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Transport

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Transport (a)
Experts sur les transports : (a)
Marc H. Juhel
Jamal Saghir

Aperçu

  • Le transport est une activité indispensable à la croissance économique et aux échanges commerciaux, deux aspects très tributaires du mouvement des personnes et des marchandises assuré par ce biais. Si des ressources telles que matières premières, main-d’œuvre ou carburant ne peuvent être acheminées d’un endroit à l’autre, toute production est quasiment impossible, et il en va de même pour la livraison des produits manufacturés ou la prestation de divers types de services. Et pourtant, environ 1 milliard de personnes vivant en milieu rural n’ont toujours pas accès à des routes fiables (c’est-à-dire praticables quel que soit le temps).

  • Au cours des 35 prochaines années, 2,5 milliards de personnes viendront s’ajouter aux 6,5 milliards d’habitants que compte aujourd’hui notre planète. Dans les pays en développement, cet accroissement de population se fera pour beaucoup en milieu urbain ; le nombre d’agglomérations de plus d’1 million d’habitants devrait en effet passer de 268 en 2000 à 358 en 2015. Cette expansion, conjuguée à la poursuite de la mondialisation et de la libéralisation des échanges, devrait accentuer considérablement la demande de transport de passagers et de marchandises.

  • Le secteur des transports occupe une place importante dans le portefeuille du Groupe de la Banque mondiale, avec des activités de prêt d’un montant total de 36,7 milliards de dollars depuis 2000 (soit plus de 15 % des financements octroyés par la BIRD et l’IDA). Pour l’exercice 2009, le niveau des prêts dans ce domaine s’est élevé à 6,3 milliards de dollars, ce qui représente plus de 13 % des engagements consentis par le Groupe de la Banque au cours de l’année.

Tendances et enjeux 

Étant donné son rôle dans la fourniture de biens intermédiaires, le secteur des transports doit répondre à diverses attentes individuelles et collectives qui, prises globalement, reflètent bien son importance et son influence en matière de développement. Il est en effet censé:

  • favoriser la croissance économique et l’intégration régionale par le biais des échanges intérieurs et internationaux;

  • rendre les villes plus fonctionnelles pour leurs habitants et, dans leur mode de fonctionnement, plus adaptées à l’environnement et propices à la croissance économique;

  • être un vecteur d’opportunités et de croissance économiques en milieu rural;

  • permettre l’accès aux établissements de santé et d’enseignement; et

  • à tous ces niveaux, fonctionner d’une manière plus sûre et plus propre, et à un coût plus abordable, pour l’ensemble des usagers et pour la collectivité.

Parallèlement, le contexte dans lequel prennent place les activités de transport est marqué par d’importantes évolutions au niveau mondial:

Urbanisation rapide: La moitié de la population mondiale vit déjà en milieu urbain, où l’on constate une augmentation de la proportion de personnes pauvres.

Expansion de la motorisation : Le nombre de voitures produites dans les 20 années à venir risque de dépasser le chiffre de production réalisé au cours des 110 années d’existence de l’industrie automobile, avec pour conséquences directes davantage d’embouteillages, de victimes d’accidents de la route et de répercussions sur l’environnement.

Sensibilité accrue des flux commerciaux aux niveaux des coûts et de la fiabilité des transports : Parallèlement à l’élimination des barrières aux échanges à l’échelle des pays, les coûts des transports internationaux sont de plus en plus souvent un important obstacle à l’intégration économique. Même pour les pays industrialisés, les coûts de transport représentent un équivalent tarifaire de 21 %, dont 9 points de pourcentage correspondant au coût du temps passé en transit. Ces coûts représentent jusqu’à 55 % dans les cas extrêmes, ceux des petits pays enclavés.

Un élément qui amplifie la portée économique de ces données est la part croissante des biens intermédiaires dans les échanges internationaux. Dans le cas d’un bien intermédiaire ayant une part d’importation de 70 %, une hausse de 5 % des coûts de transport entraîne un niveau de friction commerciale représentant un équivalent tarifaire de 49 %. Les changements intervenus au niveau des marchés des produits et des systèmes logistiques ont considérablement accru la valeur temporelle du transport de marchandises. Le coût croissant de l’élément temporel dans les transports internationaux est un facteur déterminant pour les décisions des sociétés multinationales tant au niveau commercial qu’en matière de localisation, ainsi que pour les flux d’investissement direct étranger.

Prise de conscience croissante des coûts collectifs dus au manque de sécurité des transports: À peine plus d’un siècle après le premier cas de décès causé par un véhicule à moteur (1896), plus d’1,2 million de personnes trouvent aujourd’hui la mort et jusqu’à 50 millions sont blessées chaque année sur les routes. Tous les jours, ce sont plus de 3 200 personnes qui meurent des suites d’un accident de la circulation, 90 % d’entre elles dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Pour ces pays, cela représente un coût de l’ordre d’1 à 2 % de leur PNB, ce qui est, dans bien des cas, plus que l’ensemble de l’aide au développement qu’ils reçoivent. Selon les prévisions, les décès et blessures causés par des accidents de la circulation vont devenir la troisième cause de morbidité à l’échelle mondiale d’ici 2020.

Prise en compte de l’impact des transports sur le changement climatique: Le transport routier à lui seul représente près du quart des émissions de gaz dues à l’activité humaine, qui ont pour effet d’accélérer le changement climatique. Pour le secteur des transports pris dans son ensemble, le rapport Stern de 2006 souligne qu’il contribue dans une proportion allant jusqu’à 14 % aux émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, ce qui le situe en deuxième position derrière le secteur de l’énergie.

À l’échelon des pays, il existe des freins importants à l’établissement de mécanismes permettant d’offrir des prestations efficaces, tant au niveau des infrastructures qu’à celui des services:

  • Des contraintes d’ordre budgétaire limitent les investissements et entraînent un manque d’entretien, ce qui a un effet préjudiciable sur la croissance : on s’accorde généralement à dire que les investissements en infrastructures pour les pays en développement devraient représenter environ 7 à 9 % du PIB, mais les chiffres font état d’un niveau d’investissement effectif de 3,5 % seulement, ce qui correspond à peu près à l’effort à consentir pour le seul secteur des transports.

  • Une capacité institutionnelle limitée entrave la mise en place de mécanismes de gouvernance efficaces pour les investissements privés, en particulier dans le cadre des partenariats public-privé. Pourtant, c’est à une conjugaison de financements publics et privés qu’il faudra recourir dans la plupart des cas pour faire face au surcroît de demande en matière d’infrastructures et de services de transport.

  • L’insuffisance des dispositifs réglementaires a souvent pour effet d’empêcher l’adoption de mesures incitatives en termes de rendement dans les situations caractérisées par une concurrence limitée ou des monopoles locaux. Elle risque aussi de décourager l’investissement privé dans les cas où, faute d’avoir établi un cadre assez équitable, ces dispositifs ne peuvent pas promouvoir une concurrence équilibrée et fournir un degré suffisant de sécurité juridique et d’intégrité contractuelle.

Orientations stratégiques

Le transport s’inscrit désormais dans un modèle nouveau et différent. C’est pourquoi la stratégie actualisée que la Banque a définie pour le secteur des transports, sous le titre Des moyens de transport fiables, propres et abordables au service du développement, propose une approche plus rigoureuse pour répondre à cette nouvelle série d’enjeux, à savoir:

  • Sécurité du transport : Compte tenu de l’importance de ce secteur pour atteindre les résultats visés en matière de santé publique dans le contexte des objectifs de développement pour le Millénaire (ODM), la stratégie met en avant la nécessité d’enrayer la propagation du VIH/SIDA, et également d’aborder les questions de sécurité pour tous les modes de transport, à commencer par le transport routier. Mais cela vaut également pour le transport aérien qui, s’il a beau être bien plus sûr au niveau international, présente à cet égard dans certaines régions, et notamment en Afrique subsaharienne, un bilan qui pèse fortement sur les perspectives de croissance et d’investissement. La question de la sécurité des transports et de la chaîne d’approvisionnement a en outre pris énormément d’importance pour ce qui est d’assurer un accès équitable aux marchés des pays développés pour les produits exportés par les pays en développement, et cet aspect est à considérer comme un nouveau bien public mondial.

  • Respect de l’environnement : Le transport fait partie des aspects à prendre en compte dans l’effort pour atteindre les ODM relatifs à l’environnement. C’est pourquoi la stratégie couvre les interrelations entre transport, énergie et environnement, en abordant les problèmes que posent la consommation d’énergie, les émissions et les effets du changement climatique.

  • Coût abordable : Cet aspect concerne non seulement les personnes pauvres vivant en milieu rural et urbain mais aussi tout ce qui touche à l’économie du transport de marchandises, en vue de renforcer la compétitivité et de favoriser ainsi une croissance économique plus forte. La stratégie de la Banque met l’accent sur la nécessité de mieux connaître et maîtriser les coûts de transport, aussi bien de passagers que de marchandises, dans le contexte du marché intérieur ou régional et des zones urbaines ou rurales. La mise en œuvre d’une stratégie efficace de transports urbains, accessibles aux populations pauvres de plus en plus nombreuses dans les villes, est un élément majeur de cette approche. Pour ce qui a trait au transport de marchandises, il y a lieu de renforcer l’effort de collaboration dans le double domaine de la facilitation du commerce et des transports et des dossiers réduction de la pauvreté et gestion économique, en ce qui concerne en particulier les aspects douaniers et les questions de transit.

Au-delà de cette catégorisation, le dossier Transport et responsabilité sociale fait la synthèse entre tous ces thèmes en mettant l’accent sur les questions d’intégration, de parité hommes-femmes, de précarité sociale, d’accès, de santé (75 % des décès maternels pourraient être évités moyennant un accès plus rapide aux soins essentiels en cas d’accouchement d’urgence), de lutte contre le VIH/SIDA, et de liens environnementaux.

Prêts 

Les prêts dans le secteur du transport pour l’exercice 2009 se sont élevés à 6,3 milliards de dollars et ont représenté une augmentation de 30 % par rapport à l’exercice 2008. La catégorie routes et voiries, qui a mobilisé 83 % de l’ensemble des prêts consacrés au secteur du transport sur la période des exercices 97-07, a enregistré une baisse de 38 % pour l’année 2008 et représente 57 % des nouveaux engagements, ce qui illustre le rééquilibrage du portefeuille de la Banque en matière de transport en lien avec les objectifs fixés dans le cadre de sa stratégie.

Parallèlement, les prêts dans les catégories chemins de fer et transport aérien ont représenté respectivement 14 et 2 % des nouveaux engagements. Au cours de l’exercice 2009, les projets de routes et voiries ont connu de nouveau une forte croissance, du fait de la place prépondérante accordée aux investissements en faveur du réseau routier dans les plans de relance de nombreux pays. Dans ce contexte, le secteur du transport a été un composant important de la plateforme d’appui aux infrastructures existantes et nouvelles (Infrastructure Recovery and Assets – INFRA) lancée par le Groupe de la Banque mondiale pour appuyer les programmes d’infrastructure dans les pays en développement.

Le secteur du transport mobilise actuellement 172 projets, le montant total net des prêts s’élevant à 26 milliards de dollars (21 % du portefeuille de la Banque mondiale). La région Asie de l’Est et Pacifique et la région Europe et Asie centrale concentrent la part la plus importante du volume net de l’aide (respectivement 23 et 21 %).

Indicateurs de performance clés pour le portefeuille consacré aux transports

Un récent examen effectué par le Groupe indépendant d’évaluation a mis en évidence une amélioration des indicateurs de performance pour le secteur des transports. De plus, les évaluations qualitatives des projets de transport effectuées par le Groupe d’assurance de la qualité (QAG) ont montré que la Banque continuait d’obtenir de bons résultats dans ce secteur en termes de qualité des projets à l’entrée dans le portefeuille et de qualité de la supervision : 100 % et 90 % des projets sont jugés assez satisfaisants ou mieux dans l’examen le plus récent du QAG.

Contacts médias :
Roger Morier, +1 202 473 5675, rmorier@worldbank.org
Robert Bisset, +1 202 458 5191, rbisset@worldbank.org
Karolina Ordon, +1 202 458 5971, kordon@worldbank.org

Mise à jour : septembre 2009


(a)
 indique une page en anglais.




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