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Programme d'allocations couronné de succès

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11 novembre 2004 —Pour Askin Tavuz, 13 ans, aller à l'école est une question de vie ou de mort - littéralement.

Il y a juste quelques mois, Askin a menacé de se donner la mort si le souhait de sa famille de la maintenir à la maison, à l'écart de l'école, dans la ville de Diyarbakir, au sud-est de la Turquie, se réalisait.

Pour sa famille, ce n'était qu'une question de simple économie. Les parents d'Askin sont désespérément pauvres, aucun d'entre eux n'a de travail, et envoyer une fille à l'école semblait un luxe absurde.

Mais pour Askin, rester à la maison signifiait la fin de son rêve de devenir avocate. Aussi, dans une lettre au directeur de son école, elle menaçait de commettre un suicide si ses parents la retiraient de l'école.

Ce n'était pas la première lettre d'un élève menaçant de se suicider que recevait Oya Senvic, le directeur de l'école primaire Celal Guzelses.

« Les parents ne voient pas l'importance d'envoyer leurs filles à l'école. Ils veulent que les filles restent à la maison, fassent le ménage et se marient. Les familles considèrent l'instruction comme une perte de temps », déclare Senvic.

stipendLe directeur a pu infléchir la position des parents d'Askin en proposant un stimulant – une allocation de soutien de 10 dollars, s'ils maintenaient leur fille à l'école.

Le montant de l'allocation est placé dans un compte au nom de Askin, et ne peut être perçu que par sa mère, Gulten Yavuz.

La Turquie, pays où la résistance à l'éducation des filles est élevée, s'est lancée dans un programme visant à améliorer les taux de fréquentation scolaire – et également la fourniture de soins de santé aux élèves
– à travers un programme de transfert conditionnel de liquidités (allocations), avec l'appui de la Banque mondiale.

Mercy Tembon, spécialiste principal de l'éducation à la Banque mondiale en ce qui concerne les questions de genre, affirme que les allocations ont eu un impact sur l'éducation des filles.

« Une allocation procure quelque chose à la famille », souligne Tembon. « C'est une compensation à l'absence de la fille dans la maison ».

Le succès du Bangladesh

L'histoire d'une véritable réussite s'est déroulée au Bangladesh, où l'usage d'un programme d'allocations destiné à aider les familles à couvrir le coût de l'enseignement secondaire, a contribué au progrès spectaculaire réalisé dans ce pays en matière d'accroissement des taux de scolarisation.

Depuis 1982, la Banque mondiale apporte son concours à un programme d'allocations pour l'éducation au Bangladesh dont le but est de subventionner diverses dépenses scolaires en faveur des filles du secondaire. L'évaluation qui s'en est suivie montre que les taux d'inscription des élèves de sexe féminin ont augmenté dans la région pilote, passant de 27 à 44 % en 5 ans.

Musammad Akhtar, âgée de 13 ans, fait partie du million de filles bénéficiaires cette année, au Bangladesh, d'une allocation provenant du Projet d'assistance à la scolarisation des filles du secondaire, conjointement financé par le gouvernement et la Banque mondiale.

Musammad, élève de 6e année au lycée Suapur-Nannar – à environ une heure et demie de voiture, de Dhaka, la capitale du Bangladesh – étudie la nuit en se servant d'une lampe à pétrole, après avoir terminé ses tâches ménagères.
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Le père de Musammad, Alaur Rahman, qui a été une fois tireur de pousse-pousse, est partiellement paralysé – à la suite d'une grave chute qui remonte à deux ans.

Sa mère, Zohra Khatun, analphabète, est l'unique soutien de la famille, et travaille comme cuisinière dans un restaurant de rue, pour un salaire de moins de 20 dollars par mois. Mais elle nourrit de grands espoirs pour sa fille.

« Une personne analphabète est comme une personne privée d'yeux ou de membres », dit-elle. Le mariage de Musammad n'est ni une priorité, ni un sujet de conversation à la maison, ajoute-t-elle.

Le directeur du lycée de Musammad, Mohammad Ashraf-ul-Islam, affirme qu'au cours des trois dernières années, le nombre d'élèves de sexe féminin dans son établissement a doublé, passant de 200 à 400.

« Les femmes représentent 50% de notre population. Si on les prive d'éducation, la nation ne peut pas progresser. Une mère non éduquée ne peut guider son enfant. Je me réjouis à l'idée d'avoir dorénavant plus de mères éduquées, grâce au programme d'allocations », déclare Jan Manzoor, professeur féminin au lycée pilote de jeunes filles Kaliakoir de Gazipur, au Nord-Ouest de Dhaka.

Les nouveaux programmes se concentrent sur l'amélioration de la qualité des enseignants et la gestion de l'école, à travers des programmes de formation.

« Il y a actuellement plus de filles que de garçons. Cependant, dans la seconde phase du projet, nous ne nous contentons pas seulement d'en accroître les effectifs. L'accent est mis sur la qualité, » déclare Dr Gholam Rasul Miah, la directrice du projet.

Par ailleurs, dans le cadre d'un autre programme mis en œuvre dans le pays, le Projet de rattrapage en faveur des enfants non scolarisés au Bangaldesh, les allocations pour l'éducation sont actuellement versées aux mères ou aux tutrices d'enfants nouvellement inscrits, et non scolarisés auparavant. Les filles bénéficient de 60 pour cent des allocations.

Des programmes similaires se développent dans d'autres parties du monde:

BRÉSIL

La population est majoritairement jeune, 62% de Brésiliens ayant moins de 29 ans.

Sous la tutelle de son programme social, Bolsa Familia, le Brésil a utilisé 500 des 570 millions de dollars de prêt octroyés par la Banque mondiale pour financer ses transferts conditionnels de liquidités. Les familles n'obtiennent donc l'argent que si tous leurs enfants entre 7 et 15 ans observent un taux d'assiduité d'au moins 85%.

C'est une réussite majeure, selon Vinod Thomas, directeur national de la Banque mondiale pour le Brésil.

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Ressources de la Banque Mondiale
L'éducation des filles (a)
L'éducation (a)

Ressources en ligne
UNICEF: l'éducation des filles

Rapports
La situation des enfants dans le monde 2004

Autres liens utiles
ODM -- 2015: le compte à rebours -- Egalité

PAKISTAN

Plus de 150 000 filles inscrites de la sixième à la quatrième dans les régions les plus pauvres du Punjab reçoivent désormais une allocation, en guise d'encouragement à poursuivre leurs études.

Cette initiative s'inscrit dans un programme triennal de réforme éducative lancé cette année pour lutter contre les forts taux d'analphabétisme élevé, les faibles taux de scolarisation primaire, et les taux élevés d'abandon scolaire.

La première année, les dépenses ont atteint 720 millions de dollars, dont 100 millions de dollars au titre d'un prêt de la Banque. Le programme vise également à améliorer l'accès et l'équité pour tous les élèves, grâce à la distribution gratuite de manuels scolaires.

Mercy Tembon fait remarquer que des programmes similaires sont en cours au Yémen ainsi qu'au Tchad, et ailleurs en Afrique, où des systèmes de bourses sont gérés dans un certain nombre de pays par le Forum des femmes africaines spécialistes de l'éducation.




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