Contacts : A Washington : Sergio Jellinek (202) 358-2841 sjellinek@worldbank.org Gabriela Aguilar (202) 473-6768 gaguilar2@worldbank.org Washington, 2 octobre 2008. Entre un quart et la moitié des inégalités de revenus permanents constatées parmi la population adulte d’Amérique latine et des Caraïbes s’explique par des circonstances auxquelles ces personnes ont dû faire face au cours de leur enfance, sur lesquelles elles n’avaient aucun contrôle ou aucune responsabilité, comme la race, le sexe, le lieu de naissance, le niveau d’éducation parentale et l'occupation du père, qui révèlent le niveau de l'inégalité des chances dans la région. C’est l’une des conclusions d’un rapport rendu public aujourd’hui par la Banque mondiale, écrit par Ricardo Paes de Barros, un chercheur à l'Institut de recherche économique appliquée / Brésil) et les économistes de la Banque mondiale Francisco Ferreira, José Molinas et Jaime Saavedra, dans lequel est présenté pour la première fois un Indice d’égalité des chances (IEC). L’IEC permet d’évaluer l’importance que revêtent les circonstances personnelles lorsqu’il s’agit de favoriser ou d’entraver l’accès aux services nécessaires pour une vie productive tels que l’eau potable, l’hygiène, l’électricité et l’éducation primaire. Un nouveau champ d’action s’ouvre alors pour la mise en place de politiques publiques faisant la part belle à l’égalité. « L’Amérique latine et les Caraïbes constituent l’une des régions où les inégalités sont les plus criantes, où les 10 % les plus riches accaparent 40 % des revenus, tandis que les 10 % les plus pauvres doivent se contenter d’1 %. Dans une large mesure, c'est parce que tout le monde n'a pas les mêmes chances. Cela doit changer. L’IEC est un nouvel outil pouvant permettre aux gouvernements de la région d’allouer des ressources budgétaires d’une manière plus efficace, et d’offrir plus d’opportunités à tous les enfants », a défendu Pamela Cox, vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes. C’est pourquoi la Banque mondiale a décidé de mettre l’IEC à l’essai en Amérique latine, avec des données qui représentent 200 millions d’enfants de 19 pays. L’indice mesure le pourcentage de toutes les chances nécessaires pour garantir l’accès universel des enfants aux services de base disponibles et qui ont été réparties conformément au principe d’égalité. Il va de 0 (privation totale) à 100 (universalité) et est calculé sur la base de l'eau potable, l'assainissement, l'électricité et l'éducation de base. L’IEC s’améliore s’il y a plus d’opportunités et si ces opportunités sont réparties plus équitablement. L’ IEC permet d’évaluer également l’égalité dans la mise à disposition de ces services et examine les facteurs qui déterminent un accès moindre/plus important à ces services fondamentaux. Les résultats mettent en évidence un certain nombre de défis à relever mais aussi un progrès évident. De nombreux pays à l’instar du Brésil, avec un haut degré d’inégalité de revenus parmi la population adulte, affichent des avancées importantes vers l’égalité des chances parmi les enfants et des jeunes. « Nous, Latino-américains, avons toujours eu l’impression que le terrain de jeu n’était pas plat, que notre destin était écrit dès notre enfance par des circonstances sur lesquelles nous n’avions pas prise. Dès lors que nous pouvons mesurer l’inégalité des chances, nous constatons que ce sentiment est aussi une réalité. Ce qui importe avant tout, c’est que nous pouvons maintenant faire quelque chose et mettre en place des politiques visant à favoriser l’égalité », a assuré Marcelo Giugale, Directeur de la Politique économique et Réduction de la pauvreté pour l’Amérique latine de la Banque mondiale. Les résultats de l’IEC démontrent par ailleurs que le lieu de naissance, en premier lieu, et le revenu des parents en deuxième, sont des facteurs importants pour l’accès aux services d’eau potable, d’hygiène et d’électricité. L’éducation des parents et leur statut socio-économique sont étroitement liés aux réussites scolaires et économiques de leurs enfants. La race est un facteur clé pour ces réussites, surtout chez les groupes les plus désavantagés. - Parmi les 19 pays latino-américains, l’Argentine (88 %), le Chili (91), le Costa Rica (86 %), l’Uruguay (85 %) et le Vénézuela (86%) sont plus proches de l’universalité. Le Guatemala (50 %), le Honduras (53 %) et le Nicaragua (46%) sont encore loin d’atteindre l’objectif, en raison d’une couverture insuffisante et d’une répartition inégale.
- Entre 1995 et 2005, la progression moyenne annuelle de l’IEC dans la région a été de 1 %. Le Paraguay et le Pérou ont progressé à un taux supérieur de 1,4 % par an.
- En moyenne, deux tiers des améliorations dans le cadre de l’IEC sont dus à une augmentation du taux de couverture et un tiers à une réduction des inégalités dans la répartition des chances en matière d’éducation et de logement disponibles prises en compte.
L'étude a également révélé qu’entreun quart (Colombie) et la moitié (Guatemala) des inégalités de revenus parmi la population adulte d’Amérique latine est dû à des circonstances sur lesquelles cette population n’exerce aucune influence et auxquelles elle a dû faire face au cours de leur enfance. La race est aussi un facteur clé expliquant les différences de revenus, en particulier dans les groupes les plus défavorisés. Les pays de la région devraient concentrer leurs efforts à assurer un accès universel à ces services de base, afin d'élargir le champ des opportunités pour les adultes de demain et accroître leurs chances d'éviter de subir les mêmes inégalités que leurs parents. Aussi longtemps que le lieu de naissance, le sexe ou la situation des parents exerce un effet important sur l'accès des enfants d'Amérique latine aux services de base et à d'autres opportunités, il n'y aura pas d’égalité des chances, et l'équité continuera à être un objectif à poursuivre. - |