Contacts: Washington: Carl Hanlon +1-202-460-8526 chanlon@worldbank.org Accra: Rachel Winter Jones +33623141745 rjones1@worldbank.org WASHINGTON, 31 août 2008 – Tandis que les organismes internationaux d’aide au développement, les donateurs et les groupes de la société civile se réunissent au Ghana pour discuter des moyens de renforcer l’efficacité de l’aide, la Banque mondiale appelle à la fin des restrictions qui pèsent sur l’assistance alimentaire. En cessant d’imposer des conditions et d’exiger que les pays bénéficiaires achètent des aliments aux pays donateurs, on apporterait un soutien plus rapide aux personnes les plus touchées par la hausse des prix. « Mettre fin aux restrictions contribuerait à soulager des millions de personnes lésées par le prix élevé des aliments. La communauté internationale signifierait ainsi de manière concrète sa volonté de fournir une aide plus efficace », a déclaré Ngozi Okonjo-Iweala, la directrice générale de la Banque mondiale, à la veille de la Conférence organisée du 2 au 4 septembre à Accra, la capitale ghanéenne. « Il n’y a pas de temps à perdre. Il faut supprimer les conditions trop rigoureuses auxquelles est soumise l’aide alimentaire pour faire en sorte qu’elle parvienne rapidement à ceux qui en ont le plus besoin. » 100 millions de personnes risquent de tomber sous le seuil de pauvreté du fait des prix élevés de l’alimentation. C’est pourquoi la Banque mondiale appelle la communauté internationale à augmenter ses contributions au Programme alimentaire mondial (PAM), dont les besoins de financement ont presque doublé à 6 milliards de dollars cette année. Ils devraient être du même ordre en 2009. « Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser l’attention du monde se détourner», ajoute Mme Okonjo-Iweala. « Ces populations continuent de souffrir des prix élévés de l’alimentation. C’est maintenant qu’elles ont besoin de notre aide. » La Banque mondiale demande aussi la suppression immédiate des taxes ou des restrictions qui pèsent sur l’aide alimentaire (notamment sur les achats du PAM) ainsi que la fin de l'interdiction des exportations par les grands producteurs, qui pénalise les pays les moins développés et ceux qui connaissent une situation précaire. « Ces trois mesures - supprimer les restrictions à l’aide alimentaire, augmenter les contributions au PAM et lever les interdictions et limitations qui pèsent sur l’envoi de l’aide alimentaire – protègeront des milliers de mères et d’enfants de la malnutrition », affirme Mme Okonjo-Iweala. « Les donateurs doivent en outre soutenir la mise en œuvre d’une révolution verte en Afrique pour éviter que des millions de personnes ne souffrent de la faim dans les années à venir. » Le troisième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide organisé à Accra réunit de nombreux membres de la communauté internationale : donateurs, partenaires des pays en développement, groupes de la société civile et organismes d’aide au développement. Tous sont déterminés à fournir une aide plus adaptée et à renforcer les efforts en direction des plus pauvres. Les participants vont entériner la nouvelle stratégie commune, le « Programme d’action d’Accra », qui devrait renforcer leur action sur leur terrain. Ce programme préconise notamment une meilleure coordination, une plus grande transparence, une action plus responsable ainsi qu’une gestion axée sur les résultats. Depuis la précédente conférence organisée à Paris en 2005, près de 60 pays ont consolidé leurs stratégies nationales de développement. Il reste cependant beaucoup à faire, notamment en ce qui concerne la coordination des donateurs. On observe en outre un retard sur les prévisions dans certains domaines. La Banque mondiale soutient le programme d’action d’Accra et demande que l’on prenne les mesures nécessaires pour : Respecter les engagements pris en 2005 au Sommet du G8 de Gleneagles pour augmenter l’aide officielle au développement (AOD), et la faire passer à 130 milliards de dollars chaque année. Pour cette année, il reste encore 39 milliards de dollars à verser.
Augmenter la fiabilité, la flexibilité et le montant de l’aide alimentaire – y compris en remplaçant l’aide liée (qui oblige le pays bénéficiaire à respecter des engagements envers le donateur) par des dons d’argent. On gagnerait ainsi en rapidité, en permettant à ceux qui en ont le plus besoin d’acheter les aliments sur place.
Encourager l’innovation – utiliser les nouveaux instruments financiers permettant de tirer profit de l’évolution des marchés (assurance sur les récoltes par exemple ou assurance couvrant les pertes occasionnées par les catastrophes naturelles, mais aussi financements alloués dans la monnaie locale).
« En intervenant de manière plus efficace, on facilite aussi l’augmentation quantitative de l’aide », souligne Mme Okonjo-Iweala. Il faut se concentrer sur les points suivants : encourager les pays en développement à prendre des initiatives, accroître la transparence, renforcer les partenariats entre donateurs, gagner en rapidité dans les situations de crise et utiliser des instruments financiers novateurs pour développer de nouvelles stratégies d’aide. Une plus grande autonomie des pays bénéficiaires doit s’accompagner d’une responsabilisation au niveau politique et d’une lutte contre la corruption. » Comme l’a souligné récemment le président du Libéria, M. Johnson Sirleaf, il est primordial de renforcer l’efficacité de l’aide afin de développer et faciliter l’investissement en direction du secteur privé. « En fin de compte, selon Mme Okonjo-Iweala, c’est ce qui a permis de créer des emplois partout dans le monde, et qui permettra d’en créer aussi en Afrique. » Le président de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, assistera au Forum le 4 septembre et participera le matin à un débat intitulé « Aide au développement : nouveaux défis et nouveaux partenariats ». Supplément d’information : Le Forum de haut niveau rassemble plus de 80 pays partenaires, 60 organisations de la société civile, des donateurs du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE et de nombreuses autres organisations d’aide. Le Forum est organisé sous les auspices du gouvernement ghanéen et parrainé par la Banque africaine de développement, la Banque asiatique de développement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque interaméricaine de développement, l’Organisation de coopération et de développement économiques, le Programme des Nations Unies pour le développement et la Banque mondiale. Ce sera l’occasion d’évaluer les progrès effectués depuis le dernier Forum sur ce thème organisé à Paris en 2005, au cours duquel la communauté internationale avait entériné la Déclaration de Paris. Celle-ci fixait un certain nombre d’objectifs : aider les pays bénéficiaires à élaborer leurs propres stratégies de développement, s’aligner sur les priorités nationales, harmoniser les interventions des donateurs, rendre l’aide plus transparente, obtenir de meilleurs résultats et encourager des pratiques plus responsables de la part des donateurs comme des bénéficiaires. |