage en faveur des adolescentes. D’importants progrès ont certes été réalisés à leur niveau en termes de taux d’inscription ou d’achèvement scolaire ces cinq à dix dernières années, mais elles ont plus de mal que les garçons à faire la transition du monde scolaire au monde du travail.

Le niveau d’emploi des jeunes femmes a en fait stagné et est bien inférieur à ce qu’il est pour les jeunes de sexe masculin. Et les jeunes femmes sur le marché du travail gagnent aussi sensiblement moins que leurs homologues masculins, a fait observer Mayra Buvinic, directrice sectorielle à la Banque pour la parité hommes-femmes.

La mise en œuvre de programmes de formation ou de transition scolarité-emploi en collaboration avec le secteur privé est une stratégie : le programme sur le point d’être lancé au Libéria avec la Fondation Nike en est un exemple. La firme américaine Goldman Sachs a pour sa part récemment annoncé qu’elle allait consacrer 100 millions de dollars dans les pays en développement à des activités d’éducation destinées à quelque 10 000 femmes au total.

Lors du séminaire, il a également été question des programmes de transferts monétaires conditionnels. Ces programmes consistent à verser des allocations et autres prestations individuelles en y attachant une obligation pour leur bénéficiaire — par exemple, suivre des études secondaires, ou ne pas se marier avant l’âge de 18 ans.
 
Femmes chefs d’entreprises

Le nouveau rapport Doing Business consacré aux femmes en Afrique est le premier d’une série d’études qui porteront sur la question de l’entreprenariat des femmes dans les différentes régions du globe. Il est le fruit d’un effort mené conjointement par l’unité Doing Business de la Banque et de l’IFC et par les services du Plan d’action pour la parité hommes-femmes, lancé en février 2007 à l’initiative de la chancelière allemande Angela Merkel.

Il brosse un portrait de femmes chefs d’entreprises de sept pays africains qui ont dû surmonter différents obstacles d’ordre juridique ou réglementaire pour monter leur affaire. Au Cameroun, par exemple, Kah Walla a eu du mal initialement à obtenir un financement pour son cabinet de conseil en gestion, du fait de ne pas posséder de terres. Comme elle le dit elle-même : « La terre et les droits de propriété, c’est cela qui est le plus gros obstacle pour les femmes en Afrique. »

Au Swaziland, explique Zoe Dean-Smith, une femme n’a pas le droit de tenir une entreprise sans le consentement de son mari. Elle-même est célibataire, mais le jour où sa partenaire, qui était mariée, est subitement décédée, elle aurait pu perdre son affaire si l’époux n’avait pas donné un consentement à titre rétroactif.

En Tanzanie, Victoria Kisyombe a hérité en tout et pour tout d’une vache à la mort de son mari. Mais elle a eu de la chance, car les veuves n’ont le plus souvent droit à rien selon le droit coutumier local. Cet unique bien lui a en fait permis de subvenir aux besoins de sa famille et, pour finir, elle est parvenue à monter une entreprise de microcrédit, alors que bien d’autres femmes avaient du mal à joindre les deux bouts ou à se procurer des ressources.

Comme elle le raconte aujourd’hui : « J’ai regardé autour de moi et vu qu’en dépit du fait qu’on a de bonnes lois dans mon pays, certaines de nos coutumes traditionnelles et culturelles font qu’il est difficile pour les femmes d’hériter ou de posséder des biens, et elles ont de ce fait du mal à obtenir des fonds auprès des banques. Cela étant le cas, elles se trouvent prises au piège de la pauvreté et n’ont pas moyen d’en sortir. C’est pour cela que j’ai pensé qu’il me fallait arriver à quelque chose dans la vie pour soutenir les autres femmes, afin qu’elles puissent mieux s’en sortir dans notre pays. »”




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/0HC9M817P0