Assemblées annuelles 2008 du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale Notre réunion s’est tenue à un moment critique pour l’économie mondiale, alors que les marchés financiers sont secoués par une tempête sans précédent. Les pays en développement ― dont beaucoup sont déjà frappés de plein fouet par les prix élevés des combustibles et des aliments de base ― pourraient voir les efforts qu’ils déploient pour améliorer les conditions de vie de leur population sérieusement compromis par un resserrement prolongé du crédit ou un ralentissement persistant de l’économie mondiale. Les groupes les plus pauvres et les plus vulnérables pourraient être le plus lourdement pénalisés ― dans certains cas de façon irréversible. Cent millions d’êtres humains ont déjà basculé dans la pauvreté cette année, et ce nombre ira croissant. La Banque mondiale se joindra au FMI et à d’autres partenaires pour aider les pays en développement à conforter leur économie, à soutenir leurs systèmes financiers, à poursuivre leur croissance et à protéger les groupes de populations les plus vulnérables contre les effets des crises actuelles, en utilisant toute la gamme de ses ressources financières et analytiques et en leur fournissant des conseils. Nous sommes à l’origine de cette crise, et il nous incombe à tous de prendre les mesures et de formuler les ripostes nécessaires pour la surmonter. Nous devons également veiller à ce que les gouvernements et les citoyens, en reportant leur attention sur les problèmes nationaux, ne reviennent sur les engagements qu’ils ont pris d’accroître l’aide extérieure pour appuyer la réalisation des objectifs de développement pour le Millénaire. Les apports d’aide doivent être préservés. Les ministres réunis aujourd’hui ont été unanimes à cet égard. Le Groupe de la Banque mondiale est prêt à aider ses pays partenaires : - La Banque a récemment annoncé la création d’un mécanisme de financement rapide de 1,2 milliard de dollars destiné à apporter une aide immédiate aux pays qui s’efforcent de surmonter les difficultés liées aux effets du renchérissement des prix alimentaires sur les pauvres, et des opérations d’un montant de 850 millions de dollars ont déjà été approuvées ou sont en préparation. Nous demandons instamment aux pays d’envisager de contribuer à ce fonds. L’Australie a récemment versé une contribution de 50 millions de dollars australiens, mais nous avons besoin de davantage de ressources.
- Nous poursuivrons la mise au point d’un nouveau programme visant à mettre l’énergie au service des pauvres, qui apportera un soutien rapide aux efforts déployés par les pays pour renforcer les filets de sécurité destinés à protéger les pauvres de l’impact des prix élevés des combustibles.
- La BIRD a la capacité financière de doubler très aisément le montant annuel de ses prêts aux pays en développement pour répondre aux demandes supplémentaires émanant de ses clients. Et nous pouvons faire plus.
- Lors de la crise financière survenue en Asie il y a dix ans, nous avions créé un instrument de prêt spécial pour fournir aux pays les ressources supplémentaires qu’il leur fallait pour répondre à des besoins urgents et exceptionnels. Nous pouvons financer des apports à plus grande échelle en sus de nos opérations ordinaires de prêt.
- L’IFC étudie la possibilité de créer un fonds pour contribuer à la recapitalisation des banques des pays en développement.
En plus des interventions pour répondre à la crise immédiate, nous soutenons également des actions de plus longue haleine, notamment : - la fourniture d’une aide accrue aux pays accusant un déficit énergétique pour les aider à mieux maîtriser l’énergie et à améliorer la production nationale en vue de réduire leur vulnérabilité à de futurs chocs liés au prix ;
- une contribution plus importante aux efforts déployés pour aider les pays à faire face aux causes et aux effets du changement climatique, et le récent lancement des nouveaux fonds d’investissement climatique, auxquels dix pays ont récemment versé plus de 6 milliards de dollars.
Aux États-Unis et en Europe, les citoyens, que le déroulement de la crise a d’abord plongés dans le désarroi, ont été gagnés par l’inquiétude, puis la colère, et enfin la peur. Ces réactions sont naturelles, et elles se répandront à travers la planète à mesure que se propagent les effets de la crise. Nous devons les prendre au sérieux. Les événements de septembre et octobre soulignent à quel point il est important de moderniser le multilatéralisme et les marchés pour une nouvelle économie mondiale. Nos opinions publiques n’en attendent pas moins de nous. Certains diront que la crise actuelle doit mobiliser toute notre énergie et toute notre attention. Les architectes de Bretton Woods ont posé les fondations de l’avenir, tandis qu’ils combattaient encore les ennemis du passé. Nous devons engager dès à présent une action concertée d’envergure mondiale non pas seulement pour faire face à la crise actuelle, mais pour mettre en place une nouvelle architecture, de nouvelles normes et de nouveaux modes de surveillance, afin qu’une telle crise ne se reproduise jamais. Nous devons édifier un meilleur système pour l’avenir.
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