La nécessité de bien comprendre et maitriser les mécanismes de financement de projets de développement propre (MDP) ayant un potentiel de diminution d’émission de gaz à effet de serre se fait de plus en plus pressante. Alors que les opportunités du Financement Carbone augmentent chaque année avec des transactions financières qui ont atteint un volume de 30 milliards de dollars en 2006, l’Afrique ne bénéficie que de manière marginale de ces revenus additionnels. Cet événement Finance Carbone au service du secteur bancaire de l’Afrique de l’Ouest est le premier du genre. Il avait pour ambition de mettre en lumière les opportunités et les conditions du financement des projets dans le cadre du Mécanisme de Développement Propre. Le public cible comprenait d’une part les responsables des institutions bancaires chargés des études et financements pour des projets publics et privés (incluant les membres des comités de risques) et d’autres part, les porteurs de projets ayant reçu l’approbation au niveau national de leur idée de projets. Avec les témoignages et les retours d’expérience d’acteurs internationaux et régionaux, cette conférence devait faciliter les échanges entre tous les intervenants. Il était co-organisé par l’Institut de la Banque Mondiale à travers son programme Carbon Finance Assist, par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement à travers son centre RISOE, par l’Agence Française de Développement et le FFEM (Fonds Français pour l’Environnement Mondial) à travers le CEFEB, ainsi que par l’IEPF (L'Institut de l'énergie et de l'environnement de la Francophonie). L’événement a également bénéficié du parrainage du Ministère de l’Environnement Ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature, des Bassins de Rétention et des Lacs Artificiels du Sénégal et du soutien de BNP Paribas. [Back to Top] Rappel des objectifs du séminaire En autres objectifs, cet événement devait permettre aux participants de pouvoir comprendre les différentes options disponibles du Financement Carbone, et ainsi offrir l'occasion de pouvoir analyser la pertinence de la valeur ajoutée d'un revenu additionnel Carbone. A l'issue de ce séminaire, les participants devaient:
- être capables de comprendre les opportunités de la finance carbone pour le secteur financier, - connaître les principaux secteurs dans lesquels sont développés des projets MDP, les principales méthodologies utilisées et le cadre dans lequel ces projets s'inscrivent. - pouvoir évaluer les éléments clés de la faisabilité financière des projets MDP, - pouvoir évaluer les principaux risques liés aux projets MDP et savoir comment intégrer les revenus additionnels carbone dans l'analyse financière. Par souci d'efficacité dans la mobilisation du public ciblé, les invitations et les formulaires d'inscription ont été délivrés à la main et un suivi par courrier électronique et par téléphone a été organisé. Un questionnaire avait été préparé pour connaitre le niveau de connaissance des participants et les sujets qu'ils souhaitent voir aborder. Une fiche explicative sur le thème de la finance carbone a aussi été remise pour permettre de se familiariser avec le jargon et la problématique. Le formulaire et le questionnaire sont présentés en Annexe 1. Programme du séminaire Le séminaire a commencé par une cérémonie d'ouverture de 30 mn, assurée par les organisateurs de cette manifestation. La première session avait pour thème « Le Marché Carbone » et a duré 1h45. Sont intervenus: - Edwin Aalders, Directeur de « International Emissions Trading Association (IETA) ». Il a présenté le marché carbone et son évolution. (20 mn)
- Daniele Violetti, Chef de file des projets MDP au Secrétariat de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Il a présenté la place du MDP au sein du Protocole de Kyoto, les différents acteurs publics et privés qui interviennent dans le cycle du projet ainsi que les étapes majeures d'un projet MDP. (20 mn)
- Madeleine Diouf, Chargée de Programmes Changements Climatiques, Ministère de l'Environnement de la Protection de la Nature, des Bassins de Rétention et des Lacs Artificiels du Sénégal : Elle a présenté l'historique du développement des projets MDP au Sénégal ainsi que le portefeuille actuel. Elle a également insisté sur le contexte politique et réglementaire de la finance carbone et du MDP. (20 mn)
Cette session s'est terminée par 45 minutes de questions, portant notamment sur la mise en oeuvre (ou plutôt l'absence de mise en oeuvre) des projets MDP sur le continent africain. La seconde session s'intitulait « Présentations de projets MDP développés en Afrique Sub Saharienne ». Il s'agissait de développer les aspects techniques, mais également l'historique de ces projets; et d'aborder des généralités sur le montage financier adopté à ce jour. Sont intervenus : - Arlette Tchapoya, du projet HYSACAM. Il s'agit de capture des gaz dans deux décharges au Cameroun.
- Ousmane Fall Sarr, du projet ASER. L'objectif est d'équiper de lampes à basse consommation tous les clients de l'Agence Sénégalaise d'Électrification Rurale.
- Olivier Mushiete, du projet de plantation forestière de Ibi Batéké, en République Démocratique du Congo. Il s'agit d'un projet de plantation d'acacias sur une zone où il n'y a pas de forêt.
Ont suivi 45 minutes de questions, principalement au sujet du financement de ces projets et de la mise en place des crédits carbone. La troisième et dernière session de cette première journée avait pour titre « Le rôle et l'importance du secteur des banques privées dans le marché carbone ». Sont intervenus : - Alimata Koné, de la Banque Nationale d'Investissement de Cote d'Ivoire. La BNI s'est lancée tout récemment sur ce marché du carbone, mais elle avait déjà l'expérience de la gestion d'un fonds « environnement ». (10 mn)
- Siméon Numbem, Chef de Division Environnement de l'Afriland First Bank du Cameroun. Cette banque a actuellement deux projets MDP en portefeuille : HYSACAM (énergie renouvelable à partir du Méthane) et GIC FAUCA (biomasse, utilisation de déchets de scieries). (10 mn)
- Christiane Abou-Lehaf, de l'African Export-Import Bank. Cette banque africaine s'intéresse tout particulièrement au secteur de l'environnement et la finance carbone. Dans son dernier Plan stratégique qui couvre la période 2007-2011, Afreximbank propose d'instaurer un Programme de financement du carbone. (10 mn)
- Mohamadou Bello, de la Société Nationale d'Investissement (SNI) du Cameroun. Il a présenté le CREF “Carbon Renewable Energy Fund », fonds qui permet de financer des projets de production et distribution d'électricité. (10mn)
- Sylvain Goupille, de BNP Paribas. Il s'agit de la première banque au monde en termes de financement de projet. (10 mn)
Cette séance s'est achevée sur 20 minutes de questions générales sur la gestion des risques des projets MDP à l'ensemble du panel. Le deuxième jour s'est ouvert sur la quatrième session, dont l'objet était les opportunités et les enjeux des Projets MDP dans le contexte de l'Afrique. Sont intervenus : - Mercedes Fernandez, de Climate Focus. Elle a abordé les opportunités de projets MDP en Afrique pour le marché de Carbone Européen.
- Kwadwo Tutu, de la Commission Économique pour l'Afrique (CEA). Il a traité les opportunités et les enjeux de ces projets en Afrique Sub Saharienne, et a notamment évoqué les difficultés rencontrées par l'Afrique sur le marché carbone.
- Massamba Thioye, un consultant membre du panel de méthodologies. Il a mis en évidence les opportunités dans les secteurs clés en Afrique, en passant en revue les différents secteurs d'intervention possibles. (15 mn)
- Jan Kappen, du PNUE. Il a abordé le thème des projets MDP de petites échelles. (15 mn)La session s'est achevée après 30 minutes de questions sur les potentiels sujets MDP en Afrique.La cinquième session était une présentation de montages financiers MDP. Sont intervenus :
- Karan Capoor, de la Banque Mondiale. Il a centré sa présentation sur le problème des délais très longs existants entre le moment de début de projet et le moment où les URCEs (unités de réduction certifiées d'émission) seront vendues. (20 mn)
- N'Guessan M'Gbra, de Econoler International au Canada. Il a fait référence au guide méthodologique de financement de projets MDP, et a présenté le cas des ESE (entreprise de service énergétique) qui interviennent dans le domaine de l'efficacité énergétique. (20 mn)
- Siméon Numben, de l'Afriland First Bank. Il a présenté les deux projets actuellement soutenus par la banque et a exposé comment cette banque s'engage dans le financement de projets MDP. (15 mn)
La sixième et dernière session de ce deuxième jour portait sur des travaux de groupe au sujet de l'analyse financière de projets MDP. Trois groupes ont été constitués autour de trois grandes thématiques sectorielles : biomasse, efficacité énergétique, et forêt. Le principe de ces groupes était de faire présenter son projet/étude de cas par un porteur de projet et que les participants puissent ensuite poser des questions afin de rentrer plus avant dans la définition du projet, les problèmes posés et la façon dont il était possible de les résoudre. Cette session devait permettre aux acheteurs et intermédiaires de présenter des témoignages et retours d'expérience, du point de vue d'une institution financière ou d'un fond d'investissement, pour la sélection des projets MDP, et aux porteurs de projets de prendre la parole pour faire part de leurs expériences respectives. Le dernier jour s'est ouvert sur la septième session, et les modalités d'évaluation et de gestion des risques liés aux projets MDP. Sont intervenues : - Mercedes Fernandez, de Climate Focus. Elle a présenté les méthodes d'évaluation et de gestion des risques dans un projet MDP. (20 mn)
- Hanneke Van Tilburg, de la Banque Mondiale. Elle a centré sa présentation sur la répartition des risques et sur le contrat d'achat de réductions d'émissions. (20 mn)Les 20 minutes de questions qui suivirent ont permis d'aborder le sujet des différents crédits carbone et de leur mise sur le marché.Enfin, la huitième et dernière session était consacrée aux opportunités offertes par les institutions financières internationales et les banques de développement. Sont intervenus :
- Mame Demba Diop, du Cabinet CRAC au Sénégal. Il s'agissait d'une présentation du système bancaire sénégalais, et des opportunités et enjeux du MDP qui y sont liés. (15 mn)
- Marcel Alers, du PNUD. Il a présenté le MDG facility, une nouvelle facilité mise en place par le PNUD pour favoriser le développement de projets MDP qui vont au delà de la réduction de gaz à effet de serre (GES), mais participent au développement. (15 mn)
- Therno Tall, de la Banque Investissement pour le développement de la CEDEAO. Il a présenté le fond Africain pour les biocarburants et les énergies renouvelables. (15 mn)
- Peter Franz Koegler, du Kommunalkredit Public Consulting. Il a présenté le programme MDP autrichien, et notamment les 35 projets MDP représentant en crédits carbone plus de 22 Million de tonnes de CO2, soutenus par la cellule de conseil d'une banque autrichienne spécialisée dans les finances publiques qu'il représentait. (15 mn)
- Florence Mouton, de l'Agence Française de Développement. Après une rapide présentation de l'AFD, florence MOUTON a exposé les axes retenus par l'AFD pour lutter contre le changement climatique dans le cadre de son mandat d'opérateur pivot de l'Aide Publique au Développement de la France. (15 mn).
- Venkata Putti, de l'Institut de la Banque Mondiale « Carbon Finance Assist ». Cette intervention avait pour objectif de présenter les nouvelles facilités prévues pour l'après 2012 par la Banque Mondiale. Leur objectif est de supporter des investissements de long terme pour accompagner la transition vers une économie peu couteuse en carbone. (15 mn)
Pendant 40 minutes, la discussion a ensuite porté sur la possibilité de développer des marchés financiers en Afrique (bourses d'échange des crédits carbone), et sur l'opportunité de définir une stratégie africaine pour négocier l'après 2012. Trois intervenants ont témoigné pour clôturer ce séminaire : - Adelaide ITOUA, de l'AND Congo ;
- Le docteur Numbem, de l'Afriland First bank,
- Olivier MUSHIETE, du projet IBI Bateke,
Il a été a annoncé la création, par un noyau de participants à la conférence, d'une plateforme interafricaine d'échange et d'information sur le MDP. Il s'agira du Réseau Action Climat pour l'Afrique, RACLAF, dont l'adresse mail est raclaf@gmail.com, et qui sera très prochainement l'objet d'un blog. En complément de ce séminaire, une table ronde a été organisée à la RTS (Radio Télévision Sénégalaise) par l'Institut de l'Environnement et de l'Energie de la Francophonie (IEPF) sous le parrainage de la Direction de l'Environnement du Sénégal. (2h) Le programme définitif est disponible en Annexe 2. Le détail des présentations et des questions réponses est disponible en Annexe 3. [Back to Top] Download Agenda in PDF
[Back to Top] Avant le début du séminaire, étaient prévus 84 participants. 103 étaient effectivement présents (21% de femmes), dont 87 ressortissants africains (de 19 pays différents) et 16 représentants internationaux, qui représentaient plus de 25 institutions financières de la sous région. Parmi eux, étaient comptés 12 porteurs de projets MDP, 18 représentants de banques, 13 représentants de banques africaines d'investissement et/ou de développement, 45 membres d'Autorité Nationale Désignée (AND) et représentants de gouvernements africains, 15 représentants d'agences internationales, et 11 représentants d'entreprises privées. Plus de 70% des participants ont jugé très bonne l'adéquation entre leur origine professionnelle et la nature et les objectifs de la formation. La liste définitive des participants est disponible en Annexe 4. [Back to Top] [Back to Top] | | Other Upcoming Events | | |  | |